Le pouvoir d'achat devrait doper l'économie en 2019

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(Crédits : Eric Gaillard)
La croissance du produit intérieur brut tricolore devrait atteindre 1,5% en 2019 contre 1,6% en 2018 et 2,3% en 2017 selon les dernières prévisions de l'OFCE. Si le centre de recherches a abaissé ses prévisions de croissance de 0,3 point, les mesures budgétaires en faveur des classes moyennes devraient permettre à l'économie française de résister.

L'atterrissage se fait en douceur pour l'économie française. Selon la dernière note de l'observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publiée ce mardi 16 avril, la croissance du produit intérieur brut (PIB) serait dopée par la forte augmentation du pouvoir d'achat des Français. Si l'organisme rattaché à Sciences-Po a abaissé ses prévisions de croissance pour 2019 de 0,3 point par rapport à l'automne dernier, le ralentissement de l'activité devrait être progressif cette année. Ainsi, les économistes anticipent un PIB à 1,5% en 2019 contre 1,6% en 2018 et 2,3% en 2017. L'économie française devrait ainsi mieux s'en sortir que la plupart de ses voisins. En zone euro, la croissance du produit intérieur brut devrait atteindre 1,3% cette année contre 1,8% en 2018. L'Allemagne traverse actuellement une très mauvaise passe et l'économie italienne est entrée en récession à la fin de l'année 2018.

> Lire aussi : Les mesures "Gilets jaunes" devraient booster le pouvoir d'achat (des actifs)

Un pouvoir d'achat en plein boom

Cette année, l'activité serait "serait tirée par la forte augmentation du pouvoir d'achat (+2,5 %), soutenue par les mesures socio-fiscales redistribuant aux ménages près de 12 milliards d'euros sur l'année (+0,8 point de revenu disponible brut)". L'augmentation significative des salaires réels viendrait également soutenir le porte-monnaie des Français. L'OFCE prévoit une hausse de 1,5% en 2019 après une moyenne de 0,3% sur les deux dernières années. Le salaire moyen par tête va bondir de 2,6% en 2019 contre 1,6% en 2018.

L'arsenal  de mesures annoncé par le président de la République le 10 décembre dernier et les dispositifs déjà prévus dans le calendrier de réformes devraient permettre de largement soutenir la consommation. "La consommation des ménages serait dynamique (+1,6 %) mais augmenterait proportionnellement moins que le revenu, dans un contexte toujours marqué par de nombreuses incertitudes entourant à la fois la crise sociale et l'issue du Grand débat" précisent les économistes. En parallèle, la chute des prix de l'or noir et l'annulation de la taxe carbone devraient ralentir l'inflation passant de 1,9% en 2018 à 1,3% en 2019. En dépit de ces prévisions favorables à l'économie française, la monté des incertitudes a provoqué un bond spectaculaire du taux d'épargne (près de 15,6%) durant le dernier trimestre 2018. S'il doit retomber au cours du premier semestre 2019, il restera à des niveaux largement supérieurs à ceux de la période 2019-2020.

taux d'épargne france

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Le commerce extérieur à nouveau dans le rouge

Sur le front du commerce extérieur, l'année 2019 ne s'annonce pas très favorable. D'après les calculs de l'organisme de recherches, le coup de frein de la demande mondiale, qui pourrait encore être amplifié par un regain des tensions commerciales et un Brexit sans accord, pourrait porter un coup d'arrêt aux exportations françaises. Les mesures de relance budgétaire devraient soutenir les importations en plus du marché domestique. Les experts estiment que le commerce extérieur devrait contribuer de manière négative au produit intérieur brut. Ainsi, les importations devraient augmenter de 3,1% en 2019 contre 1,3% en 2018. En revanche, les exportations de biens et services devraient ralentir passant de 3,3% en 2018 à 3,1% en 2019.

Investissement : des prévisions en demi-teinte

Au niveau des investissements, l'observatoire a établi des prévisions contrastées. Si l'investissement des sociétés non financières (SNF) devrait demeurer relativement dynamique en 2019 (3% contre 3,9% en 2018), celui des ménages est en fort repli passant de 5,6% en 2017 à 1,8% en 2018 et -0,2% en 2019. "Les incertitudes mondiales, mais aussi au sein du territoire avec la crise des 'gilets jaunes' et l'issue du Grand débat pèsent sur la dynamique de l'investissement, mais le rebond attendu de la consommation et le versement exceptionnel de 20 milliards d'euros aux entreprises avec la transformation du CICE, pourraient contrebalancer les effets négatifs liés à ces incertitudes" soulignent les économistes. Du côté des administrations publiques, les économistes anticipent une embellie pour 2019 de 2,7% contre 0,9% en 2018.

"Bien qu'en ralentissement, la croissance de l'investissement des administrations publiques s'est poursuivie en 2018 (+0,9 %) et accélérerait en 2019 et 2020 (respectivement 2,7 % et 3,2 %), sous l'effet du cycle électoral municipal, de l'objectif du gouvernement de faire des économies au sein des collectivités locales en préservant leur investissement et du déploiement progressif du Grand Plan d'Investissement" "signalent les économistes dans leur brief.

Un chômage encore élevé

Le taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT)  devrait poursuivre sa décrue passant de 9,4% de la population active à 8,6% en 2020. Le ralentissement de l'activité devrait avoir des répercussions sur le rythme des créations d'emplois dans le secteur privé. L'OFCE prévoit 123.000 créations d'emplois en 2019 après 282.000 en moyenne sur la période 2017-2018. "La transformation du CICE en baisse de cotisations sociales et allègements au niveau du SMIC aurait des effets négatifs sur l'emploi en 2018 et en 2019 du fait de la baisse du taux de CICE entre 2017 et 2018, les effets positifs se feraient sentir seulement à partir de 2020" explique l'OFCE. Enfin, la désocialisation et la défiscalisation des heures supplémentaires pourrait avoir des conséquences négatives sur les créations d'emplois, "en incitant au recours accru aux heures supplémentaires".

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Commentaires
a écrit le 17/04/2019 à 9:51 :
en ce qui concerne les retraités c'est 3 pour cent de moins on dois réduire nos dépenses les retraites complémentaires bloqués depuis 5ans et l'essence qui grimpe
Réponse de le 17/04/2019 à 11:45 :
Il ne faut pas manquer de souffle pour oser titrer "un pouvoir d'achat en plein boom". Ça s'appelle de la propagande et il y a belle lurette que nous ne sommes plus dans l'information.

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