L'économie française résiste au second trimestre

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L'enquête de conjoncture de la Banque de France pour avril
fait apparaître une baisse d'un point de l'indicateur du climat
des affaires dans l'industrie, à 99. Il repasse ainsi sous le
seuil de 100 pour la première fois depuis janvier.
L'enquête de conjoncture de la Banque de France pour avril fait apparaître une baisse d'un point de l'indicateur du climat des affaires dans l'industrie, à 99. Il repasse ainsi sous le seuil de 100 pour la première fois depuis janvier. (Crédits : Benoit Tessier)
La croissance économique française devrait atteindre 0,3% au deuxième trimestre, soit un niveau similaire à celui des trois premiers mois de 2019, selon une première estimation dévoilée lundi par la Banque de France.

C'est un soulagement pour le gouvernement. Selon les dernières prévisions de la Banque de France publiées ce lundi 13 mai, la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait atteindre 0,3% au second trimestre. Cette estimation est conforme aux dernières prévisions réalisées pour le premier trimestre par la Banque de France. Elle est en revanche légèrement inférieure aux projections de l'institut national des statistiques et des études économiques (Insee) publiées le 19 mars dernier (0,4% pour le second trimestre).

> Lire aussi : La croissance française résiste mieux que prévu

Rebond dans les services

Le maintien de l'activité dans l'économie française est largement imputable au dynamisme des services marchands. D'après l'enquête menée par l'institution bancaire, les chefs d'entreprise anticipent une hausse de l'activité en mai. Si l'activité générale croît modérément, les services techniques, la publicité, l'édition et l'informatique sont les plus dynamiques. Dans le tertiaire, l'indice du climat des affaires s'établit à 100 au mois d'avril après 101 en mars. Au niveau de l'emploi, l'intérim est "atone", mais les dirigeants signalent une hausse des effectifs par rapport à mars.

Dans le bâtiment, le tableau est moins favorable. L'activité du secteur marque le pas, plus spécifiquement dans le gros oeuvre. Malgré ce coup de frein, "les carnets de commandes se maintiennent à un haut niveau, et les prix des devis augmentent". Pour le mois de mai, les dirigeants interrogés prévoient une activité plus dynamique par rapport à avril.

Du côté de l'industrie, la production a ralenti au mois dernier.

"Elle est dynamique dans la pharmacie et les équipements électriques, mais recule dans l'automobile et le caoutchouc-plastique", expliquent les économistes.

L'activité n'a cessé de reculer entre février et avril, mais devrait retrouver des couleurs au mois de mai. La transition entre décembre et janvier a été particulièrement difficile sur le plan de la production d'après les chiffres communiqués par la banque de France.

Une croissance dopée au pouvoir d'achat

Les dernières projections de l'Insee montrent que l'économie française est largement dopée par la consommation et le pouvoir d'achat des Français. Les dépenses de consommation des ménages devraient rebondir durant les deux premiers trimestres (0,5% et 0,4%) après un dernier trimestre 2018 très morose (0% au T4 2018). Les mesures d'urgence économiques et sociales en faveur des revenus modestes annoncées par le président Emmanuel Macron en fin d'année sont venues soutenir le porte-monnaie des foyers ayant une forte propension à consommer. La revalorisation et l'élargissement de la prime d'activité, l'annulation de la hausse de la contribution sociale générale (CSG) pour les retraités ayant des revenus inférieurs à 2.000 euros, la désocialisation et la défiscalisation des heures supplémentaires conjuguée à une dynamique des salaires ont commencé à doper le pouvoir d'achat d'un nombre de ménages modestes.

Dans ses dernières prévisions économiques, l'Observatoires français des conjonctures économiques (OFCE) rappelait en détail que l'économie "serait tirée par la forte augmentation du pouvoir d'achat (+2,5 %), soutenue par les mesures socio-fiscales redistribuant aux ménages près de 12 milliards d'euros sur l'année (+0,8 point de revenu disponible brut)".

Lire aussi : Le pouvoir d'achat devrait doper l'économie en 2019

Des prévisions de croissance en baisse pour 2019

Malgré un maintien du rythme d'activité entre le premier et le second trimestre selon la dernière note de la Banque de France, les perspectives pour 2019 sont plus sombres. En effet, la Commission européenne a abaissé ses prévisions de croissance pour 2019 la semaine dernière dans une note. Le PIB devrait passer de 1,5% en 2018 à 1,3% en 2019 contre 1,7% et 1,6% à l'automne dernier.

Dans le document consacré à la France, l'institution basée à Bruxelles explique si la demande intérieure va soutenir l'économie, "un déclin prolongé des carnets de commandes à l'international pourrait se traduire par un ralentissement plus profond des investissements d'entreprises et des exportations".

Les économistes de la Commission prévoient que "les investissements d'entreprise devraient ralentir, mais se maintenir à un niveau relativement dynamique, comme les enquêtes peuvent le montrer. Par contre, les investissements des ménages devraient reculer en 2019 en lien avec la chute des permis de construire, avant de s'améliorer légèrement à partir de 2020".

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Commentaires
a écrit le 14/05/2019 à 11:18 :
Oui notre economie va mieux dans une mondialisation très compétitive, oui notre croissance economique va mieux donc on pourra dire dans le futur de dire que notre chômage s'amenuise et que l'on ira vers le plein emploi. Il nous faut continuer a nous battre dans une europe plus liberale que jamais, dans une mondialisation de plus en plus importante. Oui notre économie va beaucoup mieux et nous le devons aux décisions presidentielle et de notre gouvernement démocrate.
Réponse de le 14/05/2019 à 14:51 :
Vous pouvez aussi continuer à mettre des cierges à l’église pour que tous vos vœux se réalisent !!! Il y a gros à parier qu’en 2022 on poussera encore devant nous tous les problèmes de fonds dus Pays que le Président a trouvé en arrivant, il y a déjà deux ans !!!
a écrit le 13/05/2019 à 19:54 :
Ce qui compte c'est le reste à vivre
Ce qui compte c'est pas la croissance seule mais déflatée de l'inflation, quelle est l'inflation? faut il compter sur les chiffres de l'insee juge et partie qui fabrique ce chiffre afin de calculer les allocations ?

Les gilets jaunes meilleurs économistes de france ?
a écrit le 13/05/2019 à 18:23 :
Génial !! Nous continuons donc de faire aussi mal qu'avant. La Gb continue à faire mieux que nous.... Et pourtant ne sommes-nous pas collectivement la seconde économie mondiale. Pourquoi n'y a-t-il donc pas de croissance en France ?
a écrit le 13/05/2019 à 16:43 :
Quand on pense qu'il suffit que les gens aient des sous pour consommer et tirer la croissance!
On se demande pourquoi on n'y pense pas avant que les rues ne soient "jaunes". Ça éviterait tous les débordements, destructions et autres tracasseries que nous subissons depuis 6 mois. Ça creuse la dette? Et alors, puisqu'elle tellement colossale chez nous et dans le Monde qu'on sait très bien qu'elle ne sera jamais remboursée.
Réponse de le 13/05/2019 à 18:24 :
Vous oubliez les intére^ts que nous devons payer tous les ans qui est le 2me poste de dépenses du pays. - plus de 40 milliards d'euros.
Réponse de le 13/05/2019 à 19:29 :
La relance de la consommation par l'augmentation des salaires non seulement crée de la dette (le salaire des fonctionnaires représentent un quart du budget de l'état) pour laquelle il faut payer des intérêts, mais creuse un peu plus le déficit du commerce extérieur, car nous importons énormément. Contrairement à ce croit un gilet jaune, il n'y a jamais de solutions simples aux problèmes multidimensionnels. Il n'y a qu'à et il faut qu'on, c'est uniquement bon pour se faire valoir au café du commerce.
Réponse de le 13/05/2019 à 22:23 :
Faire de la politique de relance par le déficit revient à creuser la dette, augmenter les paiements d'intérêts chaque année, don creuser encore le déficit. Un cercle vicieux. Par ailleurs, donner plus d'argent à tous pour acheter des TV asiatiques revient à financer la croissance des autres pays puisque le pays importe plus qu'il n'exporte. En clair, vous proposez de vous enrichir quelques mois pour financer la croissance des autres pays et appauvrir le reste de votre vie. Les déficits pour le croissance fonctionnent dans des économies protégées à leurs frontières.
a écrit le 13/05/2019 à 15:54 :
Merci les Gilets Jaunes,

plus efficaces qu'Attali, Jouyet, Arnault, Niel, Drahi, l'institut Montaigne, Teach 4 France and Co
a écrit le 13/05/2019 à 14:32 :
Pas mal ! Presque aussi bien que les anglais ! :D

"GB: vigoureuse croissance de 0,5% au premier trimestre (officiel)" https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/GB-vigoureuse-croissance-de-0-5-au-premier-trimestre-officiel--28574177/
Réponse de le 14/05/2019 à 10:44 :
La City-LSE reste toujours un paradis fiscal, reine du négoce et de l'or, matière très recherchée depuis 2018. Le LSE est plus soutenu par les entreprises américaines que britanniques. Britanniques, une espèce en voie de disparition avant même la montée des eaux alors même que l'Ile abrite le LME (London Metal Exchange), ironique. Londres a profité de la hausse de demande d'or, mais aussi du fait que la Chine a fermé de nombreuses usines. Le cuivre a pris + de 30%, le nickel quasiment autant. Le zinc + de 25% depuis septembre 2018. De plus en prévision de Brexit les entreprises britanniques ont stocké plus de matières, produits et de pièces à assemblées qu'a l'habitude ce qui a gonflé artificiellement la croissance.
Offshore et flux, sièges US, et un gros parc de boites à lettres étrangères, un monde de fonctionnement en mode survie, du vent qui va l'encontre des demandes citoyennes qui demandent plus de redistributions et d'équilibres fiscaux et sociaux entre nations.
Sinon, on attend le Brexit acté.
Une fois le Royaume-Uni dégagé, nous aurons un empêcheur d'unité européenne de moins. Bon voyage
Ecartelé entre la Chine-Hong Kong, les Etats-Unis et la Russie, de britannique il ne restera que la langue.
D'ailleurs le Royaume-Uni a fait illusion en 2018 sur sa balance commerciale grâce à la baise de la Livre, mais cette époque est déjà révolue. Sur 2 mois, Janvier et février, le R-U est déjà à 35,6 Md€ de déficit commercial des bien, soit 3 fois plus que la France.
Le record de 2017 pourrait bien être battu cette année.
Et pourtant Londres servait d'évitement fiscal pour de nombreux biens, pas que pour les services US et autres.
En référence à un de vos commentaires sur un autre article (5ème place France dans l'attractivité), contrairement à la France, la Royaume-Uni n'est pas à vendre, il a déjà été vendu !

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