Accord UE-Mercosur : rien n'est fait, tente de rassurer Macron
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Emmanuel Macron n'a pas dit son dernier mot concernant l'accord commercial controversé entre l'Union européenne et les pays sud-américains du Mercosur. « La messe n'est pas dite (...) On continuera de défendre avec force la cohérence de nos engagements », a martelé le président français devant les ambassadeurs français réunis à l'Elysée ce lundi.
« Pour tous ceux qui pensent que tout est perdu et que c'est un effacement de la France que la Commission ait signé l'accord avec le Mercosur, la longévité me donne un privilège, c'est d'avoir un peu de recul », a déclaré Emmanuel Macron. « J'ai déjà assisté à une signature d'accord Mercosur au G20 d'Osaka, il a ensuite été balayé parce que les mêmes qui l'avaient signé n'ont pas respecté ce qu'ils avaient dit qu'ils feraient. »
Pour rappel, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le 6 décembre que le Mercosur et l'Union européenne avaient conclu les « négociations en vue d'un accord » de libre-échange. Mais cet accord « reste inacceptable en l'état », avait alors déclaré la présidence française.
« La Commission a achevé son travail de négociation avec le Mercosur, c'est sa responsabilité, mais l'accord n'est ni signé, ni ratifié. Ce n'est donc pas la fin de l'histoire. Il n'y a aucune entrée en vigueur de l'accord avec le Mercosur », avait tenu à souligner l'Elysée en décembre, lors d'un échange avec des journalistes.
Paris insistait pour rappeler que Bruxelles allait « devoir présenter le résultat à tous les Etats membres » de l'Union européenne « pour qu'ils l'examinent de façon approfondie ». Eux seuls, réunis au sein du Conseil européen, « peuvent autoriser ensuite la signature de l'accord », qui devrait ensuite encore être ratifié, avait expliqué l'Elysée.
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« Il n'y a donc aucun effet juridique et les Etats ne sont pas liés par l'annonce de fin des négociations », avait précisé un conseiller présidentiel.
Paris estime que l'accord doit inclure le respect par les agriculteurs du Mercosur, exportant notamment leur viande en Europe, des mêmes normes environnementales et sanitaires en vigueur dans l'UE, pour éviter une « concurrence déloyale ».
« La France continuera, avec ses partenaires, de défendre sans relâche son agriculture et sa souveraineté alimentaire. Ces exigences agricoles s'expriment déjà largement en Europe: en Pologne, en Italie, aux Pays-Bas, en Autriche, en Belgique, et bien sûr aussi au Parlement européen », avait plaidé l'Elysée en décembre.
Les déclarations d'Emmanuel Macron interviennent alors que des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) tentent de gagner Paris ce lundi. A la veille du coup d'envoi de la campagne électorale pour les chambres d'agriculture, ils veulent faire entendre leur voix contre les accords de libre-échange, la concurrence déloyale, y compris intra-européenne, et les contrôles dans les fermes.
Tout en disant comprendre « l'inquiétude » des exploitants, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a prévenu qu'il n'était pas question de laisser la capitale être paralysée, alors que plusieurs représentants de la CR ont affirmé ces derniers jours qu'ils souhaitaient bloquer Paris ou le marché international de Rungis.
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« Non, on ne bloque pas, en plus un jour de rentrée scolaire, un jour de rentrée pour les Français. Pas de blocages qui compromettent finalement l'image des agriculteurs auprès des Français. Et pas de violence », a-t-elle prévenu, interrogée sur TF1. La ministre a évoqué une mobilisation de 200 agriculteurs et d'une cinquantaine de tracteurs sur l'ensemble du territoire.
(Avec AFP)
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