Face à la grande crise qui s'annonce, les Rencontres d'Aix lancent un appel pour l'emploi et la jeunesse

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(Crédits : Reuters)
La situation des 700.000 jeunes attendus cet automne sur le marché de l'emploi va être particulièrement difficile. Pour l'économiste Patrick Artus, il faut "un développement considérable de la formation" et "une garantie de logement" alors que "la difficulté à se loger bloque la mobilité géographique des salariés". Sur la manière, les participants appellent le gouvernement à changer de logiciel : "Il faut rompre avec la technique du passage en force. Il faut vraiment que le nouveau gouvernement abandonne l'idée que c'est en passant en force qu'on réforme un pays", a par exemple insisté Philippe Aghion.

Les rencontres économiques d'Aix-en-Seine ont lancé dimanche un appel pour éviter une explosion du chômage, notamment des jeunes, articulé autour de 15 propositions, à l'issue de trois jours de débats à Paris.

Alors que la situation des 700.000 jeunes attendus cet automne sur le marché de l'emploi devrait être particulièrement difficile à cause des conséquences économiques de la pandémie de coronavirus, le Cercle des économistes, associé notamment à des organisations de jeunesse comme la FAGE (1er syndicat étudiant) et l'UNEF, demande que tous les chefs d'entreprise s'engagent à recruter au moins un jeune en fin d'études.

"Ce recrutement sera pris en charge totalement ou partiellement par l'Etat pour une durée d'un an", propose la déclaration finale des Rencontres, également signée par le cabinet de recrutement Mozaïk RH ou la fondation catholique Les Apprentis d'Auteuil, entre autres.

Face à la crise qui frappe de manière inégale les différents secteurs de l'économie, il faut "un développement considérable de la formation" et "une garantie de logement" alors que "la difficulté à se loger bloque la mobilité géographique des salariés", a expliqué l'économiste Patrick Artus.

Les signataires veulent pour cela "réguler les prix du foncier en allongeant la durée des prêts immobiliers" et "en supprimant la TVA pour la première acquisition".

Ils proposent aussi d'instaurer "une allocation unique universelle qui regroupe toutes les prestations sociales existantes de lutte contre la pauvreté et la précarité en une seule prestation unique, évolutive et simple".

Acheter européen

Plusieurs propositions visent à "relancer au niveau européen et français les filières productives innovantes", notamment en créant une agence européenne pour financer des innovations de rupture, sur le modèle américain.

"Ces agences couvriraient les domaines de la défense, du numérique, de l'énergie et de la santé", a détaillé l'économiste Philippe Aghion, qui a aussi présenté la proposition de "Buy European Act" pour que les gouvernements s'engagent à acheter européen.

"L'innovation verte est le maître-mot de la lutte contre le réchauffement climatique", a-t-il encore dit.

La déclaration propose enfin de décentraliser en donnant aux régions "toutes les compétences sur l'emploi" et réformer l'administration en évoluant "vers un modèle d'agences à la suédoise où les administrations publiques ont une autonomie budgétaire et opèrent à partir d'objectifs sur lesquels ils sont évalués ex-post".

S'exprimant en clôture des Rencontres économiques, Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, organisateur de l'évènement, et Philippe Aghion ont aussi appelé le nouveau gouvernement, attendu sans doute lundi derrière le Premier ministre Jean Castex, à "débattre" et à ne pas faire passer "en force" les réformes.

"Un mot à ceux qui nous dirigent: il faut débattre, débattre, débattre. (...) On ne lancera pas une politique très très dynamique et très positive si on n'a pas entendu les points de vue extrêmement divers" comme ceux qui se sont exprimés lors de ces rencontres, a estimé M. Lorenzi.

Sur la même ligne, Philippe Aghion a insisté:

"Il faut rompre avec la technique du passage en force. Il faut vraiment que le nouveau gouvernement abandonne l'idée que c'est en passant en force qu'on réforme un pays."

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Commentaires
a écrit le 06/07/2020 à 12:15 :
Arrêtez de vivre dans le passé, pensez à l'avenir. Si les jeunes ont besoin de formations, c'est dans la permaculture et la gestion de biotope pour limiter notre effondrement. La question prioritaire est de savoir comment nous nourrir en dépensant un minimum d'énergies fossiles. Continuer à miser sur des technologies de pointe (pour le moment inexistantes) énergivores en pensant qu'elles vont nous sauver relève de l'utopie.
a écrit le 06/07/2020 à 11:23 :
Merci pour ce titre catastrophiste "face à la grande crise qui s'annonce" : ce n'est pas ce qu'on dit les économistes à Aix.
Et la grande crise est derrière nous : c'était en mars-avril.
Un peu de sérieux, s'il vous plaît ! Au lieu de s'amuser à terroriser les laborieuses populations françaises.
Qui subventionnent largement la presse avec leurs impôts, qui plus est.
a écrit le 06/07/2020 à 9:51 :
" il faut "un développement considérable de la formation""

Non, il y a des dizaines de milliards qui normalement sont consacrés à la formation c'est juste qu'au lieu d'être alloués à la formation elles partent dans les paradis fiscaux des mégas riches.

Vous pouvez décupler le budget, ils décupleront leurs encaissements, il faut juste interdire le détournement massif d'argent public qui en période de déclin est devenu tellement incontrôlable que la notion de "budget alloué" n'a plus aucun sens.

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