Grève des fonctionnaires et des cheminots : les syndicats mettent en garde le gouvernement

Pour les syndicats, la journée de mobilisation du 22 mars n'est qu'une première étape. Ils alertent le gouvernement qu'ils ne laisseront pas passer les réformes de la fonction publique et de la SNCF. D'autres jours de grève ou des manifestations sont d'ores et déjà au programme, même si les représentants syndicaux ne sont pas tous d'accord. Le gouvernement se dit déterminé à poursuivre les réformes, malgré les contestations.
Selon la CGT, quelque 180 cortèges ont défilé dans les villes de France contre le plan de départs volontaires pour les fonctionnaires, l'introduction d'une rémunération au mérite et le recours accru aux contractuels.
Selon la CGT, quelque 180 cortèges ont défilé dans les villes de France contre le plan de départs volontaires pour les fonctionnaires, l'introduction d'une rémunération au mérite et le recours accru aux contractuels. (Crédits : JEAN-PAUL PELISSIER)

Les syndicats ont lancé jeudi un premier défi de grande ampleur à Emmanuel Macron avec des défilés de fonctionnaires dans toute la France et de cheminots à Paris, une mobilisation qui pourrait freiner les réformes du gouvernement si elle persiste.

Sept syndicats de fonctionnaires sur neuf (CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires), mais pas la CFDT, ont appelé à la grève pour protester contre la réforme de la fonction publique et défendre leur pouvoir d'achat.

Lire aussi : Grève : pourquoi les fonctionnaires et les cheminots sont-ils dans la rue ?

Selon la CGT, quelque 180 cortèges ont défilé dans les villes de France contre le plan de départs volontaires pour les fonctionnaires, l'introduction d'une rémunération au mérite et le recours accru aux contractuels.

La CGT et FO ont annoncé une participation de 500.000 personnes, soit un chiffre plus élevé que le 10 octobre 2017, date de la dernière manifestation nationale des fonctionnaires. Le ministère de l'Intérieur et la préfecture de Paris ont calculé quant à eux un total de 323.000 manifestants.

"Nous sommes satisfaits car la mobilisation d'aujourd'hui, avec toute sa diversité, correspond au mécontentement du monde du travail, de la jeunesse et des retraités. Seul le gouvernement refuse cette réalité, la balle est dans son camp!", a déclaré à Reuters le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Le ministère de l'Intérieur a fait état d'une participation de 16.500 personnes dans le cortège des cheminots, contre 25.000 selon les syndicats. Des heurts ont éclaté à Paris et Nantes entre forces de l'ordre et manifestants.

Une grève de 2 jours sur 5

Après cette première journée de mobilisation greffée sur celle des fonctionnaires à Paris, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT-Cheminots, l'UNSA-ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots) ont annoncé un mouvement de grève de deux jours sur cinq à partir du 3 avril et jusqu'au 28 juin pour enterrer la réforme de l'entreprise ferroviaire. Le mouvement intervient à la suite de la décision de l'exécutif. En effet, le  gouvernement a prévu de ne plus recruter sous le statut de cheminot et de présenter un plan de compétitivité avant l'été pour préparer l'ouverture à la concurrence.

"C'est une vraie première mobilisation réussie pour les cheminots", a déclaré à Reuters Eric Meyer, le secrétaire fédéral de Sud-Rail. "Le gouvernement est prévenu, nous ne les laisserons pas faire."

De fortes perturbations ont eu lieu dans le trafic ferroviaire, avec seulement 40% de TGV, 25% de trains Intercités et 50% de TER. La SNCF a enregistré un taux de participation de 35,4% au mouvement. A la RATP, où les quatre syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD-RATP et FO) ont appelé à manifester, un trafic quasi-normal était assuré.

Le taux de participation au mouvement de grève s'est élevé à 11 à 12% dans la fonction publique, "un peu en recul par rapport à la dernière journée de mobilisation du mois d'octobre", a dit le secrétaire d'Etat à la fonction publique, Olivier Dussopt.

Ce dernier a ajouté sur BFM Business entendre les interrogations des fonctionnaires sur la réforme à venir mais précisé qu'ils disposaient de "neuf mois de discussions".

Les syndicats mettent en garde le gouvernement

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a défendu une journée de mobilisation en forme d'alerte et appelé le gouvernement à accélérer le dialogue sur les réformes de la fonction publique et de la SNCF.

"Soit ils écoutent et ce sera un coup de semonce et il n'y aura pas de suite, soit ils n'écoutent pas et là, je vous le dis, les fonctionnaires, y compris les militants de la CFDT des fonctions publiques, seront extrêmement mobilisés", a-t-il dit sur RTL, évoquant les rencontres des syndicats avec Olivier Dussopt.

"Il reste dix jours pour discuter et montrer que les réunions et les concertations sont utiles pour les cheminots", a-t-il ajouté à l'intention de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui mène ces consultations.

Jean-Claude Mailly, numéro un de Force ouvrière, a mis en garde le gouvernement contre l'accumulation des mécontentements.

"C'est à M. Macron de savoir s'il veut ou pas nous entendre", a-t-il dit en marge d'un congrès départemental du syndicat à Marseille en estimant que le président était dans un "bunker" à l'Elysée.

Cnnvergence (ou pas) des luttes

Dans le cortège parisien, Philippe Martinez n'a pas exclu un élargissement du mouvement après cette "première étape" et prône une "convergence des luttes". Il propose une journée nationale de mobilisation interprofessionnelle le 19 avril prochain, ce qui coïncide avec une journée de grève des syndicats de la SNCF.

Les syndicats sont toutefois loin d'être unis et, pour Laurent Berger, l'opposition systématique est stérile.

"La convergence des luttes, ce n'est pas la tasse de thé de la CFDT, pour une raison simple, c'est que la convergence des luttes, elle ne permet jamais d'avoir des résultats concrets", a-t-il dit sur RTL.

Les partis de gauche, qui ont signé un appel à unitaire à manifester, ont salué "un mouvement social d'une extraordinaire ampleur". Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a dit se fixer comme objectif de "faire céder" l'exécutif.

Mais le gouvernement, qui se dit "déterminé" à poursuivre les réformes, ne croit pas à un mouvement social dur et large qui paralyserait le pays, tout comme la plupart des experts du dossier social.

Selon un sondage Odoxa publié mercredi, une majorité de Français (55%) trouvent justifiée la grande journée de mobilisation de la fonction publique de jeudi, un soutien est quasi unanime (82%) chez les salariés du service public qui envisagent pour près d'un tiers d'aller manifester.

(avec Reuters)

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Commentaires 16
à écrit le 30/03/2018 à 12:50
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Laurent Berger, toujours aussi "collaborateur".

à écrit le 30/03/2018 à 12:44
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Laurent Berger, toujours aussi "collaborateur".

à écrit le 27/03/2018 à 11:12
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LE MARCHE DES TERS ONT DES CANDIDATS VALABLE? PUISQUE LA SNCF NA PAS VOULUE S EN OCCUPE ? LES FRANCAIS NE VEULENT PAS QUE DES TGV COMME IL ON DEJA ANNONCE D AUTRE ACHAT MAIS ILS VEULENT DES TER POUR ALLEZ DE VILLES EN VILLES EN PASSENT PARS DES PETIT...

à écrit le 23/03/2018 à 16:53
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Juppé nous avait fait le coup "je suis droit dans mes bottes" et il a fait marcher madame pendant quatre semaines... et est parti la queue (juppé) entre les jambes Macron lui s'en moque "j'ai raison "

le 25/03/2018 à 8:51
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Oui, c'est exact mais par rapport à 1995, il y a deux grands changements: nous sommes en 2018 et notre Président était Jacques Chirac; maintenant, c'est Emmanuel Macron.... Cordialement

le 25/03/2018 à 14:49
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oui Macron ......... cet inspecteur des finances (je ne les jamais aimés les ayant fréquentés dans nos controles) ne sait rien ne connais rien et veut changer la France.... en ressortant les veilleries qui n'ont pas marché oui_il faut modifier, et me...

à écrit le 23/03/2018 à 13:20
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Les donneurs d' ordre des "syndicats" ont participé hier 22 mars à cette mascarade de manifestation, empêchant clairement les Français de s'exprimer, les menaçant carrément de leur casser la gueule s'ils osaient entrer dans le cortège pour criti...

le 23/03/2018 à 13:56
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C'est vraiment intéressant ce que vous dites et ne m’étonnerait pas, l'européisme mortifère touchant autant la gauche que la droite, maintenant ce serait bien d'avoir un dossier plus étoffé quand même hein parce que ça casse pas trois pattes à un can...

à écrit le 23/03/2018 à 11:48
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Le peuple des protégés demande encore aux autres français de payer pour eux , leurs avantages et leur lutte de classe. Ils sont où les privilégiés qui, malgré leurs discours, ne défendent ni le service dit public ni l'égalité mais bien une positio...

le 23/03/2018 à 22:30
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SERVICE CLIENT= TOUT PAYANT.. Ca fait bien rigoler quand on connait l ' aversion culturelle française de refuser de payer le service...( même à l ' inter on est réputé pour cela) donc votre commentaire ne tient pas. "le secteur public " gagne plu...

à écrit le 23/03/2018 à 9:53
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Petit supplément gratuit. Les militants CGT n' ont qu' un problème, ce sont leurs cadres qui prônent l' autre impossible Europe amendable comme depuis 35 ans et qui traitent par commodité de rouge bruns -amalgamant tous ceux qui règlent le problè...

le 23/03/2018 à 14:00
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"Les militants CGT n' ont qu' un problème, ce sont leurs cadres qui prônent l' autre impossible Europe" J'y crois à ça mais ce serait bien de faire des articles ou de monter un dossier sérieux pour prouver cela qui ne ferait que démontrer la comp...

à écrit le 23/03/2018 à 9:50
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que macron ce rassure avec c réforme pour pomper le petits ouvrier le retraiter a partir de 2840e ont passeras a un autres la prochaine fois c ce foute des la gueule du peuple quand ont voit leurs salaire partie non déclarée au impotS ('privilége)...

à écrit le 23/03/2018 à 9:32
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Le syndicalisme en France ..? Ca démarre au coup de sifflet des Martinez et consorts et ça s' arrête au second coup de sifflet. Pourquoi ..? Les intérêts des Martinez, Bailly et Macron sont les mêmes, pro Ue et puisque les deux représentants princ...

à écrit le 23/03/2018 à 9:24
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Pour être efficace, les travailleurs de la route se doivent d'accompagner la grève des cheminots, les conducteurs qui travaillent avec leurs véhicules n'ont qu'à baisser leurs vitesses 50 kms en dessous de la vitesse limite, 10 kms à la place d...

à écrit le 23/03/2018 à 8:44
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CE sont pas les syndicats qui sont les patrons de nos dirigeants politiques, ce sont les propriétaires d'outil de production donc soit ils changent totalement leur façon de lutter dont l'oligarchie rigole bien en ce moment de ces vieilles méthodes de...

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