L'inflation progresse plus que prévu en France
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Sur un mois, les prix ont ainsi augmenté de +0,2 %, au lieu de diminuer de -0,1 % comme annoncé précédemment.
Reuters
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Sur un mois, les prix ont ainsi augmenté de +0,2 %, au lieu de diminuer de -0,1 % comme annoncé précédemment.
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L'inflation a bel et bien progressé en France en janvier, et même plus qu'initialement prévu. Les prix à la consommation ont augmenté de +1,7 % sur un an, selon les résultats définitifs publiés ce mardi par l'Insee. Soit 0,3 point de plus que son estimation provisoire, fixée fin janvier à +1,4 %. L'Institut national de la Statistique a aussi revu défavorablement ses prévisions sur un mois : les prix ont ainsi augmenté de +0,2 %, au lieu de diminuer de -0,1 % comme annoncé précédemment.
Cet écart important entre l'estimation provisoire et les résultats définitifs est assez rare. Elle est due, d'après l'Insee, à « l'intégration des prix moyens observés en janvier pour les médecins, plus dynamiques que pour l'estimation provisoire, et à la prise en compte des changements de tarifs des crèches en janvier ».
En revanche, les évolutions mensuelle et annuelle de l'IPCH, l'indice des prix à la consommation harmonisé qui permet les comparaisons avec les autres pays de la zone euro, sont confirmées. Il baisse ainsi de -0,2 % sur un mois et augmente de +1,8 % sur un an, comme en décembre.
Dans le détail, la progression de l'inflation sur un an s'explique par plusieurs fortes hausses par rapport à décembre, où l'inflation avait atteint +1,3 % sur un an. En particulier du côté des prix de l'énergie (+2,7 % après +1,2 %), des services (+2,5 % en janvier après +2,2 % en décembre) et des prix des produits manufacturés (+0,2 % après -0,4 %). Les prix de l'alimentation sont en revanche restés quasi stables (+0,1 % après une stabilité en décembre) et ceux du tabac ont cru moins vite (+6,0 % après +8,7 %).
Quant à la hausse des prix sur un mois, elle s'explique aussi, selon l'Insee, par celle des prix de l'énergie (+1,6 % après +0,7 %), particulièrement ceux des produits pétroliers (+2,8 % après +1 %) et du gaz (+2,5 % après +1,5 %). Mais aussi par l'augmentation des prix de certains services (+0,3 % après +0,5 % en décembre), notamment des services de santé (+2,4 % après +0,4 %) et de la protection sociale (+2,8 % après une stabilité). Les prix de l'alimentation ont aussi rebondi (+0,3 % après -0,1 %) tout comme ceux du tabac (+3,8 % après une stabilité en décembre). A contrario, les prix des produits manufacturés ont baissé (-1,1 % après -0,5 %) en raison des soldes.
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Malgré cette augmentation plus marquée qu'attendu, l'inflation française reste en dessous de l'objectif de +2 % fixé par la Banque centrale européenne. Ce n'est d'ailleurs plus tellement la hausse des prix à la consommation qui inquiète, mais plutôt la croissance du produit intérieur brut (PIB) du pays. Après un dernier trimestre en repli (-0,1 %), elle devrait légèrement accélérer au premier trimestre. Mais seulement entre 0,1 % et 0,2 %, selon une première estimation de la Banque de France révélée la semaine dernière.
Les moteurs de l'économie tricolore pâtissent d'une consommation atone de la part des consommateurs et d'un moral en berne du côté des entrepreneurs. L'instabilité politique des derniers mois et l'absence de visibilité ont en effet provoqué un profond désarroi autant chez les chefs d'entreprise que chez les ménages. Un peu d'espoir est à chercher avec la récente adoption du budget 2025 à l'Assemblée nationale, qui pourrait redonner de la confiance aux agents économiques. Mais le sérieux tour de vis dans les programmes d'investissement (France 2030, innovation ou encore le fonds vert) pourrait aussi peser sur la croissance dans les prochains mois.
Les prévisions ne sont d'ailleurs pas réjouissantes. Sur l'ensemble de l'année 2025, le gouvernement a récemment révisé son estimation de croissance à la baisse, à +0,9 % contre +1,1 % auparavant. Idem du côté de la Banque de France, qui table sur +0,9 % alors qu'elle s'attendait en septembre encore à +1,2 %.
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Une morosité qui pèse à l'échelle de l'Union européenne, l'économie française étant la plus importante des Vingt-Sept derrière celle allemande. Or, elle aussi est en difficulté après deux années d'affilée de récession. Face à ce contexte, Bruxelles mise sur des mesures de soutien à l'investissement et une simplification administrative pour tenter de redonner de l'élan aux entreprises. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a récemment plaidé pour une politique plus « pro business », en particulier dans le secteur industriel. Reste à voir si cela sera suffisant pour relancer la machine.
(Avec AFP)
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