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Elisabeth Borne a présenté sa démission à Emmanuel Macron qui l'a refusée

latribune.fr

Publié le 21 juin 2022 à 07:56 - Mis à jour le 21 juin 2022 à 16:00

Elisabeth Borne

Elisabeth Borne a présenté sa démission à Emmanuel Macron qui l'a refusée, a indiqué l'Elysée ce mardi.

Reuters

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A l'issue des élections législatives, le parti présidentiel a échoué à obtenir la majorité absolue et devra désormais composer avec les autres forces politiques à l'Assemblée nationale pour espérer faire passer ses mesures. Emmanuel Macron recevra ainsi ce mardi et mercredi « les chefs de parti susceptibles d'avoir un groupe à l'Assemblée nationale afin d'identifier les solutions constructives envisageables au service des Français ».

Comme le veut la tradition républicaine, Elisabeth Borne a remis sa démission à Emmanuel Macron à l'issue des élections législatives dimanche qui se sont soldées par un échec du parti présidentiel à obtenir la majorité absolue avec seulement 245 sièges contre les 289 nécessaires. Mais le chef de l'Etat l'a refusée « afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche », a fait savoir l'Elysée, ce mardi. « La Première Ministre a remis sa démission au Président de la République qui l'a refusée afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche et agir en ces jours », a-t-il été indiqué dans un communiqué.

Si la Première ministre a dû remettre son sort entre les mains du président de la République, sa victoire dans la sixième circonscription du Calvados, dimanche, la protège néanmoins, pour l'instant, d'une éviction du gouvernement, selon la règle édictée par Emmanuel Macron en 2017 qui veut que tout ministre échouant aux élections législatives quitte le gouvernement. C'est notamment le cas pour les ministres de la Transition écologique, Amélie de Montchalin, de la Santé, Brigitte Bourguignon et de la Mer, Justine Benin. Elles seront pourtant bien présentes lors de la réunion du gouvernement que mènera Elisabeth Borne à Matignon ce mardi en début d'après-midi, comme l'a annoncé, dans la foulée, l'entourage de la cheffe du gouvernement.

Rencontre avec les chefs des partis

« La Première ministre a plaidé pour rester afin d'avoir les outils pour faire face à la situation et aux urgences des Français, a expliqué son entourage. Il y beaucoup de décrets à prendre dans les jours à venir, dont la revalorisation du point d'indice, la deuxième phase de Parcoursup... on ne peut pas se permettre d'avoir un gouvernement qui ne gère pas cela ». Mais signe que c'est bien le chef de l'Etat qui reste à la manoeuvre, l'Elysée a rappelé dans son communiqué que c'est lui, et sans Elisabeth Borne, qui « va mener les consultations politiques nécessaires en recevant les chefs de parti susceptibles d'avoir un groupe à l'Assemblée nationale afin d'identifier les solutions constructives envisageables au service des Français ».

Emmanuel Macron va, en effet, recevoir successivement ce mardi et mercredi six dirigeants de parti : Christian Jacob (LR) a ouvert la marche en arrivant peu avant 10 heures. Il sera suivi d'Olivier Faure (PS) à 11 heures qui avait fait savoir qu'il dirait au chef de l'Etat que « ce pays va mal, est en colère, mais qu'il n'est pas bloqué, et qu'il y a des politiques possibles ». Viennent ensuite, François Bayrou (Modem) à 14 heures, Stanislas Guerini (LREM) à 15 heures, Marine Le Pen (RN) à 17H30 et Fabien Roussel (PCF) à 18H30, avant d'autres mercredi comme le chef du parti EELV Julien Bayou. Chez LFI, Jean-Luc Mélenchon ne se déplacera pas. C'est la députée Mathilde Panot et le numéro deux Adrien Quatennens rencontreront le chef de l'Etat. Ce dernier va, de son côté, « suggérer à Emmanuel Macron une Assemblée constituante pour passer à la VIe République » étant donné la « crise politique profonde » dans laquelle la France se trouve désormais.

Adrien Quatennens et plusieurs autres responsables de LFI ont exigé la démission de la cheffe du gouvernement, nommée le 16 mai. Le président par intérim du RN Jordan Bardella a également estimé qu'elle devait « rendre son tablier ». Mathilde Panot a, elle, annoncé « une motion de censure » contre le gouvernement, en estimant que, contrairement au dernier quinquennat, « le Parlement ne sera pas composé que de Playmobil ». De leur côté, de nombreux responsables politiques de LR, dont leur candidate à la présidentielle Valérie Pécresse, ont aussi appelé Emmanuel Macron à « tenir compte du résultat de ces élections » en changeant « de ligne politique, de Premier ministre et de gouvernement ».

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Des mesures en suspens

Faute de majorité absolue, Emmanuel Macron risque, en effet, d'avoir bien des difficultés pour faire passer ses mesures à commencer par la très controversée réforme des retraites pour laquelle il lui faudra tenter d'obtenir le soutien des Républicains (61 sièges), face au Rassemblement national (89 sièges) et à la Nupes (137 sièges) qui s'opposent à tout relèvement de l'âge de départ à la retraite.

Si la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, a déclaré, dimanche que le gouvernement « composera avec tous ceux qui veulent faire avancer le pays », Christian Jacob a encore répété, lundi : « Nous sommes et nous resterons dans l'opposition: il n'y aura ni pacte ni coalition avec Emmanuel Macron », dans une tentative d'autorité sur son parti, apparu divisé sur la question. Un bureau politique de LR doit d'ailleurs être réuni ce mardi en fin d'après-midi.

Pour sa part, le Rassemblement national entend bien jouer son rôle de force d'opposition. Marine Le Pen a, ainsi, affirmé sa détermination à « mettre en œuvre le blocage de toutes les réformes (...) nocives, au premier rang desquelles la retraite à 65 ans ».

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L'adoption du paquet pouvoir d'achat, prévu normalement juste après les élections législatives, mais dont le calendrier a été bousculé, pourrait, elle aussi, être plus difficile que prévue. Plusieurs élus à droite (Les Républicains) pourraient considérer que le gouvernement amplifie sa politique du « carnet de chèques » quand, à gauche, certains élus, membres de la Nupes pourraient considérer que l'exécutif n'en fait pas assez pour les ménages les plus modestes, en première ligne face à l'envolée des prix de l'énergie et de l'alimentaire. Enfin, les élus du Rassemblement national (RN) pourraient faire obstruction au paquet pouvoir d'achat en adoptant une ligne anti-macron.

(Avec AFP)

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