"Gilets jaunes" : un impact économique "hétérogène" sur les commerces selon le gouvernement

 |   |  1073  mots
Le gouvernement déplore que davantage de commerçants n'usent pas des dispositifs d'aides mis en place pour leur venir en aide.
Le gouvernement déplore que davantage de commerçants n'usent pas des dispositifs d'aides mis en place pour leur venir en aide. (Crédits : JEAN-PAUL PELISSIER)
A l'issue d'une réunion avec les fédérations des commerçants et des artisans, la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher a signalé que les conséquences économiques du mouvement social des "Gilets jaunes" se concentraient sur quelques secteurs et territoires. Elle regrette que les commerçants ne fassent pas assez appel aux dispositifs mis en oeuvre par le gouvernement pour faire face aux difficultés de trésorerie et de fiscalité.

A la veille des soldes d'hiver, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie Agnès Pannier-Runacher et le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, Olivier Dussopt, avaient réuni, ce mardi à Bercy, les fédérations professionnelles des commerçants et celles des artisans pour faire le point sur la situation de l'économie tricolore. Après plus de deux mois de mobilisations, les craintes se multiplient dans les milieux économiques. Les derniers chiffres de prévision de l'Insee font état d'un net ralentissement de l'activité pour le dernier trimestre 2018 même s'il avait commencé bien avant les premières manifestations. L'impact sur le PIB demeure à ce stade encore limité selon les derniers chiffres de l'institut de statistiques. Les économistes de l'organisme public font l'hypothèse que le mouvement des "gilets jaunes" "pourrait ôter 0,1 point à la croissance du PIB au quatrième trimestre 2018, via les secteurs d'activité sans doute principalement touchés : commerce, hébergement, restauration, transports... Cette estimation est néanmoins soumise à beaucoup d'aléas, ne serait-ce que sur la durée du mouvement."

Le trou d'air de la fin d'année pourrait cependant laisser la place à un rebond de la consommation au cours du premier trimestre 2019. En effet, la baisse de l'inflation liée à la chute des prix du pétrole et les mesures annoncées par Emmanuel Macron le 10 décembre dernier pourraient relancer le pouvoir d'achat des Français sauf si la confiance des consommateurs continue de stagner. En effet, les dernières enquêtes de fin d'année 2018 signalaient une érosion de la confiance des ménages. "Toutes les composantes de la confiance sont en baisse marquée. [...] Il laisse donc présager une consommation relativement peu dynamique au quatrième trimestre 2018, trimestre pourtant marqué par des mesures fiscales (baisse de la taxe d'habitation et des cotisations salariales) venant augmenter le pouvoir d'achat des ménages."

> Lire aussi : Les mesures réclamées par les "gilets jaunes" pourraient doper le pouvoir d'achat

Un impact "très hétérogène"

Concernant la santé financière des commerçants, la secrétaire d'Etat a expliqué que "les situations étaient très hétérogènes. Beaucoup d''entreprises sont touchées mais elles le sont dans des proportions très différentes. Certaines sont massivement touchées avec des cas, par exemple, de dépôts bloqués pendant cinq semaines consécutives." Cependant, d'autres ont perdu du chiffre d'affaires en raison "d'une baisse du panier moyen avec une morosité dans la consommation ou une désaffection pour les commerçants de proximité."

Au final, les répercussions pourraient être relativement limitées. En effet, elle a expliqué qu'il y avait eu "un phénomène de rattrapage lié aux fêtes de fin d'année. La période de Noël a été positive." En revanche, il "ne suffira pas à compenser les pertes de chiffre d'affaires des commerçants notamment pour les produits périssables ou dans le domaine de l'hôtellerie et la restauration." Les fédérations présentes à la réunion "comptent beaucoup sur la période des soldes", a-t-elle rappelé.

> Lire aussi l'interview du délégué général délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, Jacques Creyssel"Gilets jaunes" : "Les pertes sont estimées à 1 milliard d'euros pour le commerce"

59.000 personnes au chômage partiel

Sur le front de l'emploi, les conséquences sont loin d'être négligeables. D'après des chiffres communiqués par le secrétariat d'Etat à l'Economie, 59.000 salariés sont concernés par le chômage partiel au 7 janvier. 4.047 entreprises ont fait état d'activité partielle auprès du ministère du Travail. Ce qui représente un volume d'environ 4,2 millions d'heures selon des chiffres communiqués par le ministère de la rue de Grenelle. Les sommes provisionnées pour assurer l'indemnisation de ces personnes s'élèvent à 32 millions d'euros. Les entreprises concernées sont essentiellement des PME. "92% des demandes émanant d'entreprises de moins de 50 salariés et 98% d'entreprises de moins de 250 salariés." Enfin, les secteurs les plus touchés sont le commerce (35% des demandes), la construction (14%), les métiers de l'hôtellerie, de la restauration et des cafés (11%), l'industrie manufacturière intervenant en quatrième position (9,5% des demandes)."

Des dispositifs peu utilisés

Au niveau des mesures destinées à soutenir les commerçant et les artisans, les fédérations ont indiqué que le plan d'urgence adopté par le gouvernement "était adapté". "Les interlocuteurs dans l'administration, dans les banques et les assurances ont fait le travail," a précisé Mme Pannier-Runacher. En revanche, pour les entreprises confrontées à des difficultés de trésorerie, "peu de dispositifs ont été activés en direction des assurances et des banques.

Compte tenu des remarques des fédérations professionnelles, Olivier Dussopt a assuré que "l'étalement des charges sociales serait prolongé de trois mois ainsi que les échéances de paiement d'impôt." La secrétaire d'Etat s'est également engagée "à accélérer les paiements des crédits d'impôt.[...] Nous allons maintenir également la cellule de continuité économique." Elle a incité les commerçants à solliciter leurs banques en cas de difficulté. "Le premier réflexe à avoir pour un commerçant ou pour un artisan, c'est d'appeler son banquier qui aura eu des recommandations pour traiter ce type de situation." Du côté de la Fédération française des assurances, "1.200 déclarations de sinistres et 2.300 déclarations pour les véhicules" ont été établies selon des chiffres relayés par l'administration.

Craintes sur l'attractivité

Après plusieurs semaines de mobilisations et de médiatisation, les craintes sur l'attractivité de la France se multiplient. Face à ces peurs, Agnes Pannier-Runacher a tenu à rappeler que "la France est un pays attractif où il fait bon passer ses vacances." Sur le tourisme, les experts de l'Insee n'avancent pas chiffres précis sur les conséquences du mouvement social des "Gilets jaunes" "même si on peut s'attendre à ce qu'elles pénalisent les activités liées à ce secteur."

Le ralentissement des réservations dans les hôtels et la restauration de la part des touristes étrangers pourrait ainsi se poursuivre si la mobilisation des "Gilets jaunes" ne s'essouffle pas dans les prochaines semaines.

> Lire aussi : Réformes : "Les "Gilets jaunes" ont écorné la confiance des investisseurs étrangers"

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/01/2019 à 12:27 :
CSG en hausse TH et TF en hausse, mutuelle en hausse, assurances en hausse, alimentation en hausse, ..., revalorisation des retraites presque invisible, alors pouvoir d'achat en berne. Donc fréquentation des magasins et des soldes = non.
a écrit le 09/01/2019 à 9:37 :
Exit les causes qui ont déclenché ce mouvement : les capacités d'auto-critique de ce gouvernement sont proches du zéro absolu !
a écrit le 09/01/2019 à 9:29 :
Gilets jaunes et idées courtes car c'est le Président de la république qui appelle à l'émeute à incendier piller détruire. Que de pauvres types parmi les commentaires du journal de quoi démoraliser les journalistes eux même.
a écrit le 09/01/2019 à 4:30 :
Pas de grisbi, pas de conso. C'est une equation simple a poser, sauf aux enarques trop intelligents.
a écrit le 08/01/2019 à 21:22 :
Il y a vraiment deux mondes qui ne se parlent plus: les CSP+ d'un côté et les GJ de l'autre.
Le gouvernement essaie de convaincre les GJ en parlant de l'attractivité de la France , de la croissance etc... Mais tout cela est bien abstrait pour un GJ qui voit son pouvoir d'achat diminuer. Par contre les taxes sur l'essence , ça c'est du concret pour un GJ.
Un CSP+ peut avoir du mal à s'approprier la logique du GJ mais si on divisait son salaire par 2, le CSP+ en comprendrait toutes les subtilités.
a écrit le 08/01/2019 à 18:05 :
Dans leS revendications de g j a ne pas débordé ? Le seule responsable de La situation c est Emmanuel macron de longue dates Mercis M macron du cahot que vous avez créer 10 morts c est pas rian
Réponse de le 08/01/2019 à 19:24 :
Macron est le principal coupable, cependant n'oubliez pas les 12% de Français qui ont voté pour lui et lui ont permis d'arriver au second tour. Alors que Mr Macron ministre a été le seul sous le règne Hollandien a réussir à mettre les français dans la rue avec la loi travail dite Macron puis atténuée dit El Kohmeri...
Réponse de le 09/01/2019 à 9:41 :
Macron c'est le pyromane qui essaie de se convaincre qu'il est légitime et "garde un cap" auquel 'il est le seul a croire , apr suffisance !
Etonnant que sa sphère LREM n'ai pas encore explosé : ils sont donc tous endoctrinés , ou c'est simplement l'attraction de la gamelle ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :