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Impôts, coups de rabots : l'« effort » risque d'être porté par toutes les entreprises

latribune.fr

Publié le 07 octobre 2024 à 18:40 - Mis à jour le 08 octobre 2024 à 00:42

Les entreprises se montrent inquiètes à l'idée de voir les allègements de charges être rabotés par le gouvernement Barnier.

Les entreprises se montrent inquiètes à l'idée de voir les allègements de charges être rabotés par le gouvernement Barnier.

Ina Fassbender

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Parmi les entreprises, seules les plus grandes verront leur impôt augmenter en 2025 mais les autres participeront certainement aussi à l'effort national, en recevant moins d'aides publiques qu'actuellement.

C'est le casse-tête du gouvernement. Pour trouver 20 milliards d'euros de recettes supplémentaires en 2025 et contribuer à ramener le déficit public de 6,1% du PIB à 5%, l'impôt sur les sociétés (IS) taxant les bénéfices sera rehaussé « pendant un an ou deux », selon le Premier ministre Michel Barnier. Une mesure censée rapporter huit milliards d'euros l'an prochain. Le taux de l'IS a été progressivement abaissé de 33,3% à 25% depuis 2017, le soutien aux entreprises étant une priorité économique d'Emmanuel Macron.

Selon Les Echos, la mesure figurant dans le projet de budget qui sera présenté ce jeudi équivaudrait à porter à 30% en 2025 le taux d'IS pour les sociétés réalisant entre un et trois milliards d'euros de chiffre d'affaires, et à 35,25% au-delà. Une redescente serait ensuite prévue en 2026, respectivement à 27,5% et 30%. Environ 300 grandes entreprises seraient concernées.

Patrick Martin, le président du Medef qui représente beaucoup d'entreprises visées, est« prêt à discuter »d'une telle mesure, mais à condition que le gouvernement« considère »d'abord une série d'économies.

Cependant, de nombreux députés du groupe macroniste Ensemble pour la République, notamment Gérald Darmanin et Gabriel Attal, s'y opposent. Pour le député du Bas-Rhin Charles Sitzenstuhl, « toucher à l'IS serait une véritable erreur économique », risquant « d'affaiblir ces entreprises à l'international », affirme-t-il à l'AFP. Au contraire, Philippe Bruneau, président du Cercle des fiscalistes régulièrement consulté par les pouvoirs publics, considère que « si ce n'est que ça » qui attend les entreprises, « ce n'est pas très grave ».

Efforts sur les« aides aux entreprises »

Car l'effort général de 40 milliards d'euros d'économies à réaliser, en plus des 20 milliards de recettes supplémentaires, devrait en effet les toucher toutes, à en croire une source gouvernementale : « Il y aura des efforts (d'économies) sur les aides aux entreprises. »

« Malheureusement, quand on creuse, on se rend compte que tout le monde est concerné », et pas seulement les grandes entreprises, a déploré ce lundi sur RMC le secrétaire général de la CPME, Jean-Eudes du Mesnil du Buisson.

Ce qui inquiète très fortement les patrons : selon la dernière Grande Consultation des entrepreneurs réalisée en exclusivité pour CCI France, La Tribune et LCI, 51% des chefs d'entreprise réclament le maintien des aides ciblées aux entreprises.

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Car Michel Barnier a aussi sous la main le rapport sur les « aides aux entreprises » commandé en novembre à l'Inspection générale des finances (IGF) par l'ex-Première ministre Elisabeth Borne, véritable catalogue d'économies possibles. Réparties en 380 dispositifs, ces aides ont coûté 88 milliards d'euros en 2022 à l'Etat et à la Sécurité sociale.

Les« allègements de charge »en ligne de mire

« Ce qui embêterait plus les entreprises » que la hausse de l'IS, ce serait « une remise en cause des allègements de charges » patronales, remarque Philippe Bruneau. Le gouvernement semble pourtant décidé à réviser la pente de ces allègements, pour éviter de cantonner les salariés trop longtemps au Smic, là où ces exonérations sont au maximum. C'est ce que recommande le rapport des économistes Antoine Bozio et Etienne Wasmer, publié jeudi.

Mais ces recommandations sont formulées à coût constant pour les finances publiques. Or, le gouvernement semble bien décidé à aller plus loin, et à récupérer 5 milliards par an pendant trois ans sur ces allègements.

« Clairement, ça veut dire une augmentation du coût du travail, ce n'est clairement pas ce qu'on demandait », a relevé Jean-Eudes du Mesnil du Buisson.

La CPME s'est aussi alarmée ce lundi dans un communiqué d'un éventuel transfert aux entreprises d'une partie du coût des arrêts-maladie actuellement supportée par la Sécurité sociale, ou de possibles hausses de fiscalité sur les véhicules de fonction, le transport aérien ou les casinos.

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Les entreprises ont reçu « 100 milliards » d'argent public « entre la crise Covid et celle de l'inflation », rappelle la source gouvernementale. Comme pour parer aux possibles protestations.

(Avec AFP)

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