L'écart entre les taux d'emprunt français et allemand à un niveau record
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Le rendement des emprunts de l'Etat français à dix ans ressortait à 3,05% mardi vers 17H20 GMT et son équivalent allemand était à 2,18%.
ANTONIO BRONIC
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Le rendement des emprunts de l'Etat français à dix ans ressortait à 3,05% mardi vers 17H20 GMT et son équivalent allemand était à 2,18%.
ANTONIO BRONIC
Si le gouvernement tombe, « il y aura une tempête probablement assez grave et des turbulences graves sur les marchés financiers », a mis en garde Michel Barnier, le Premier ministre, mardi soir sur TF1. « Nous empruntons déjà très haut nos taux d'intérêt, les taux d'intérêt que nous sommes obligés de respecter pour financer notre dette avec des investisseurs chinois ou américains. Ils sont actuellement presque au niveau de la Grèce ».
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En effet, le rendement des emprunts de l'Etat français à dix ans ressortait à 3,05% mardi vers 18h20 à Paris et son équivalent allemand était à 2,18%. L'écart, appelé « spread », s'élève donc à 0,87 point de pourcentage, du jamais vu depuis 2012. Or, cet écart de taux « constitue un indicateur de choix pour mesurer la confiance accordée à la France face à l'Allemagne et à ses perspectives » économiques, explique John Plassard, spécialiste de l'investissement pour Mirabaud. « En cause, le projet de loi de finances, rejeté à l'Assemblée, a commencé son examen en séance publique au Sénat », a-t-il poursuivi.
Pour les marchés, « la question est de savoir si le Rassemblement National (RN) s'abstiendra lors du vote de confiance ou non » explique Marine Mazet, stratégiste taux chez Nomura. « Les partis du centre et de la droite vont voter pour Michel Barnier, le Nouveau Front Populaire (NFP) contre, et le RN se retrouve faiseur de roi », prédit-elle.
Dans ce contexte, savoir « combien de compromis Barnier va faire et combien cela va coûter » est source d'inquiétude pour les investisseurs, résume Marine Mazet. Si le gouvernement tombe fin décembre, « l'instabilité politique et fiscale s'aggravera à un moment où il n'y aura que peu de liquidités sur les marchés, ce qui pourra donner lieu à des mouvements exacerbés », a détaillé la stratégiste.
De son côté, Marine Le Pen a écarté tout risque d'un shutdown en France, une situation américaine où les fonctionnaires fédéraux ne sont pas payés et les services publics sont bloqués en l'absence d'accord au Congrès sur un budget. « Même en cas de censure, l'impôt serait levé, les fonctionnaires payés, les pensions versées et les soins médicaux remboursés », a soutenu mardi dans Le Figaro le cheffe de file des députés RN.
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Certes, l'Allemagne fait aussi face à une crise politique, alors que la coalition d'Olaf Scholz a explosé début novembre. Mais le pays « a, contrairement à la France, des marges de manœuvre budgétaire conséquentes, ce qui permet de ne pas effrayer les marchés », explique Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie de marché de Natixis IM.
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La France a, elle, rendez-vous vendredi avec l'agence de notation Standard and Poor's qui doit livrer son verdict concernant la note du pays. Cette notation survient au moment où Paris fait toujours l'objet d'une procédure pour déficit excessif auprès de la Commission européenne. Avec un déficit public en net dérapage, attendu cette année à 6,2% du produit intérieur brut selon Bruxelles, la France affiche la pire performance des Vingt-Sept à l'exception de la Roumanie, et reste très loin du plafond de 3% autorisé par les règles de l'UE.
(Avec AFP)
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