Pour aider les entreprises à faire face à la crise de l’énergie et aux enjeux de compétitivité qui en découle, la Chambre de Commerce et d’Industrie Nantes-Saint-Nazaire vient de créer la société coopérative Estuaire Energies. Objectif : mutualiser les achats d’énergie et accélérer la transition énergétique des entreprises.C'est une réponse apportée par la Chambre de commerce et d'industrie Nantes-Saint-Nazaire pour permettre aux entreprises de faire face à la crise de l'énergie, devenue la deuxième préoccupation des dirigeants de Loire-Atlantique, derrière les recrutements, selon la CCI. Un an tout juste après le démarrage de la guerre en Ukraine, la chambre consulaire vient de créer la Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) Estuaire Energies. Avec une ambition : reprendre la main sur les questions d'énergie. « Nous sommes passés d'une époque où l'on branchait ses appareils dans la prise sans que personne ne se préoccupe de son coût à un moment où l'énergie est devenue une composante structurante du prix qui doit être intégrée dans le coût de revient des produits », rappelle Yann Trichard, président de la CCI Nantes. Autrement dit, d'abondante et peu chère, l'énergie est devenue un sujet méconnu, complexe à aborder, coûteux et finalement assez mal maitrisé face à la complexité des offres proposées à l'heure de la renégociation de son contrat.
De là est né Estuaire Energies, sur un modèle déjà éprouvé dans le Nord de la France avec la création en 2018 de la coopérative Ener-A. A l'origine de celle-ci, Franck Sprecher, a été recruté par la CCI nantaise pour piloter le projet nantais, autour d'une triple mission : acheter de l'énergie, décarboner et produire de l'énergie localement. Et ce, potentiellement pour les 80.000 entreprises implantées en Loire-Atlantique.
Un objectif de 100 gigawattheures
D'individuel, le recours à l'énergie doit devenir une démarche collective impliquant une certaine dose de confiance envers Estuaire Energies qui se propose de négocier et gérer les contrats d'approvisionnement auprès de dix a quinze producteurs d'énergie (EDF, Engie, Iberdrola, ENI...) en Europe. Et de massifier les achats. « Nous constituerons des groupes, avec des courbes de charges, une enveloppe de kilowattheures, selon les besoins, un mix énergétique voulu et la typologie des entreprises et nous irons négocier, pour elles, avec les producteurs, qui pourront ainsi calibrer leurs besoins. Ce qui permettra d'avoir des prix plus attractifs et de sécuriser la stratégie des entreprises par un contrat cadre, triparti », indique Franck Sprecher.