Pollution de l'air : bientôt de nouvelles zones à faibles émissions, avec des contrôles radars

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(Crédits : Gonzalo Fuentes)
Le gouvernement a annoncé la création de 11 zones à faibles émissions dans les métropoles françaises. Celles qui ne parviendront pas à respecter les normes en termes de pollution de l'air verront la mise en place par l'Etat de restrictions de circulations pour les véhicules Crit'Air 3,4 et 5, soit "un tiers du parc automobile" à compter de 2023. De nouveaux radars automatiques sont également prévus pour sanctionner les véhicules interdits dans ces zones.

Le gouvernement, sommé par le Conseil d'Etat et la justice européenne de réduire la pollution de l'air dans plusieurs métropoles, a annoncé mercredi un renforcement des zones à faibles émissions (ZFE) qui interdisent la circulation aux véhicules les plus polluants.

La pollution de l'air est responsable de 48.000 décès prématurés en France chaque année et le trafic routier est responsable "d'environ 60 % des émissions d'oxydes d'azote et de  30"% des émissions directes de particules fines", rappelle le ministère de la Transition écologique dans un communiqué.

Par ailleurs, la pollution augmenterait la mortalité liée au Covid-19. Selon les chiffres partagés par le ministère, 18% de la mortalité issue du Covid-19 serait associée à la pollution de l'air, car elle fragilise les voies respiratoires et aggrave les dommages de la maladie.

L'Etat sommé d'agir

En juillet, le Conseil d'Etat a donné six mois à l'Etat pour agir, faute de quoi il devra payer une astreinte record de 10 millions d'euros par semestre de retard. Plus récemment, la Commission européenne a annoncé le renvoi de la France, déjà condamnée par la justice européenne pour la pollution de l'air liée au dioxyde d'azote (NO2), devant la Cour de justice de l'UE pour celle due aux particules fines PM10.

Lire aussi : Pollution de l'air: la France renvoyée à nouveau devant la justice de l'UE

Aujourd'hui, quatre ZFE existent déjà (la Métropole de Lyon, Grenoble-Alpes-Métropole, la Ville de Paris et la Métropole du Grand Paris) et à partir de 2021, sept autres seront créées.

Parmi ces 11 zones, celles qui ne parviendront pas à respecter les normes en termes de pollution de l'air verront la mise en place par l'Etat de restrictions de circulations pour les véhicules Crit'Air 3,4 et 5, soit "un tiers du parc automobile" à compter de 2023. Cela pourrait concerner Paris, Lyon et Marseille. Compte tenu de leur densité urbaine, ces trois métropoles ont peu de chance d'atteindre ces objectifs, selon le ministère.

Le calendrier précis de ces interdictions et leurs modalités précises doivent encore être définis à l'échelle des collectivités. Des dérogations sont prévues pour les véhicules d'urgence ou pour encore pour les personnes handicapées.

35 zones en 2025

De plus, le dispositif des ZFE sera étendu "dans les agglomérations de plus de 150.000 habitants d'ici 2025, soit 35 nouveaux territoires concernés", pour anticiper un durcissement des normes européennes de qualité de l'air qui devraient s'aligner sur les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus strictes.

"Pour faciliter la création de ces zones à faibles émissions et au regard des nombreuses communes impliquées, cette compétence sera désormais confiée au président d'intercommunalité", précise le communiqué.

Concernant les contrôles, le gouvernement travaille à un système de radars automatiques, qui doivent encore être homologués, a précisé le ministère. Le gouvernement prévoit que ce dispositif de contrôle automatique soit opérationnel d'ici à la fin du quinquennat.

Des contrôles automatiques à la fin du quinquennat

"Ces radars automatiques fonctionneront comme ceux situés au bord de la route pour mesurer les dépassements de vitesse. C'est-à-dire qu'ils liront la plaque d'immatriculation du véhicule pour en déduire la vignette Crit'Air et déterminer si le véhicule est autorisé à rouler ou non", a-t-il détaillé lors d'un point téléphonique avec la presse.

Par ailleurs, le gouvernement travaille à d'autres mesures touchant les autres secteurs sources de pollution de l'air, a fait savoir le ministère.

"Même en y allant très vite et très fort je ne suis pas sûre qu'on réussisse à baisser les émissions de polluants suffisamment pour être dans les clous dans les temps qui nous sont demandés", reconnaissait mardi la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

Lire aussi : La pollution de l'air coûterait 166 milliards d'euros par an en Europe

(Avec AFP)

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a écrit le 19/11/2020 à 11:00 :
"C'est-à-dire qu'ils liront la plaque d'immatriculation du véhicule pour en déduire la vignette Crit'Air " Plaque paire perd, plaque impaire gagne ? :-)
Des caméras suffisent, celles de vidéo-protection, par exemple, pourquoi des ""radars"" ? Ça fait sérieux, ordre, Loi, ... ? A la base, un radar, ça fait cinémomètre, mesure une vitesse, par effet Doppler-Fizeau. Non, je sais ! Une caméra c'est intrusif, désagréable, un radar c'est routier, ne vise que les voitures = caméra routière. La vidéoprotection sert aussi à la vidéo-verbalisation, pour réduire les frais de ces systèmes (gouffre financiers).
Sur le pont à péage (5Kr = 0,5€) de Motala en Suède, vous voyez des caméras (on roule à 70km/h vitesse légale la bas), en Allemagne, c'est ce qui servira à vérifier qui a ou pas payé sa vignette autoroute (diverses durées), les caméras en place.
a écrit le 19/11/2020 à 9:58 :
L'art du fonction'air est se donner l'air de fonctionner alors que plus rien en France ne fonctionne...
a écrit le 19/11/2020 à 8:40 :
J'ai une clio des années 2000 critai'r 3 avec laquelle je fais au maximum 4000 km/an. Et je vais être 'punie' parce que j'aime pas le gaspillage et envoyer à la casse une voiture qui marche, qui coute pas chere en entretien, et qui pollue peu en regard des kilomètres parcourus/an. Et je ne suis pas d'accord pour que les impots qu'on me prélève chaque moi aillent financer l'achat de voitures électriques dont l'électricité est produite soit par nucléaire ou acheter à l'allemagne et ses centrales à charbon. Et que vont ils faire pour les voitures ,camions transitant par le tunnel de fourvière à lyon -zone émission réduite - ils vont les stopper au péage en amont ? bien sur que non, ce sont les résidents "identifiables" qui seront encore une fois les pigeons contraints à des règles inéquitables.
Réponse de le 19/11/2020 à 17:32 :
Y a en France d'autres causes de mortalité que la pollution autoroutière
Arrêtez de nous prendre pour des vaches à lait ! quand on sait que le taux de pollution de la France dans le monde n'est que 0.9%
a écrit le 18/11/2020 à 23:57 :
L'Etat devra indemniser tous les possesseurs de voiture Crittair 3, 4 , 5 et leur permettre d'obtenir une voiture électrique pour le montant de l'indemnisation.
a écrit le 18/11/2020 à 21:41 :
C'est ça la spécificité de la France : la mise en place de la dictature ultralibérale-ecolo-bobo se fait aussi avec des taxes et des amendes ...
Réponse de le 19/11/2020 à 3:09 :
Sortez de votre village gaulois et regardez ce qui se fait dans le reste du monde depuis un bon moment, meme dans les pays en développement. Et on en reparle ...
a écrit le 18/11/2020 à 19:56 :
Si le probleme est si grave ( ce qui est possible , voire probable) il faut aussi interdire les chauffages au bois qui contribuent pour 50% aux particules fines.L'hiver une seule cheminée peut polluer une vallée entiere dans les Alpes quand les pressions sont élevées.
Réponse de le 19/11/2020 à 11:07 :
50% vous tirez ça de quelles mesures à quels endroits ? Les PM 2.5, PM 5, PM 10, plus grosses ?
Non, il faut se chauffer mais interdire les 50% venant des camions, ils ne roulent pas en hiver. :-)
Quelqu'un de la vallée de l'Arve dit que la pollution a baissé suite à des aides pour changer le matériel (systèmes fermés j'imagine) mais n'est pas nul, difficile d'arriver à 0. Mais faut voir aussi le bois utilisé, les périodes transitoires (mise en chauffe), ... Et un autre qui dit que le bois c'est pas si formidable même par le cycle du carbone car en différé, absorbé d'ici 20 ans, donc bois = pas bien. [en fait tout est mauvais, centrale nucléaire = mauvais rendement, la faute à Carnot avec ses principes thermodynamiques].
a écrit le 18/11/2020 à 19:38 :
Où sont les morts ? De quoi parle-t-on ? Aucun médecin ne signera d'avis de décès notifiant cette cause. Ce ne sont que des hypothèses économétriques, des spéculations intellectuelles, comme les 400 000 morts annoncés en France par l'Imperial College pour la Covid... Timor mortis !
Réponse de le 18/11/2020 à 21:01 :
l'econometrie est un art ou on arrive a de bons resultats; a ne pas confondre avec le politicien qui depose un projet sur le bureau de l'econometre en lui donnant les resultats a trouver par avance
c'est comme les proces staliniens ou les juges staliniens condamnaient a morts de sgens en sachant qu'ils etaient les suivant sur la liste
la technostructure a la francaise ( celle qui n'a pas de masques mais accuse avec un doigt vengeur la grande distrib de planquer dans des caves qui n'existent pas des masques qu'lle ne vend jamais) est une belle exception culturelle, pas du tout au service de la population comme le laisserait entendre a la base le mot ' fonctionnaire'
Réponse de le 19/11/2020 à 11:18 :
"Où sont les morts ?" Ils sont dans les cimetières, non ? :-)
"Ce ne sont que des hypothèses" non des estimations par extrapolation de certaines données, pour ça que quand on écrit "La pollution de l'air est responsable de 48.000 décès prématurés en France chaque année" c'est raccourci et évite de dire "la pollution de l'air SERAIT responsable de" vu que c'est estimé, calculé et pas mesuré, dénombré de façon sûre/mathématique.
Ça donne l'impression d'une certitude à force de le répéter, répéter, répéter. Je table plutôt pour 46 968 décès prématurés par an, à l'intuition. :-)
D'aucuns disaient que c'était extrapolé des effets de fumées de groupe compresseur diesel chez des mineurs sur l'espérance de vie (réduite), mais qu'en Allemagne, les mineurs n'avaient pas d'ennuis du même genre car moteurs filtrés (sous terre c'est quand même mieux ! FAP indispensable), au pire ça permet de démontrer que pas filtré (= air ambiant quand on est en ville) a bien un effet néfaste. De là à extrapoler de façon précise le 40 000, y a tout un travail (modèles statistiques) + arrondi.
A Paris le charbon servait beaucoup en chauffage individuel quand j'étais jeune (grand-mère dans le Vème), y avait des murs noirs dans les rues. La pollution était (beaucoup) plus forte que de nos jours mais on ne la mesurait pas faute d'instruments, et on vivait moins longtemps (décédée 78 ans la grand-mère, aurait pu aller à 90 ?).

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