Industrie du futur : France et Allemagne investissent 12 millions d'euros

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L'Allemagne et la France veulent accélérer la numérisation de l'industrie.
L'Allemagne et la France veulent accélérer la numérisation de l'industrie. (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Christophe Sirurgue a annoncé une première enveloppe d'un million d'euros à destination de l'académie franco-allemande pour l'industrie du futur. Ce montant n'est que la première étape d'un financement qui s'étalera sur cinq ans.

Paris et Berlin renforcent leur coopération dans le domaine de l'innovation. Le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirurgue, a annoncé mercredi 22 mars à Saint-Etienne, un premier investissement d'un million d'euros de la part du gouvernement pour le lancement de l'académie franco-allemande pour l'industrie du futur. Cette annonce marque le début officiel du projet. Le secrétaire d'Etat a précisé que l'Allemagne "devrait à son tour prochainement abonder" cette première enveloppe.

La recherche et l'innovation au cœur du projet

L'académie franco-allemande prévoit le déploiement "d'une offre scientifique, technologique et pédagogique" entre les deux pays voisins. Initié par les gouvernements français et allemand lors de la première conférence sur le numérique d'octobre 2015, l'instauration de ce projet a été déléguée à l'Institut Mines-Télecom* et l'université technique de Munich (TUM). L'académie prévoit de mettre en place cinq projets dès 2017 "dans les domaines des cyberarchitectures sécurisées et des coopérations interconnectées, deux écoles d'été et un MicroMaster certifiant appuyé par des pédagogies numériques comme des MOOC". Pour le professeur Klaus BENGLER de l'université de Munich, membre du comité de pilotage de l´académie :

"L´initiative d'une académie franco-allemande pour l'Industrie du futur de l´université technique de Munich et de son partenaire l´Institut des mines fournit la base idéale pour relever le challenge de la quatrième révolution industrielle dans laquelle s'engagent nos deux pays. La contribution française nous permet de démarrer dès cette année les premiers projets scientifiques d´envergure".

La coopération entre les deux établissement vise également à mettre en place un diplôme commun.

Favoriser la circulation des entrepreneurs et chercheurs

L'un des principaux objectifs est de motiver les entrepreneurs allemands et français à favoriser les échanges et la circulation des entrepreneurs et des chercheurs dans le domaine des startups notamment. Les initiateurs du projet veulent également modifier le programme d'échanges "Erasmus pour les jeunes entrepreneurs" afin de l'ouvrir à l'ensemble des pays membres de l'Union européenne.

Les deux pays veulent également faciliter la coopération entre les banques de développement nationales pour améliorer le financement de la transition numérique dans les petites et moyennes entreprises. Les banques de développement nationales veulent renforcer leurs actions dans les fonds d'investissements transfrontaliers.

Dernièrement, la société d'investissements française Partech Growth a bénéficié d'un soutien de ce type. Cette dernière a par la suite réalisé son tout premier investissement en France au mois de décembre dernier dans la société EcoVadis. Cet éditeur de logiciels a développé un outil qui permet aux grands groupes d'évaluer la performance environnementale et sociale de leurs fournisseurs.

    | Lire EcoVadis, la startup qui note la RSE des entreprises, lève 30 millions d'euros

Les nouvelles technologies au centre des priorités

Outre cet investissement dans les programmes de recherche et d'innovation dans des centres universitaires et grandes écoles, les deux pays veulent mettre l'accent dans sept domaines spécifiques pour l'industrie du futur :

  •  le Big Data en favorisant la coopération entre les entreprises et les instituts de recherches;
  •  la coopération transfrontalière pour les pôles de compétitivité. Un bureau a été créé à Paris pour aider les pôles de compétitivité français à trouver des centres de recherches allemands appropriés ;
  •  la coopération dans les domaine des nanotechnologies ;
  •  la microélectronique qui est une technologie clé pour les innovations ;
  •  l'amélioration de la sécurité et de la transparence des services de cloud pour les PME ;
  •  le développement des réseaux intelligents. Les gouvernements s'engagent à développer une numérisation de l'éducation, la santé, l'énergie, les transports et l'administration publique ;
  •  le développement de la facturation électronique pour accélérer les paiements et améliorer la situation économique des entreprises ;
  •  la promotion du logiciel libre dans le monde de l'industrie.

>> Aller plus loin Le logiciel libre est-il un outil adapté aux entreprises ?

*Avec 13.000 étudiants et 1.800 enseignants-chercheurs et personnels de recherche, l'institut Mines-Télécom est le premier groupe français pour la formation d'ingénieurs (7% des ingénieurs dont 10 % des ingénieurs en formation par apprentissage).

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Commentaires
a écrit le 24/03/2017 à 9:05 :
12 millions, pfiou !

Le futur et l'europe ça fait deux.
a écrit le 23/03/2017 à 20:40 :
pendant ce temps, les Chinois ont décidé d'investir 30 milliards de $ pour créer une filière de processeurs concurrente de celles d'Intel et Qualcomm. L'indépendance étant à l'honneur en ces temps de références récurrentes au général De Gaulle, y compris de la part de ses plus féroces ennemis de l'époque (FN) voilà un exemple dont on pourrait s'inspirer. malheureusement, on a l'ambition industrielle qu'on mérite à une époque où ça n'émeut plus grand monde, pas même le medef dont la pathétique vision s'arrête aux baisses de charges, de voir la part industrielle de notre PIB passer à 10% alors qu'elle était encore à 20% dans les années 80. GAgeons que les Macron et consort feront tout leur possible pour la faire baisser encore un peu plus.
a écrit le 23/03/2017 à 17:59 :
excellent initiative qui pourrait s'étendre à d'autres domaines; En terme de création et de progrès, on est toujours plus intelligents à plusieurs et en fédérant nos énergies et nos capacités financières. Si cette initiative pouvait inciter les autres états de l'UE à venir se joindre au "couple" franco-allemand, l'Europe avancerait dans la bonne direction, c'est à dire dans la technologie et l'innovation et non dans la bureaucratie qui est un repoussoir même pour les plus convertis.

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