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ÉconomieFrance

Réforme des retraites : face aux dissensions, Macron et Borne convoquent ministres et chefs de la majorité pour resserrer les rangs

Photo de Jérôme Cristiani

Jérôme Cristiani

Publié le 24 septembre 2022 à 07:05 - Mis à jour le 24 septembre 2022 à 22:04

Macron, Borne, premier conseil des ministres, mai 2022.

Photo d'illustration : Elisabeth Borne, aux côtés du président de la République Emmanuel Macron, au sortir de son premier Conseil des ministres, à l'Élysée, le 23 mai 2022.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Face aux divisions de sa majorité, même dans les rangs de ses plus fidèles alliés comme François Bayrou, opposés au scénario d'un passage de la réforme des retraites "subrepticement", via un amendement au PLFSS, ou en force, via le 49.3, le président et sa Première ministre ont décidé de réunir les chefs de parti et ministres pour resserrer les rangs. Le chef de l'État confirme ainsi sa volonté d'aller vite, lui qui ne cesse de marteler qu'une réforme des retraites est « indispensable pour le pays ».

Le Président de la République a décidé, avec sa Première ministre, de convoquer la semaine prochaine les chefs de la majorité présidentielle ainsi que les ministres concernés pour "faire le point sur la manière d'engager la réforme des retraites", ainsi que "sur les enjeux et la nécessité de cette réforme", a annoncé ce samedi l'entourage d'Emmanuel Macron.

Cela confirme la volonté du chef de l'État d'aller vite, lui qui ne cesse de marteler qu'une réforme des retraites est « indispensable pour le pays ».

Cela confirme aussi la prise en compte par le président des nombreux signaux qui sont passés au rouge, dont notamment ceux qui témoignent des dissensions à l'intérieur même des rangs de sa majorité.

En effet, ces derniers jours, Elisabeth Borne a consulté tous les chefs de groupes de l'Assemblée nationale et du Sénat, qui, tous, lui ont fait part du risque qu'il y avait d'enflammer le pays si le scénario était retenu de glisser une réforme des retraites au travers d'un amendement gouvernemental au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Surtout si ensuite le gouvernement recourt au 49.3. Même les traditionnels alliés d'Emmanuel Macron, au premier rang desquels François Bayrou, ont exhorté l'exécutif à éviter ce qui serait considéré comme un passage en force.

Vendredi, le président du MoDem, farouchement opposé à l'option PLFSS, a dit espérer, en ouverture des Universités d'été du MoDem à Guidel (Morbihan), avoir convaincu l'exécutif de renoncer à réformer les retraites "subrepticement" via un amendement au Budget de la Sécu, une méthode "à l'aveugle".

« Nous nous sommes exprimés, avec ce que nous avions de force et de capacité, pour que la réforme des retraites ne se fasse pas subrepticement, à l'aveugle ou par surprise.Parce que les Français ou les citoyens ont tellement de fois, déjà, eu l'impression qu'on ne leur donnait pas le droit à participer à la réflexion... », a déclaré M. Bayrou.

De fait, avec une majorité présidentielle largement divisée sur ce sujet, la question de la réforme des retraites sera certainement l'objet de débats virulents, lundi matin, en Conseil des ministres lors de la présentation par le gouvernement du budget 2023.

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Vendredi, le président de la République et la Première ministre avaient déjeuné ensemble pour discuter de cet épineux sujet : tout ce que l'entourage présidentiel en a laissé filtrer, hier soir, du contenu de cette discussion, c'est que "toutes les options restent sur la table", rapporte l'AFP.

Une convocation pour "remettre tout le mondeen marche"

Un discours d'ouverture en apparence alors que tout semble converger vers un exercice de recadrage pour resserrer les  rangs à quelques jours d'une rentrée parlementaire prévue le 3 octobre prochain qui promet d'être explosive.

Cette convocation devrait être l'occasion pour Emmanuel Macron de "rappeler les fondamentaux et mettre tout le monde en ordre de marche", anticipe un membre de la majorité.

Pour rappel, jeudi, devant les parlementaires du parti centriste, Élisabeth Borne s'était adressée aux différentes composantes de la majorité pour les enjoindre de "parler d'une seule voix".

Le 12 septembre, le chef de l'Etat avait souligné devant la presse que cette décision appartenait au gouvernement mais que la réforme ne pouvait pas attendre.

La présidente LREM de l'Assemblée fustige l'option PLFSS

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Les détracteurs de l'option PLFSS, dont la présidente Renaissance de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, estiment nécessaire de prendre le temps de la concertation et de passer par un projet de loi l'an prochain.

Mais pour le président de la République, la concertation a des limites:

"Le président a toujours dit que la réforme serait faite dans la concertation mais la concertation ne doit pas être utilisée comme une manœuvre dilatoire par ceux qui ne veulent juste pas de la réforme et qui n'en voudront toujours pas dans trois mois ou trois ans", souligne un conseiller de l'exécutif, en référence au monde syndical.

Elisabeth Borne, à qui Emmanuel Macron a demandé le 22 septembre de "trouver la bonne manoeuvre" avec le Parlement, devrait pour sa part s'en expliquer lundi matin sur BFMTV et RMC.

Président et Première ministre alignés sur l'objectif

"Le président et la cheffe du gouvernement sont alignés sur un principe fondamental: cette réforme doit voir le jour à l'été 2023", souligne-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat.

"Le président considère que, tout comme les députés de sa majorité, il a un mandat très clair des Français pour réformer", ajoute-t-on de même source.

(avec AFP)

Jérôme Cristiani

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