Hippisme : pourquoi des courses sont annulées jeudi
latribune.fr

Les seuls précédents à l'annulation des courses en France remontent aux guerres mondiales et à la période du Covid.
Reuters
latribune.fr

Les seuls précédents à l'annulation des courses en France remontent aux guerres mondiales et à la période du Covid.
Reuters
Les amateurs de PMU ne pourront pas parier ce jeudi. Pour cause, et c'est un fait rarissime dans le monde hippique : la filière a annulé les courses prévues ce jour-là, afin d'accompagner une grève et une manifestation à Paris des organisations du trot et du galop. Pour se rendre compte, les seuls précédents à l'annulation des courses en France remontent aux guerres mondiales et, plus récemment, à la période du Covid.
La filière s'est alarmée la semaine dernière d'un amendement du gouvernement au projet de budget de la sécurité sociale prévoyant d'augmenter la fiscalité des jeux et paris, notamment hippiques. Pourtant, depuis, le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, a déclaré dimanche qu'il « ne (souhaitait) pas » que la filière des courses hippiques soit taxée. Et le lendemain, l'amendement a été rejeté par l'Assemblée nationale.
Mais pour la filière, la menace d'un alourdissement de la fiscalité n'est pas écartée.
« Ce sujet risque d'être à nouveau présenté au Sénat ou à tout autre moment dans le process d'adoption du budget et les courses ne doivent pas être une variable d'ajustement budgétaire », poursuivent-elles. « Il est primordial de faire comprendre à l'ensemble de la classe politique, à travers une forte mobilisation jeudi, que nous ne lâcherons rien car nos emplois sont en jeu », indiquent les organismes.
La filière prévoit donc d'organiser une manifestation à Paris jeudi après-midi, entre la place Denfert-Rochereau dans le 14e arrondissement et la place Vauban, derrière les Invalides. Si pour des raison de sécurité, les manifestants ne se déplaceront pas à cheval, il y aura quelques chevaux sur place, notamment avec le cascadeur équestre et dresseur italien Mario Luraschi. Les organisateurs attendent 5.000 personnes à cette manifestation et, afin de s'assurer la participation d'un maximum de professionnels, ils ont décidé d'annuler les courses.
Pour rappel, l'amendement du gouvernement prévoyait d'augmenter la taxe de 6,9% à 7,5% sur les produits brut des jeux des paris hippiques passés dans le réseau physique (PMU, hippodromes). Et de 6,9% à 15% pour les paris en ligne. Il prévoyait aussi d'augmenter la fiscalité des publicités et offres promotionnelles des opérateurs, du produit brut de certains jeux de casinos, du poker en ligne et des paris sportifs physiques (de 6,6% à 7,6%) et en ligne (de 10,6% à 15%).
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

« C'est un amendement qui permet d'harmoniser la fiscalité sur le produit brut des jeux », pour adresser notamment les plus dynamiques et les plus addictogènes, a indiqué mercredi Laurent Saint-Martin, interpellé sur le sujet par la députée de Mayenne Géraldine Bannier (Les Démocrates) lors de la séance de questions au gouvernement.
Rappelant que « le PMU finance la vie agricole de notre pays à hauteur de 600 millions d'euros par an », le ministre a déclaré : « Nous avons besoin de ces acteurs, de la filière équine et nous voulons la protéger ». « Nous avons donné un avis favorable au sous-amendement permettant de stabiliser la fiscalité à 7% et pas au-delà pour les paris hippiques physiques ou en ligne », a-t-il poursuivi.
À lire également
De son côté, Géraldine Bannier a souligné que « l'écosystème actuel est vertueux : 75% des enjeux sont reversés aux joueurs, 16% servent à financer la filière, font vivre l'écosystème des éleveurs, entraineurs, propriétaires, jockeys... ». Selon la député, « en 2023 le PMU a enregistré 9,3 milliards d'euros sur les enjeux hippiques et 837 millions d'euros ont été redistribués aux filières socio-professionnelles, la filière emploie pour rappel 70.000 personnes », a-t-elle affirmé.
(Avec AFP)
latribune.fr