Emmanuel Macron reconfine la France pendant au moins quatre semaines

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(Crédits : CHRISTIAN HARTMANN)
« Vous pourrez sortir pour travailler », a assuré le chef de l'Etat détaillant une forme de reconfinement modéré par rapport à la première tentative du mois de mars de freiner la propagation du virus en arrêtant l'économie. Le gouvernement promet aussi de réévaluer "tous les 15 jours" le dispositif de ce confinement hivernal afin "d'alléger certaines contraintes, en particulier sur les commerces". A l'approche des fêtes de Noël, la décision tombe en effet comme un couperet pour tout un pan de l'économie.

Quatre mois après la fin du premier confinement printanier, le gouvernement a tranché. La France repasse sous le régime du confinement, mais cette fois-ci "adapté", dès ce jeudi 29 octobre à minuit. "J'ai décidé qu'il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus. Tout le territoire national est concerné", a annoncé le chef de l'Etat lors d'une allocution à 20 heures au cours de laquelle défilait en illustrations, point par point, le détail des mesures décidées. Il a également ajouté qu'il durerait, a minima, jusqu'au 1er décembre.

En clair, le gouvernement réapplique les fermetures des commerces non essentiels opérées lors du premier confinement. Mais pour ce confinement version hivernale, le niveau d'acceptabilité de la population a été pris en compte au vu de diverses assouplissements.

Jean Castex précisera les modalités de ce nouveau confinement jeudi en conférence de presse à 18h30. Il va devoir rassurer les acteurs économiques alors que les voyants économiques sont eux aussi passés au rouge écarlate.

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"Je demande un très gros effort, tenons-le avec beaucoup de rigueur pendant 15 jours. Si d'ici 15 jours, nous maîtrisons mieux à la situation, nous pourrons alors réévaluer les choses et espérer ouvrir certains commerces, en particulier dans cette période si importante avant les fêtes de Noël", a tenu à rassurer Emmanuel Macron face aux caméras.

Pour le tissu économique tricolore, déjà affaibli par le premier confinement, la décision est reçue comme un choc. Emmanuel Macron a tenté de rassurer : "un plan spécial sera fait pour les indépendants, les commerçants, les très petites et moyennes entreprises", ajoutant que les salariés et les employeurs "qui ne peuvent pas travailler continueront (...) à bénéficier du chômage partiel et nous compléterons par des mesures de trésorerie pour les charges, les loyers des prochaines semaines".

Mais la pilule est dure à avaler pour la seconde fois. « Le gouvernement a manqué de réactivité sur la question des travailleurs indépendants et a sans cesse été rattrapé par la crise, tandis que 2 millions d'indépendants ne bénéficient de plus aucun soutien depuis près de 4 mois. Preuve en est avec les annonces réalisées par Bruno Le Maire il y a déjà plusieurs semaines et qui ne sont toujours pas entrées en application », a immédiatement commenté une plateforme d'indépendants.

Lire aussi : La seconde vague fait plonger le moral des chefs d'entreprise

Télétravail, voyages, écoles, Ehpad : ce qui est autorisé par rapport au premier confinement

Le travail "pourra continuer" pendant le confinement, "vous pourrez sortir pour travailler", a encore assuré Emmanuel Macron.

Mais "partout où c'est possible, le télétravail sera à nouveau généralisé", a-t-il poursuivi, expliquant que par rapport au premier épisode de confinement au printemps, "l'activité continuera avec plus d'intensité".

Du côté des écoles, celles-ci resteront ouvertes, tout comme les crèches, impliquant de fait des déplacements pour les parents. Les collèges et les lycées seront également ouverts. Les universités devront, elles, fermer et poursuivre les cours en ligne dès lundi.

Une nouvelle logistique sur les tests ?

Très critiqués de par leur absence et par les lourdeurs logistiques, les tests sont censés devenir plus accessibles pour les Français et les étrangers. Des "tests rapides obligatoires" du Covid-19 seront déployés "pour toutes les arrivées" dans "les ports, les aéroports", et "pour les déplacements internationaux", a-t-il affirmé.

"Aucun voyageur ne doit pouvoir entrer sur le territoire européen sans qu'on soit certain qu'il n'est pas porteur du virus", a-t-il ajouté lors d'une allocution télévisée, en précisant que les frontières intérieures à l'Europe "demeureront ouvertes" et "sauf exception, les frontières extérieures resteront fermées".

Ensuite, les visites en maisons de retraites et en Ehpad seront autorisées lors du nouveau confinement de la population, contrairement à ce qui s'était passé au printemps.

La formule française des contrôles et de l'attestation, réitérée

"Les commerces qui ont été définis au printemps comme non-essentiels, les établissements recevant du public, notamment les bars et restaurants, seront fermés", a-t-il ajouté.

Les lieux de culture et salles de spectacle n'ont pas été évoqués mais ils faisaient partie des lieux fermés au printemps.

"Comme au printemps, vous pourrez sortir de chez vous uniquement pour travailler, vous rendre à un rendez-vous médical, pour porter assistance à un proche, pour faire vos courses essentielles ou prendre l'air à proximité de votre domicile", a détaillé le président de la République.

"C'est donc le retour de l'attestation comme au printemps", a-t-il dit. "Les réunions privées en dehors du strict noyau familial seront donc exclues, les rassemblements publics seront interdits et vous ne pourrez pas vous déplacer d'une région à l'autre, à l'exception des retours de vacances de la Toussaint".

Il a précisé à ce propos qu'il y aurait "une tolérance durant ce week-end de retour pour que chacune et chacun puisse revenir de son lieu de vacances, pour que les familles puissent s'organiser".

Les trains circulent normalement jusqu'à dimanche

Les trains vont circuler "comme prévu" jusqu'au dimanche 1er novembre pour le retour des vacances de la Toussaint, a indiqué la SNCF.

Les billets TGV INOUI, OUIGO, Intercités et TER en correspondance sont échangeables et remboursables sans frais jusqu'au 4 janvier prochain, précise le communiqué de la compagnie ferroviaire.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 29/10/2020 à 17:02 :
Il manquait plus que ça ;

Le réseau résistera-t-il ? La question est légitime puisque dès ce vendredi, des millions de Français habitués à se rendre au boulot vont rester chez eux. Et donc allumer la lumière, la télé et le chauffage plus longtemps. Sans données comparables, RTE est incapable de prévoir l’évolution de la consommation électrique à venir. “La situation est exceptionnelle, tout dépendra du comportement des Français”, affirme une porte-parole du gestionnaire du réseau électrique français.
Réponse de le 31/10/2020 à 21:16 :
Avant de dire de telles bêtises, regardez votre consommation d'une semaine de vacances et comparez de travail. Curieusement les consommations sont très proches...
Les vraies questions restent les même, pourquoi fermer les petits commerces et donc les obliger a fermer définitivement pendant que les grands commerces eux restent ouvert, et si on ferment les petits commerces car ils sont facteurs contaminateurs, pour quelle raison les grands le sont pas.. Donc dans 2 a 4 semaines si la fermeture imposée aux petits commerces est justifiée, ont confinera beaucoup plus durement car la propagation continuera avec ce "faux couvre feu" dans lequel on nous impose le métro boulot dodo et aucun loisir et plaisir...
a écrit le 29/10/2020 à 16:08 :
le programme de reconfinement qui nous est présenté aurait été plus judicieux dans la période mars-mai, à quelques détails près.
La situation permettait de garder les enfants scolarisés, les salariés au boulot et de limiter l'impact sur l'économie, tout en contrôlant la pandémie.

On n'en est plus là. La dissémination du virus est telle que rien ne pourra empêcher son extension, sauf un confinement radical , que nous ne pouvons plus nous payer et le coût politique est hors de portée d'un gouvernement totalement discrédité.

On peut encore se demander à quoi peuvent donc servir les attestations et l'interdiction de sortir de sa région puisqu'on est en situation de pandémie, donc que le virus est partout.

Bref on aura à la fois 60 000 morts en plus en cadeau de Noêl et 12% de chômeurs dont plus de la moitié non indemnisée.
a écrit le 29/10/2020 à 9:37 :
Gros bug ou erreur humaine ? Mercredi 28 octobre, dans la soirée, TousAntiCovid a rencontré un problème au moment de mettre en ligne les chiffres du jour. En effet, comme repéré par BFMTV, l’application de traçage numérique affichait 69.854 nouveaux cas de Covid-19 recensés en 24 heures. Un nombre alarmant qui était en réalité faux.
Les chiffres de mardi, qui faisaient état de 33.417 personnes testées positives, ont été additionnés à ceux de mercredi où 36.437 cas de Covid-19 ont été détectés, selon Santé publique France. Il s'agissait d'une erreur de mise à jour des données Data gouv, qui alimente l'application, d'après les informations de BFMTV.
a écrit le 29/10/2020 à 9:36 :
@bubon, vous portez bien votre pseudo : En Suède le chef épidémiologiste, Anders Tegnell, refuse de parler d’une seconde vague mais il a reconnu, mardi 20 octobre, que « les chiffres ne vont pas dans le bon sens ». Au total, 106 300 contaminations et 5 922 décès (soit 60 morts pour 100 000 habitants, contre 50 en France). Alors votre idéal suédois, vous le gardez pour vous. Ce qui m'amuse c'est toujours ces critiques qui ne font rien mais absolument rien de positif, juste bons a critiquer, il est vrai que la critique est aisée, l'art est difficile, je vous laisse chercher qui en est l'auteur car évidemment vous ne le savez pas.
Réponse de le 29/10/2020 à 16:02 :
Vexé par les chiffres et par le fait que la Suède qui gagne son immunité collective n' entend RIEN changer ? On parle de l' Argentine confinée depuis six mois qui voit ses chiffres s' emballer en mode pire que n' importe quel autre pays ?
a écrit le 29/10/2020 à 8:58 :
Un manque de lits :

En 2006, il voulait “obliger tous les établissements à se regarder avec lucidité.” Jean Castex, le nouveau Premier ministre, inconnu du grand public, n’est pas un petit nouveau pour tout le monde. Le futur-ex-maire de Prades connaît bien notamment les professionnels de santé, particulièrement remontés ces derniers temps.
C’est lui qui était par exemple l’un des fervents promoteurs de la tarification à l’acte et de la restructuration du système hospitalier entre 2005 et 2007 quand il était directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère de la Santé (DHOS). C’est lui qui a été à la manœuvre pour introduire la notion d’objectifs dans l’hôpital et une rationalisation des coûts.Un tournant vu par certains comme le point de départ de la casse de l’hôpital public. Car cette tarification à l’acte, surnommée T2A, a induit “une course absurde à la rentabilité” selon Hakim Becheur, chef de service à l’hôpital Bichat à Paris par exemple.C’est d’ailleurs une des revendications de la communauté soignante après la pandémie de coronavirus, crise qui a mis en lumière les failles de l’hôpital public. Alors, en apprenant la nomination de Jean Castex comme Premier ministre, certains sont tombés de leur chaise.
Réponse de le 29/10/2020 à 10:27 :
Bravo, je desesperais de le voir sortir.
On prends les même et on recommence les même erreurs
a écrit le 29/10/2020 à 8:39 :
2 mensonges éhontés relevés hier soir.
1/ refus de l' option immunité collective sous prétexte de centaines de milliers de mort. Faux c est le choix de la Suède.
2/ il annonça 523 morts le 27 octobre... Faux il s agit du total de morts sur 4 jours. Pour preuve l erratum de France info publié hier matin que le roi des ..confineurs n a même pas relevé! !!
a écrit le 29/10/2020 à 8:29 :
Macron , c'est Sisyphe, il confine, déconfine, reconfine etc....ruine la France et toujours pas d'investissements pour sauver l'hôpital de la faillite.
a écrit le 29/10/2020 à 8:22 :
Pas de problème : puisque nos dirigeants méprisent les dommages et morts collatéraux que l'on ne voit pas encore, tous ceux qui vont perdre leur emploi, leur foyer, leur conjoint, leur commerce "non essentiel" (!) j'appliquerai les nouvelles mesures privatives de liberté. Mais aux prochaines élections je ne voterai plus pour aucun candidat qui aura soutenu le reconfinement. Aucun.
a écrit le 28/10/2020 à 23:46 :
Le président algérien se fait hospitaliser en Allemagne...Une place en réanimation libérée en Gaule ? En tous cas ,un beau symbole .C'est mieux chez les chrétiens mais pas en France .
a écrit le 28/10/2020 à 23:46 :
Alors que tous les médias annoncent un probable reconfinement, nous venons d’apprendre que M. Macron souhaite refaire la décoration de la Salle du Conseil des ministres. Reconfiner les français et refaire sa déco. 500 000 € pour redécorer la Salle des fêtes (avec un résultat affreux et inapproprié au lieu), 500 000 € pour changer la vaisselle de l’Élysée, 930 000 € pour poser des feuilles d’or dans son bureau et maintenant, rénover la Salle du Conseil des ministres.

Mais que propose concrètement Macron pour éviter qu' on confine et déconfine jusqu' à la Saint-Glinglin ?
A quel niveau d' intensité cette destruction va t' elle porter a dette publique ?
Pourquoi l' Hydroxyqloroquine utilisée par les allemands reste interdite en France depuis la Fake News du Lancet ? F Asselineau ce soir ..
a écrit le 28/10/2020 à 22:59 :
Tiens , déjà un sondage harris interactive qui annonce que 77% sont favorable au confinement ,c'est génial

Souvenir:

Édouard Philippe et ses ministres vont pouvoir laisser libre cours à leur goût des sondages. Le 6 août dernier, la réponse du Premier ministre à une question écrite du député socialiste Régis Juanico révélait que Matignon avait commandé pas moins de 159 enquêtes d’opinion auprès de divers instituts, entre le 15 mai 2017 - jour de la prise de fonction d'Edouard Philippe - et la fin de l’année 2018. A priori, le chef du gouvernement devrait avoir les moyens de poursuivre à ce rythme, durant l'acte II du quinquennat. Et pour cause : comme l’a écrit La Lettre A, le Service d’information du gouvernement (SIG) - rattaché à Matignon, il est chargé d’orchestrer la communication de l’exécutif - vient d'attribuer une enveloppe globale de 13,9 millions d'euros à six instituts de sondage, heureux lauréats de l'appel d'offres "Prestations d'enquêtes et d'analyses d'opinion" du gouvernement.Dans le détail de l'appel d'offres, Ipsos a remporté 3 des 10 lots disponibles, ce qui assure à cet institut une manne potentielle de 4,2 millions d’euros. De son côté, l’Ifop a hérité du lot principal - les enquêtes téléphoniques - et pourrait s’adjuger 4 millions d’euros. Le reste des lots est notamment réparti entre BVA (1,8 M) et le duo OpinionWay (1,3 M) - Harris Interactive (1,2 M), qui, à eux deux, trustent le marché des enquêtes d’opinion sur internet.
a écrit le 28/10/2020 à 21:35 :
Lamentable, aveu d'échec, dehors ce président et tous ces ministres. Tous les fonctionnaires, salariés payés à 84% plus complément de leur entreprise sont heureux. Des vacances payées...les parisiens en télétravail dans leur résidence secondaire... quel chance. ET qui va payer la note? les indépendants, les commerçants... etc... soient 10 millions de personnes. Vivement 2022 pour les virer les godillots de LREM et leur président.
Réponse de le 28/10/2020 à 22:47 :
"les parisiens en télétravail dans leur résidence secondaire... "

Faut dire que les cadres pas que parisien d'ailleurs s'en sortent relativement bien, leur enfant peuvent aller à l'école donc tranquille pour bosser en télétravail ,contrairement au premier confinement et il pourront continuer de placer sur leur caisse d’épargne ( en moyenne étant de 7200€ ) ,plus de bouffe à la cantine Sodexo annonce d'ailleurs un projet de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) "qui impliquerait la suppression nette de 2.083 postes" faute de client .Sauvegarder l'emploi en le supprimant c'est pas beau.En même temps si je puis dire ,les cadres sont une grosse partie de l’électorat de Macron,il protège donc des futurs voix pour la prochaine présidentielle et eux aussi sont un bon paquet.

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