DECRYPTAGE. Alors que les éléments de ce traité de libre-échange, tant controversé, ont été révélés, les ONG alerte sur certains points qui menacent les ambitions environnementale de l'UE. De son côté, la Commission se montre, elle, rassurante.Le texte de l'accord conclu le 6 décembre par l'Union européenne et le Mercosur est enfin disponible. Jusqu'à présent, on ne connaissait que le texte négocié il y a cinq ans, en 2019. L'« opacité » de la Commission européenne sur ce sujet était d'ailleurs régulièrement dénoncée par des parlementaires nationaux et européens ainsi que par des ONG.
C'est sur la base de ces « éléments améliorés et supplémentaires résultant des négociations entre mars 2023 et décembre 2024 » et d'un « document explicatif » rédigé par la Commission que certains Etats membres, comme l'Italie, se sont réservé l'option de s'opposer à la signature du traité. Mais si Giorgia Meloni se préoccupe des risques de concurrence pour ses agriculteurs, nombre d'ONG s'inquiètent surtout de voir les ambitions climatiques de l'Europe rognées.
L'accord de Paris comme élément essentiel
La Commission européenne se montre pourtant très satisfaite sur cette question. Elle souligne ainsi le fait que, dans la version finale, l'accord de Paris « devient un "élément essentiel" du partenariat ». De fait, le texte exige de tous les signataires du traité de libre-échange qu'ils restent aussi membres de l'accord climatique. Jusqu'à présent, on ne trouvait de telles clauses qu'entre l'Union européenne, d'une part, et le Royaume-Uni ou la Nouvelle-Zélande, d'autre part, et essentiellement sur des questions de protection des droits humains.
Pour la Commission, la disposition est fortement dissuasive, ce que conteste l'Institut Veblen pour les réformes économiques. Sa codirectrice, Mathilde Dupré, considère en effet que « l'expression "de bonne foi" [employée par le texte final] risque d'être discutée de manière intensive ». A titre d'exemple, elle évoque les « gros signaux d'alerte déjà existants sur l'Argentine », qui, en novembre, a rappelé ses ambassadeurs climatiques de la COP 29 trois jours à peine après l'ouverture.