L'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua est décédé

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L'ancien ministre avait mis un terme en 2011 à sa carrière politique, marquée par une part d'ombre liée à ses activités au sein de services d'ordre parallèles, ses réseaux africains et ses démêlés judiciaires.
L'ancien ministre avait mis un terme en 2011 à sa carrière politique, marquée par une part d'ombre liée à ses activités au sein de services d'ordre parallèles, ses réseaux africains et ses démêlés judiciaires. (Crédits : © POOL New / Reuters)
A 88 ans, l'ancien député et sénateur s'est éteint dans un hôpital de Suresnes. Gaulliste convaincu, il avait participé au gouvernement Chirac en 1986-1988, puis à celui d'Edouard Balladur en 1993-1995. Souvent inquiété par la justice, il a été condamné plus d'une fois mais n'a jamais fait de prison.

Il était l'un des piliers de la famille gaulliste et le parrain politique de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.  Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur et ex-sénateur des Hauts-de-Seine, est décédé ce lundi 29 juin à 88 ans.

Le président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian (Les Républicains), en faisant part de la "profonde tristesse" de l'ensemble des élus du département, a précisé dans un communiqué que Charles Pasqua est décédé à l'hôpital Foch de Suresnes.

Condamné dans deux dossiers

L'ancien ministre avait mis un terme en 2011 à sa carrière politique, marquée par une part d'ombre liée à ses activités au sein de services d'ordre parallèles, ses réseaux africains et ses démêlés judiciaires. Il était apparu la dernière fois en public le 30 mai pour le congrès fondateur des Républicains.

Cité dans près d'une dizaine d'affaires (financement politique, vente d'armes à l'Angola), Charles Pasqua avait été condamné définitivement en 2010 dans deux dossiers: à 18 mois de prison avec sursis pour le financement illégal de sa campagne européenne de 1999, via la vente du casino d'Annemasse (Haute-Savoie), et à un an avec sursis par la Cour de justice de la République (CJR) dans l'affaire des détournements de fonds au préjudice de la Sofremi (exportation de matériel de sécurité).

Gaulliste convaincu

Né le 18 avril 1927 à Grasse (Alpes-Maritimes), Charles Pasqua, petit-fils de berger corse, s'était engagé à 16 ans dans la résistance et, gaulliste convaincu, il avait adhéré dès 1947 au Rassemblement du peuple français (RPF). Il avait fait carrière dans la société Pernod-Ricard.

Pièce maîtresse de l'équipe de Jacques Chirac dans les années 80, il était devenu ministre de l'Intérieur en 1986-1988 dans le gouvernement Chirac. Il avait à nouveau occupé cette fonction avec rang de ministre d'Etat en 1993-1995 dans le gouvernement d'Edouard Balladur, qu'il avait d'ailleurs préféré à Chirac lors de la présidentielle de 1995.

Rival puis proche de Sarkozy

Pilier des Hauts-de-Seine, département qu'il a présidé de 1973 à 1976 et de 1988 à 2004, ancien député et ancien sénateur, il s'était fait souffler la mairie de Neuilly-sur-Seine en 1983 par un jeune et ambitieux Nicolas Sarkozy, dont il avait contribué à l'ascension et dont il était redevenu proche par la suite.

Il avait claqué la porte du RPR en 1999 pour fonder et présider un temps le Rassemblement pour la France (RPF), parti souverainiste, à la tête duquel, associé avec Philippe de Villiers, il avait fait un meilleur score que la liste RPR-DL de Nicolas Sarkozy.

(Avec AFP)

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a écrit le 01/07/2015 à 8:41 :
Monsieur Pasqua etait un grand, de la même forge que le Général et tous ceux de la résistance de la première heure. Rien à voir avec les chamalows d'aujourd'hui...
a écrit le 30/06/2015 à 18:08 :
Quel que soit sa carrière par la suite, il ne faut pas oublier que M. PASQUA a été Résistant à une période où les personnes qu'on trouvait à LONDRES n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui.
Et rien que pour cela, il mérite un profond respect.
a écrit le 30/06/2015 à 16:30 :
On dit qu'il était le menteur de Jacques Chirac. Errr.. le mentor.
a écrit le 30/06/2015 à 16:28 :
Pasqua aurait été digne de tenir un beau role dans un vieux "Lautner" ou un vieil "Audiard " des années 60. On lui prete également quelques talents de magouilleurs...pourquoi pas ?
Ce qui est sur, c'est qu'il a incarné une certaine autorité physique de l' Etat et de la République: "on va terroriser les terroristes" ou alors "Le forcené et mort". Il y a eu aussi à son passif ,hélas, quelques bavures.
Réponse de le 30/06/2015 à 19:46 :
Plutôt que dans des films de Lautner ou Audiard je l'aurais bien casté dans les Soprano...avec en "second rôles" les BALKANY ?!
a écrit le 30/06/2015 à 10:19 :
Monsieur "grandes oreilles" de la République disparait et c'est tout un symbole des incongruités en politique. Pour l'absoudre de ses turpitudes passées, il a été blanchi par la fameuse machine à laver qu'est la "Haute cour de justice de la République".

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