Le 15 juillet, François Bayrou présentera le fil conducteur du budget 2026. Sans espoir, le secteur privé attend toutefois «des mesures concrètes».« Il ne faut pas s'attendre à un miracle. » C'est en ces termes qu'un grand patron évoque le budget 2026, dont le Premier ministre a promis de présenter les grandes lignes le 15 juillet. À Aix, le sujet passerait presque au second plan. Les milieux d'affaires ne semblent rien espérer de François Bayrou. Où va-t-il trouver les 40 milliards d'euros d'économies annoncés ? « Avec la composition politique actuelle, son équation est impossible », répondent les plus polis, quand les plus ironiques taclent : « Ce sera comme le conclave des retraites, la montagne accouchera d'une souris ! »
En attendant, beaucoup s'agacent. À l'instar d'Alexandre Bompard, le patron de Carrefour qui, sur l'estrade d'une table ronde consacrée aux salaires, lance : « Depuis le début de l'année, la consommation repart légèrement à la hausse, mais c'est fragile. C'est pourquoi je demande aux pouvoirs publics d'arrêter ce discours anxiogène autour des dépenses publiques. Arrêtez de lancer des ballons d'essai autour de la fiscalité. »
Selon lui, alors que le taux d'épargne atteint près de 19 %, entretenir ce flou depuis des semaines autour du budget est délétère. « Cette année, le sujet de la loi de finances a été posé très tôt par Matignon, témoigne Patrick Martin, le patron du Medef. Il sera très important que le Premier ministre annonce enfin des choses concrètes. »
Sous-entendu, que l'on sache à quelle sauce les entreprises seront mangées. Car, malgré les déclarations rassurantes du gouvernement, tous s'inquiètent de coups de rabot ici et là, par exemple sur les allègements de charges consacrées aux salaires ou sur les niches fiscales comme le crédit d'impôt recherche. « Le gouvernement nous dit que les entreprises seront préservées, assure ainsi Amir Reza Tofighi, le président de la CPME, mais on sait bien, hélas, qu'augmenter la fiscalité, c'est bien plus facile que de couper dans les dépenses. »
Fanny Guinochet, envoyée spéciale à Aix-en-Provence