Grève des fonctionnaires et des cheminots : les syndicats mettent en garde le gouvernement

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JEAN-PAUL PELISSIER

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JEAN-PAUL PELISSIER
Les syndicats ont lancé jeudi un premier défi de grande ampleur à Emmanuel Macron avec des défilés de fonctionnaires dans toute la France et de cheminots à Paris, une mobilisation qui pourrait freiner les réformes du gouvernement si elle persiste.
Sept syndicats de fonctionnaires sur neuf (CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires), mais pas la CFDT, ont appelé à la grève pour protester contre la réforme de la fonction publique et défendre leur pouvoir d'achat.
Selon la CGT, quelque 180 cortèges ont défilé dans les villes de France contre le plan de départs volontaires pour les fonctionnaires, l'introduction d'une rémunération au mérite et le recours accru aux contractuels.
La CGT et FO ont annoncé une participation de 500.000 personnes, soit un chiffre plus élevé que le 10 octobre 2017, date de la dernière manifestation nationale des fonctionnaires. Le ministère de l'Intérieur et la préfecture de Paris ont calculé quant à eux un total de 323.000 manifestants.
Le ministère de l'Intérieur a fait état d'une participation de 16.500 personnes dans le cortège des cheminots, contre 25.000 selon les syndicats. Des heurts ont éclaté à Paris et Nantes entre forces de l'ordre et manifestants.
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Après cette première journée de mobilisation greffée sur celle des fonctionnaires à Paris, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT-Cheminots, l'UNSA-ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots) ont annoncé un mouvement de grève de deux jours sur cinq à partir du 3 avril et jusqu'au 28 juin pour enterrer la réforme de l'entreprise ferroviaire. Le mouvement intervient à la suite de la décision de l'exécutif. En effet, le gouvernement a prévu de ne plus recruter sous le statut de cheminot et de présenter un plan de compétitivité avant l'été pour préparer l'ouverture à la concurrence.
"C'est une vraie première mobilisation réussie pour les cheminots", a déclaré à Reuters Eric Meyer, le secrétaire fédéral de Sud-Rail. "Le gouvernement est prévenu, nous ne les laisserons pas faire."
De fortes perturbations ont eu lieu dans le trafic ferroviaire, avec seulement 40% de TGV, 25% de trains Intercités et 50% de TER. La SNCF a enregistré un taux de participation de 35,4% au mouvement. A la RATP, où les quatre syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD-RATP et FO) ont appelé à manifester, un trafic quasi-normal était assuré.
Le taux de participation au mouvement de grève s'est élevé à 11 à 12% dans la fonction publique, "un peu en recul par rapport à la dernière journée de mobilisation du mois d'octobre", a dit le secrétaire d'Etat à la fonction publique, Olivier Dussopt.
Ce dernier a ajouté sur BFM Business entendre les interrogations des fonctionnaires sur la réforme à venir mais précisé qu'ils disposaient de "neuf mois de discussions".
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a défendu une journée de mobilisation en forme d'alerte et appelé le gouvernement à accélérer le dialogue sur les réformes de la fonction publique et de la SNCF.
"Il reste dix jours pour discuter et montrer que les réunions et les concertations sont utiles pour les cheminots", a-t-il ajouté à l'intention de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui mène ces consultations.
Jean-Claude Mailly, numéro un de Force ouvrière, a mis en garde le gouvernement contre l'accumulation des mécontentements.
"C'est à M. Macron de savoir s'il veut ou pas nous entendre", a-t-il dit en marge d'un congrès départemental du syndicat à Marseille en estimant que le président était dans un "bunker" à l'Elysée.
Dans le cortège parisien, Philippe Martinez n'a pas exclu un élargissement du mouvement après cette "première étape" et prône une "convergence des luttes". Il propose une journée nationale de mobilisation interprofessionnelle le 19 avril prochain, ce qui coïncide avec une journée de grève des syndicats de la SNCF.
Les syndicats sont toutefois loin d'être unis et, pour Laurent Berger, l'opposition systématique est stérile.
Les partis de gauche, qui ont signé un appel à unitaire à manifester, ont salué "un mouvement social d'une extraordinaire ampleur". Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a dit se fixer comme objectif de "faire céder" l'exécutif.
Mais le gouvernement, qui se dit "déterminé" à poursuivre les réformes, ne croit pas à un mouvement social dur et large qui paralyserait le pays, tout comme la plupart des experts du dossier social.
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Selon un sondage Odoxa publié mercredi, une majorité de Français (55%) trouvent justifiée la grande journée de mobilisation de la fonction publique de jeudi, un soutien est quasi unanime (82%) chez les salariés du service public qui envisagent pour près d'un tiers d'aller manifester.
(avec Reuters)
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