E-commerce : boosté par le Covid-19, jusqu'où peut-il s'imposer ?
François Manens
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... endre des parts au commerce physique. Un tel bond pose plusieurs questions. Jusqu'où l'e-commerce peut-il aller ? A quel rythme ? Va-t-il tuer le commerce physique ou va-t-il s'installer une forme de complémentarité ? Décryptage.
Où s'arrêtera la révolution du e-commerce ? Va-t-il tuer le commerce physique? Depuis maintenant plus de 20 ans, le commerce en ligne grignote inexorablement des parts au commerce physique sans pour autant dynamiter le marché. "La révolution de l'e-commerce est plus lente que celle de la grande distribution, mais elle est plus profonde car elle touche tous les secteurs, ainsi que la façon de consommer", diagnostique Marc Lolivier, directeur général de la fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).
Lire ici : l'entretien avec Vincent Chabault, sociologue à l'Université de Paris, spécialiste du commerce et de la consommation : « Avec le e-commerce, on arrive au bout de l'individualisation de la consommation »
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Malgré les impressions, l'e-commerce reste encore largement minoritaire en France. D'après le dernier rapport annuel de la Fevad, il ne représentait que 13,1% des ventes du commerce de détail en 2020, soit 60,6 milliards d'euros sur les 462,6 milliards d'euros du marché français. Cette part aurait augmenté d'un point et donc dépassé les 14% en 2021, signe d'une continuité de la croissance au-delà du contexte sanitaire exceptionnel. Mais le constat n'en reste pas moins surprenant : 86% du commerce de produits se fait encore en magasin ! D'un côté, cette répartition des ventes entre numérique et physique fait tout de même de la France un des marchés les plus matures au monde, proche du niveau des Etats-Unis et de l'Allemagne. Mais de l'autre, elle reste encore bien éloignée du champion européen, le Royaume-Uni, dont la population fait plus de 30% de ses achats en ligne, ou encore du leader toutes catégories, la Chine, où l'e-commerce devrait avaler plus de 50% des ventes dès cette année, d'après eMarketer.
François Manens