Mercosur : l'Italie réclame des « garanties » pour les agriculteurs
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La Première ministre italienne Giorgia Meloni estime que les agriculteurs payent déjà « le prix le plus élevé ».
Remo Casilli
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La Première ministre italienne Giorgia Meloni estime que les agriculteurs payent déjà « le prix le plus élevé ».
Remo Casilli
L'Italie ratifiera-t-elle, ou non, l'accord de libre-échange validé début décembre entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et Bolivie) ? Rome se laisse encore le choix de la réflexion, a fait savoir la Première ministre, Giorgia Meloni, ce mardi 17 décembre. « Nous étudions attentivement l'accord préliminaire (...) en prenant le temps nécessaire pour évaluer si nos demandes sont satisfaites », a prévenu la dirigeante italienne.
Si Giorgia Meloni a insisté sur ce dernier point, c'est parce que, selon elle, les agriculteurs payent déjà « le prix le plus élevé ». Ce, en raison de « l'ouverture du marché européen aux produits fabriqués dans des pays tiers qui ne respectent pas les mêmes normes environnementales et de sécurité alimentaire que celles que nous imposons à nos producteurs ».
La Première ministre a en outre fustigé « l'opposition absurde entre durabilité environnementale et compétitivité ». Pour autant, « des signes importants » indiquent qu'une telle opposition est en voie d'être surmontée, a-t-elle estimé. « Il reste encore beaucoup de travail à faire. Des mécanismes de sauvegarde efficaces doivent être mis en place, y compris un système de compensation adéquate pour les secteurs qui pourraient être endommagés », a-t-elle ajouté. Une réunion aura d'ailleurs lieu cette semaine entre les dirigeants européens pour évoquer cet accord.
Dans les faits, la position de l'Italie n'a pas changé depuis début décembre. La veille de l'annonce de l'accord préliminaire, des sources gouvernementales avaient fait savoir que les « conditions [n'étaient] pas réunies pour souscrire au texte actuel ». Rome mettait alors déjà sur la table des « protections adéquates et des compensations en cas de déséquilibres pour le secteur agricole ».
Or, la position de l'Italie est décisive pour la validation de l'accord final. Pour être officiellement approuvé, l'accord préliminaire conclu le 6 décembre doit être ratifié par 15 des 27 pays membres de l'UE, a minima, représentant 65% de la population du bloc. Et le camp des opposants au traité comme celui des défenseurs a bien besoin des 13,1% que représente la population italienne.
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Si l'Italie n'a pas encore tranché, a contrario, la France est farouchement et officiellement opposée à cet accord. Emmanuel Macron a assuré qu'il entendait « défendre sans relâche notre souveraineté agricole » et monter une minorité de blocage pour empêcher la ratification du traité. L'Hexagone compte à lui seul 15,2% de la population européenne et a déjà reçu le soutien de la Pologne (8,2%). Avec l'Italie, ce trio serait donc suffisamment important pour bloquer l'accord. D'autant plus que d'autres pays - Autriche, Pays-Bas, Irlande - ont aussi déjà exprimé des réticences.
De l'autre côté, l'Allemagne, qui représente à elle seule 18,6% de la population européenne, s'affiche comme leader des forces favorables au Mercosur. Elle défend qu'il contribuera à renforcer la sécurité économique du bloc en diversifiant les échanges commerciaux. La première puissance européenne devrait compter parmi ses troupes la Croatie, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la Lettonie, le Luxembourg, le Portugal, la République tchèque et la Suède. Soit un groupe représentant 40,7% de la population européenne. Si l'Italie s'ajoutait à cette liste, il prendrait encore davantage de poids mais d'autres soutiens seraient toutefois nécessaires pour valider le texte.
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D'autres États membres doivent encore prendre leur décision. Dans un camp comme dans l'autre, le soutien exprimé dernièrement devra en tout cas aller au-delà des mots et se confirmer au moment du vote. Des surprises pourraient donc survenir.
(Avec AFP)
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