Grand Paris express : un levier de relance pour l'économie francilienne

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Le projet du Grand Paris Express va permettre de doubler la taille du métro parisien.
Le projet du Grand Paris Express va permettre de doubler la taille du métro parisien. (Crédits : Décideurs en région)
L'immense chantier du Grand Paris express pourrait soutenir l'économie francilienne pendant une décennie.

Le chantier du Grand Paris express tombe à pic pour l'économie francilienne. En effet, alors que le taux de chômage est toujours de 8,5 % dans la région, supérieur de 2,2 points à son point bas d'avant-crise (6,3 % début 2008), que le nombre de défaillances d'entreprises est toujours aussi élevé qu'au moment de la récession, le « chantier du siècle » pourrait changer la donne. Il représente 30 milliards d'euros d'investissements publics, prévoit de doubler la taille du métro parisien sur le territoire de l'agglomération parisienne grâce notamment à quatre lignes supplémentaires, et va permettre de créer 68 nouvelles gares.

D'ailleurs dès cette année, 14 des 16 nouvelles gares de la ligne 15 sud - qui seront opérationnelles en 2022 - seront en travaux, de Noisy-Champs à l'est de Paris, à Pont-de-Sèvres à l'ouest. En outre, 31 chantiers annexes s'ouvriront également cette année. Soit un total de 45 chantiers en 2017 répartis dans le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et à la marge la Seine-et-Marne et de la Seine-Saint-Denis. Ces chantiers représenteraient déjà 4.000 emplois, selon Philippe Yvin, le président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), l'établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) qui pilote le projet du Grand Paris express.

Nouvel élan pour l'investissement public

Pour financer ces lourds investissements, la SGP s'appuie sur la fiscalité : elle perçoit une partie des recettes de trois taxes franciliennes : la taxe sur les surfaces de bureaux, locaux commerciaux, stockage et stationnement ; la taxe spéciale d'équipement (TSE) « Grand Paris », à laquelle les Franciliens contribuent ; et l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER). Et une fois ce réseau mis en service, la SGP percevra des redevances chaque année.

Il est aussi déjà prévu que la Caisse des dépôts et consignations et la Banque européenne d'investissement débloquent des lignes de crédits de respectivement 4 milliards et 1 milliard d'euros pour le projet. Par ailleurs, l'agence de notation Moody's note désormais la SGP, qui compte donc emprunter sur les marchés financiers.

Relancer l'investissement public

Ce projet de mobilité revêt, du reste, une importance fondamentale pour que l'agglomération capitale puisse à l'avenir faire face à la concurrence féroce des métropoles internationales. C'est aussi une manière de renouer avec l'investissement public de long terme en France. « La France a longtemps eu un avantage compétitif grâce à son réseau d'infrastructures », faisait remarquer Philippe Yvin lors de ses vœux à la presse lundi soir. Mais aujourd'hui ce n'est plus le cas, car elle a sous-investi dans certains domaines clés, comme les réseaux ferrés. Dans un contexte budgétaire tendu, le choix a été très souvent fait de réduire l'investissement public, coûteux à court terme et dont les rendements réels n'interviennent que cinq ou sept ans plus tard.

L'investissement public local notamment, qui représente 70 % de l'investissement public civil, a été lourdement affecté ces trois dernières années par les restrictions budgétaires. Or, un niveau trop faible d'investissement public ne peut être sans conséquence. Sous-investir dans les infrastructures et dans l'entretien du patrimoine public entraîne un coût pour la collectivité et les générations futures.

De la bonne dette

Comme le notait récemment l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il n'y a pas que la dette publique qui est léguée aux générations futures, comme on l'entend trop souvent, il y a aussi le patrimoine national qu'il faut entretenir. De ce point de vue, la faiblesse de l'investissement public a fortement déprécié les actifs publics, qui font partie intégrante du bien commun.

D'où la nécessité de grands projets comme le Grand Paris express qui devrait, selon les études de la SGP, générer a minima 60 milliards d'euros de PIB supplémentaires à long terme pour la région Île-de-France, voire plus de 100 milliards d'euros selon des hypothèses les plus optimistes. Le projet devrait même permettre une hausse à terme du PIB francilien de 10 à 15 points, et de 3 à 5 points du PIB national. Bref, on pourrait considérer ces investissements publics comme de la « bonne dette », surtout en cette période de taux d'intérêt nominaux très bas.

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Commentaires
a écrit le 18/01/2017 à 21:33 :
Bof bof le grand Paris

Encore un projet conçu en rocade circulaire à peine plus large que l'a86 un sens qui ne répond qu'à un engorgement existant sans vision à 30 ou 50 ans.

Les axes nord sud à l'est et à l'ouest sont oubliés. Les axes long est ouest au sud de Orly et au nord sont oubliés...

Bref rien de disruptif aucune vision sauf saturer encore plus ce qui est déjà saturé et faire flamber les prix de la première couronne...
Réponse de le 19/01/2017 à 11:43 :
je ne comprends pas le parallèle avec l'A86. Il s'agit d'une rocade métro, prévue de longue date (bien avant le Grand Paris). Pour info, en Ile de France, deux tiers des déplacements sont du banlieue-banlieue et non du Paris-banlieue... Ces tracés, au contraire, ont donc beaucoup de sens s'ils sont accompagnés d'une politique d'urbanisme cohérente (densification aux abords des gares, maintien de continuités vertes entre ces pôles, etc)
a écrit le 18/01/2017 à 19:57 :
Et bien voilà ...c'a va ( enfinb ) se mettre en place ...! Merci de " l'implusion " donnée , mr Carenco ; On voit que vous etes arrivé .
a écrit le 18/01/2017 à 17:19 :
Tout faux : cette région est la moins mal portante des régions françaises et celle ou il y a le moins de chomage . Donc ce n'est pas elle qu'il faut aider ! Dur de vivre et bosser en régions avec un tel colbertisme, boboisme , parisianisme des medias et des politiques .
Regardez donc les voisins : little britain ou rien n'existe en dehors de Londres est comme nous et le populisme y triomphe , La Suisse l'Allemagne : non et leur économie est florissante . Et ça ne vous interpelle pas ???
a écrit le 18/01/2017 à 10:57 :
Ces investissements arrivent un peu tard.
Par ailleurs, ce chantier doit-etre livre fin 2022, ce qui est optimiste. Tout specialiste sait qu'il y a des delais a rallonge suite aux surprises des fouilles de sous-sol...
La France a oublie ses infrastructures depuis des lustres, alors que de nombreuses capitales sont equipees pour le futur. Depuis les annees 70, la nation des droits de l'homme traine et renacle, les habitudes ont la vie dure en Navarre, helas, mille fois, helas, alors que de partout on s'agite a ameliorer l'existant.
a écrit le 18/01/2017 à 10:33 :
mettre les lieux de travail a proximité des lieux d'habitation devrait être la première des priorités et non pas faire perdre des heures de transport pour transporter des salariés d'un point A à un point B
Réponse de le 18/01/2017 à 15:15 :
C'est un peu l'histoire du pianiste qui pour se rapprocher de son piano, rapproche le piano plutôt que le tabouret... Rapprocher les lieux de travail des lieux d'habitation peut être réalisé via des infrastructures de transport performantes. La région Ile-de-France occupe une superficie somme toute réduite et les distances "à vol d'oiseau" sont minimes, le problème est le temps passé dans les déplacements. Une infrastructure rapide et performante en termes de fréquence, maillée avec le réseau existant et transversale, contribuera à ce que vous souhaitez.
a écrit le 18/01/2017 à 9:11 :
Ah bah si c'est de la bonne dette tout va bien, on peut y aller sans compter.
Et quand est-ce qu'on parle de la mauvaise dette?
Réponse de le 18/01/2017 à 16:12 :
Quand elle sert à payer les dépenses courantes !
S'endetter pour investir dans des infrastructures qui génèrent de l'activité, c'est la seule bonne raison de s'endetter.

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