Ce mardi était présenté le traditionnel rapport annuel « Charges et produits » de l'Assurance maladie. Un moment attendu pour le secteur, en amont des discussions parlementaires sur le prochain budget de la Sécurité sociale proposé à la rentrée. Ce rapport se veut « plus structurel et plus offensif », a commencé Thomas Fatôme, le directeur général de l'Assurance maladie. « Nous sommes à un tournant si nous voulons garantir la soutenabilité du système. »
Et pour cause, le déficit de l'Assurance maladie est estimé à 16 milliards d'euros pour 2025 et pourrait atteindre 41 milliards d'euros en 2030, si rien n'est fait. La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) présente donc 60 propositions qui seront soumises au conseil de la Cnam le 3 juillet, avant d'être présentées aux parlementaires. Si certains leviers d'actions sont redondants, comme la lutte contre la fraude, d'autres vont sûrement faire parler d'eux dans les prochaines semaines.
C'est le cas, par exemple, d'une mesure de bonus ou malus pour les entreprises qui auraient plus ou moins d'arrêts de travail courts par rapport à une moyenne comparable dans leur domaine. Cette proposition s'inspire de celle, déjà appliquée pour les entreprises, des accidents de travail.
« Nous voulons porter une politique équilibrée sur tous les acteurs. Des sanctions existent déjà pour les assurés, les médecins font l'objet de surveillance, mais il n'y a rien sur les entreprises », justifie Marguerite Cazeneuve, directrice déléguée de l'Assurance maladie.