L'e-commerce français a dépassé en 2021 les records atteints pendant le Covid

L'e-commerce français se porte très bien, d'après le rapport annuel de la Fevad. Le secteur n'a pas fléchi suite à la croissance exceptionnelle de 2020, liée en grande partie aux restrictions sanitaires du Covid. Il a même réussi à reprendre sa progression d'avant-crise en 2021. Les Français sont de plus en plus nombreux à acheter en ligne, et ils le font en moyenne à un rythme et à des montants plus élevés.
François Manens
(Crédits : Reuters)

Après une année 2020 exceptionnelle sous tous les aspects, une grande question se posait pour l'e-commerce français : allait-t-il revenir à son niveau d'avant-crise ? Les derniers chiffres du rapport annuel de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) viennent calmer ces inquiétudes. Non seulement l'e-commerce français a absorbé la croissance liée au Covid, mais il est aussi parvenu à reprendre sa dynamique d'avant-crise. "Le Covid n'a pas déclenché de révolution, mais il a accéléré une tendance qui existait déjà. On a gagné 3 à 4 ans dans la trajectoire de croissance", avançait dans La Tribune le directeur général de la Fevad Marc Lolivier.

Avec un chiffre d'affaires de 129,1 milliards d'euros en 2021, le secteur affiche 15,1% de croissance par rapport à 2020 et 24,9% par rapport à 2019. Avec ces indicateurs, la France suit la dynamique de l'e-commerce à l'échelle européenne (+13%) et mondiale (16,3%). Dans le détail, la croissance annuelle s'appuie surtout sur une reprise de la vente de services (loisirs, transports, tourisme) à +24% après une année de récession liée à la pandémie. La vente de produits n'affiche quant à elle que 7% de progression sur l'année - un chiffre tout de même rassurant après un boom historique de 32% en 2020.

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L'e-commerce fidélise ses consommateurs

1,5 million de Français s'étaient tournés pour la première fois vers l'e-commerce en 2020, et ils sont pour la plupart revenus en 2021. "La deuxième année de pandémie a été une année de fidélisation" constate le rapport, tout en relevant que seulement 153.000 nouveaux consommateurs ont acheté en ligne 2021. Ce qui reste une victoire pour l'écosystème.

En tout, 41,8 millions de Français (80% des internautes) ont réalisé des achats sur internet. Si ces derniers passent encore à 78% par l'ordinateur pour effectuer leurs achats, ils sont pour la première fois plus de 50% (à 58%), à utiliser leur smartphone pour leurs commandes. Un chiffre dont se réjouit particulièrement la Fevad, puisque symbolique d'une métamorphose des usages.

Autre bonne nouvelle pour le secteur : non seulement les acheteurs sont majoritairement revenus, mais ils font plus d'achats (de 3,7 à 4,2 transaction par mois) pour des dépenses en ligne plus élevées (de 2.700 euros euros à 3.100 euros sur l'année). En tout, le rapport comptabilise 2,14 milliards de transactions en ligne sur l'année, soit 16% de plus qu'en 2020. Cette dynamique s'explique à la fois par les changements de mode de consommation des Français et par les changements de stratégie des commerces vers le multicanal (à la fois physique et en ligne), qui se traduit par une augmentation de 11% du nombre de sites marchands.

Les sites d'e-commerce se multiplient, mais la tête d'affiche reste sans surprise la même, et de loin : Amazon. Plus de 52% des acheteurs en ligne ont commandé au moins une fois sur la plateforme américaine. Son dauphin dans le classement, l'entreprise française Cdiscount, n'a attiré qu'un peu moins d'un acheteur en ligne sur quatre. Mais il est suivi de la Fnac, Leclerc et Decathlon, signe du succès des plateformes françaises auprès des consommateurs locaux, au-delà de l'hégémonie Amazon.

L'e-commerce toujours loin d'avaler le commerce traditionnel

Bien que les enseignes de commerce traditionnelles tirent régulièrement la sonnette d'alarme, la vente en ligne reste largement minoritaire face à la vente en physique. Certes, en 2020, l'e-commerce avait grappillé 3,8 points dans le chiffre d'affaires total du commerce de détail de produits. Mais il n'avait "que" dépassé la barre des 10%. En 2021, il a de nouveau augmenté, de 0,7 point à 14,1%, un rythme similaire à celui d'avant-crise. Autrement dit : les effets de la vague Covid ont perduré, mais la déferlante n'a pas continué.

2022 devait marquer le vrai retour à la normale -puisque 2021 a eu son lot de mesures sanitaires-, mais la guerre déclarée par le Russie contre l'Ukraine devrait une fois de plus bouleverser les prévisions.

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François Manens

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