Le taux de prélèvements obligatoires dans l’Hexagone (43,8 %) est bien supérieur à la moyenne de l’Union européenne (39 %), selon un bilan dressé par Rexecode. Et le marasme des finances publiques en France pourrait encore creuser le fossé.La France dépasse ses voisins en matière de fiscalité. Dans un bilan dévoilé ce jeudi 10 juillet, l'institut Rexecode montre que le taux de prélèvements obligatoires rapporté au PIB en France (43,8 %) est de 4 points supérieur à celui de la moyenne de l'Union européenne à 27 (39 %). « La crainte est que l'écart risque d'augmenter à nouveau avec la surtaxe d'impôt sur les sociétés, la baisse des allègements de cotisations. Il risque d'y avoir une nouvelle divergence de compétitivité avec l'Allemagne, qui baisse les impôts sur les entreprises quand la France les relève », affirme Olivier Redoulès, directeur des études chez Rexecode.
Le centre de réflexion, réputé proche des milieux patronaux, a calculé que la hausse des prélèvements obligatoires cette année (+0,7 point de PIB ou 21 milliards d'euros) était inédite depuis 2012 (+1,2 point de PIB). À l'époque, la zone euro était frappée de plein fouet par les effets dévastateurs de la crise financière survenue aux États-Unis. Pour redresser les comptes publics, le gouvernement de François Hollande avait fait passer un sévère plan de rigueur avec des coupes budgétaires drastiques et de fortes hausses d'impôts d'environ 50 milliards. Ce qui avait amplement plombé la croissance économique.
Une hausse des prélèvements sur le travail et la consommation
Comment expliquer cette évolution entre la France et l'Union européenne ? L'économiste Olivier Redoulès a montré que la fiscalité sur le travail et la consommation avait bien plus augmenté que dans le reste de l'Europe. À l'inverse, les prélèvements sur le capital ont augmenté moins vite que sur le Vieux Continent durant la période 2010 à 2023.
Défendue par François Hollande et Emmanuel Macron, la politique de l'offre a poussé à la baisse les prélèvements sur le capital (CICE, transformation de l'ISF en impôt sur la fortune immobilière, flat tax, baisse de l'impôt sur les sociétés et des impôts de production). En dépit de cette politique économique, la France « prélève 2,5 points de PIB supplémentaires sur le travail, 0,7 point de PIB supplémentaire sur la consommation et 1,1 point de PIB supplémentaire sur le capital », par rapport à ses proches voisins.