Gare au déficit et à la dette : la Cour des comptes hausse le ton

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(Crédits : Charles Platiau)
La Cour des comptes a mis en garde ce mardi 25 juin contre l'évolution du déficit et de la dette publique en France, estimant que la trajectoire budgétaire du gouvernement, revue à la baisse depuis le "Grand débat", était "affectée de nombreux risques".

La France risque de ne pas atteindre sa cible de réduction du déficit public en 2020. Jusque-là conciliante envers la politique budgétaire du gouvernement, la Cour des comptes a tiré la sonnette d'alarme ce mardi 25 juin contre l'évolution de la dette publique française, fragilisée par les mesures annoncées après le "Grand débat".

Dans son rapport annuel sur les perspectives des finances publiques - un document de 150 pages -, la juridiction financière épingle la « lenteur des progrès faits par la France pour réduire son déficit » et estime que « la trajectoire de finances publiques, moins ambitieuse que celle de plusieurs de nos partenaires de la zone euro, se traduit par une divergence accrue en matière d'objectifs de dette publique », puisque celle-ci « baisserait nettement plus dans ces pays qu'en France ».

L'objectif de déficit 2019 à 3,1% du PIB est plausible

Dans son programme de stabilité budgétaire, envoyé fin avril à Bruxelles, le gouvernement a abaissé ses objectifs budgétaires afin de tenir compte du ralentissement de la croissance et des mesures d'urgence annoncées face au mouvement des "Gilets jaunes". Selon le ministère de l'Économie et des Finances, le déficit public devrait ainsi atteindre 3,1% du produit intérieur brut (PIB) cette année, puis 2% du PIB en 2020, 1,6% en 2021 et 1,2% en 2022 - alors que le gouvernement prévoyait à l'origine un quasi retour à l'équilibre budgétaire pour la fin du quinquennat.

La dette publique, quant à elle, devrait passer de 98,4% en 2018 à 96,8% en 2022, après un pic à 98,9% cette année. Sur l'ensemble du quinquennat, la baisse atteindrait 1,6 point de PIB, alors que l'exécutif promettait initialement un recul de cinq points de PIB.

Risques et fragilités de la trajectoire 2020-2022

Pour la Cour des comptes, ces objectifs sont insuffisants et sont "affectés par de nombreux risques".

Concernant 2019, le risque de dépassement de l'objectif de déficit est certes "modéré". En revanche, « l'évolution attendue recèle deux évolutions préoccupantes : le déficit structurel [jugé trop élevé] et la dette publique », qui continue d'augmenter, « à rebours de l'évolution de la majorité de nos partenaires de la zone euro ».

Concernant 2020 et au-delà, la trajectoire retenue est « fragilisée par les annonces faites à la suite du Grand débat national », estiment les magistrats financiers, qui épinglent notamment le flou entourant le financement des cinq milliards d'euros de baisses d'impôt sur le revenu promis par Emmanuel Macron.

Doutes sur la compensation des annonces post-"Grand débat"

Le Premier ministre Édouard Philippe a récemment assuré que ce geste fiscal serait compensé par trois types de mesures d'économies : la suppression d'organismes publics jugés inutiles, l'allongement du temps de travail et la réduction de certaines niches fiscales sur les entreprises.

« Mais compte tenu de l'ampleur des mesures annoncées, il paraît peu probable que cette compensation puisse être intégrale sur l'exercice 2020 », avance la Cour, qui évoque un dérapage budgétaire pouvant aller de 0,1 à 0,3 point l'an prochain, selon l'importance des économies retenues.

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Commentaires
a écrit le 26/06/2019 à 9:42 :
Désespérant de constater qu'en dépit des effets de manches, nous n'avançons pas sur cette question.. Pire, nos politiques veulent tout faire en France, y compris contrôler le thermomètre, avec l'efficacité que l'on leur connait...
a écrit le 25/06/2019 à 20:02 :
Il faut qu'on arrête de nous manipuler avec cette histoire de dette.C"est un faux problème.S'il fallait diminuer le déficit public vraiment,il faudrait s'attaquer aux retraités actuels et diminuer leurs retraites.Les gens qui disent avoir peur de la dette,sont-ils disposés de dire aux retraités:"on va devoir diminuer votre retraite,pour pouvoir diminuer le déficit public et donc la dette"?.En tout cas,pour commencer à réduire le déficit public,il faudrait commencer par supprimer la cour des comptes,organisme parfaitement inutile
Réponse de le 26/06/2019 à 3:55 :
Il y a d'autres voies que de diminuer les retraites. Repousser age de la retraite, baisse du nombre de fonctionnaires administratifs, combttre l'absenteisme, eviter les depenses publiques. Trop de depenses dans la formations professionelle avec trop peu de resultat. La formation professionelle est gere par les syndicats mais payes par les entreprises.
Ce n'est pas une manipulation, la dette est reelle malgre ce que dise les gilets jaunes.
Réponse de le 26/06/2019 à 8:59 :
Si vraiment on veut réduire le déficit il faut augmenter la tva à 30% pendant 10 ans
a écrit le 25/06/2019 à 19:12 :
On peut se demander si la cour des comptes s'y connait en économie!Avec les taux négatifs,la majorité de la dette rapporte a l'état.Donc plus l'état s'endette,plus il s'enrichit.et plus il émet de la dette,plus la chance de voir les taux d'intérets remonter s'éloigne.Nous sommes donc dans un cercle vertueux.Bientot vous serez rémunérés par votre banque pour avoir souscrit un crédit.Si la rémunération couvre les remboursements,alors vous pourrez vous payer tout ce que vous voulez,riches ou pauvres!
a écrit le 25/06/2019 à 18:32 :
La dette ! Elle ne sera jamais remboursée puisque constamment renouvelée, mieux encore (pour l'instant) l'État emprunte à intérêt négatif. Ceci donne d'ailleurs une idée de l'état de l'économie mondiale, quand des prêteurs acceptent de perdre de l'argent sur la seule signature de la France. Preuve au passage de la qualité de cette signature...et la France ce n'est pas non plus la Grèce à laquelle on a pu infliger des sanctions innommables.
a écrit le 25/06/2019 à 17:24 :
Et le Portugal, franchement gouverné à gauche vient de retrouver un excédent de son budget !!! Comme quoi, à cœur vaillant, rien d’impossible !!!
Réponse de le 25/06/2019 à 20:12 :
L'actuel exécutif portugais bénéficie de l'effort d'assainissement imposé par son prédécesseur. Effort qui n'a pas été imposé par le prédécesseur de l'actuel exécutif français.
a écrit le 25/06/2019 à 17:19 :
Et alors ?????? Tout le monde se contrefiche des avis de la Cour des comptes. Puisqu'on en est à chercher des économies, supprimons-la, cela ne manquera à personne. Jamais nos politiques n'en ont tenu compte !!!!
Réponse de le 25/06/2019 à 20:15 :
C'est pour ça qu'il faut donner un droit de veto sur le budget à la cour des comptes.
a écrit le 25/06/2019 à 14:31 :
LA dette soit on a de la puissance politique comme TRump et on s'en tape se contentant de rassurer des financiers aliénés ce qui est facile soit on est l’esclave des banquiers avec les conséquences dramatiques que l'on peut mesurer.

Le premier la vie le second la mort.

Et nos actionnaires qui ont mit hitler au pouvoir eux ont choisi la mort, étrange non ?
Réponse de le 25/06/2019 à 15:48 :
Soyez heureux, cela fait plus de 20 ans que la France préfère la vie : déficit permanent et dette en croissance. Youpi, est n'est pas belle la vie !
a écrit le 25/06/2019 à 12:59 :
Et la taxe d'habitation ?
a écrit le 25/06/2019 à 12:38 :
la dette ca fait 30 ans que la france s'assied dessus
c'est pour ca que la france veut eurobonds, pour finnacer son systeme social
et c'est pour ca que les gens du nord ne veulent pas de dette mutuelle.........
et pour se mettre a l'abri en cas de remontee des taux? he ben les lois de repression financiere de montebourg qui obligent les assureurs a prendre plus de dette francaise, et surtout les lois sapins, pour confisquer l'epargne des gens
sortez votre argent de france tant qu'il est encore temps
a écrit le 25/06/2019 à 11:47 :
En quoi la France ne fait pas pire en moyenne que ses principaux partenaires européens?
Education pire. Formation pire. Recherche pire. Investissement pire. Industrie pire. Environnement, qualité des eaux et recyclage pire. Finances publiques pire. Chômage pire. Integration et citoyenneté pire. Communautarisme pire. Défense du patrimoine pire. Controle de l'immigration pire. Efficacité des et institutions et reduction des doublures pire. Bureaucratie pire. PMI exportatrices pire.
Et ça dure depuis des décennies....
Réponse de le 25/06/2019 à 20:19 :
C'est la conséquence logique de l'interventionnisme tous azimuts de l'état en France. Un état qui se veut omnipotent et n'est qu'impotent. Ce dont le pays a besoin c'est d'une cure massive de libéralisme.
Réponse de le 26/06/2019 à 10:22 :
Seule une minorite de francais (1/3) qui bossent dur paie des impots sur le revenu. Le reste vis par la grace des prebendes de l'etat payee par les precedents nommes pour maintenir une "paix sociale"
Un jour ce robinet a fric s'assechera et la bombe explosera.
a écrit le 25/06/2019 à 11:35 :
Il faudrait ne plus devoir emprunter pour alimenter le parasitisme de cet administration hors sol qu'est l'UE de Bruxelles!
Réponse de le 25/06/2019 à 11:54 :
Oui yakafaukon ! Seulement pour moins emprunter, il faut moins dépenser. Et qunand on vous présentera des pistes de réductions de dépenses, vous crierez probablement au scandale avec la meute.

Quand on voit la levée de boucliers pour 5 malheureux euros d'APL en moins...
Réponse de le 25/06/2019 à 14:43 :
Votre clairvoyance a des limites, avez vous bien lu avant de donner votre réponse? A moins que certain sujets vous est échappé comme entre autre notre obole de 21 milliard par an a l'administration Bruxelloise? Qui, pour nous calmer, nous rend quelque milliard sous drapeau avec étoile d'or!
Réponse de le 25/06/2019 à 20:24 :
LA contribution nette de la France à l'UE est de 3 à 4 milliards d'€. Vous resservez les mêmes mensonges éculés que Farrage dont le pays va bientôt apprendre que non seulement il ne gagnera rien au Brexit mais que son économie aura du mal à s'en remettre.
Réponse de le 26/06/2019 à 13:51 :
En 2016, où l’Europe a coûté 9,8 milliards à la France. Cette année-là, la contribution française était plus élevée car les dépenses de l’UE avaient été surestimées. En 2017, la contribution française a baissé pour compenser l’année 2016. La France est en effet un pays dit « contributeur net » au budget de l’UE. Cela signifie qu’elle donne plus d’argent à l’Union européenne, par sa contribution au budget, qu’elle n’en reçoit directement sous forme d’aides. En 2017, la France a versé environ 16,25 milliards d’euros et en a reçu 13,5 milliards, dont 9,2 milliards au titre de la politique agricole commune (PAC). Selon les données de la Commission européenne, il existe donc un différentiel de 2,75 milliards d’euros au profit de l’Union.
a écrit le 25/06/2019 à 11:30 :
Ils ont aussi creuse le deficit de la secu avec les TRES INJUSTES NICHES FISCALES fiscales sur les heures sup et les primes de seulement 30% DES SALARIES

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