La confiance, oui, des embauches, non !

Interrogés dans le cadre de « La grande consultation » par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/ Europe 1, les chefs d'entreprises restent toujours très optimistes. Sur les réformes prochaines que le gouvernement entend lancer, ils ont néanmoins quelques interrogations. A noter, la reprise des embauches est très faible.
Fabien Piliu
L'optimisme reste le premier qualificatif employé par les chefs d'entreprise pour caractériser leur situation (39%), devant la confiance (36%).
L'optimisme reste le premier qualificatif employé par les chefs d'entreprise pour caractériser leur situation (39%), devant la confiance (36%). (Crédits : iStock)

Interrogés dans le cadre de « La grande consultation » par Opinion Way pour CCI France/La Tribune/ Europe 1*, les 604 dirigeants d'entreprises restent optimistes en juin. Certes, après le pic de confiance observé en mai, l'indicateur s'effrite un peu, de quatre points, pour s'élever à 112. Néanmoins, l'optimisme reste le premier qualificatif employé par les chefs d'entreprise pour caractériser leur situation (39%), devant la confiance (36%).

" Ces deux qualificatifs caractérisent plus particulièrement les chefs d'entreprise de 10 salariés ou plus (respectivement 52% et 58%) ", précise l'étude.

Confiants et optimistes, les chefs d'entreprise sont toujours plus nombreux à estimer que la situation actuelle est correctement orientée (32%, + 5 points). Ils se montrent confiants pour l'avenir de leur entreprise dans les douze prochains mois (69%), notamment les chefs d'entreprises de 10 salariés ou plus (94%).

L'état de grâce

Cet enthousiasme en constante progression est à mettre en perspective avec la satisfaction à l'égard du nouveau Président de la République. Près de deux mois après l'élection d'Emmanuel Macron, les trois quarts des dirigeants d'entreprise (75%) se montrent satisfaits de son action, notamment ceux évoluant dans le secteur du commerce (82%) et étant à la tête d'entreprises de 10 salariés ou plus (85%) ", note la Grande consultation.

C'est ce que l'on appelle l'état de grâce ! La lune de miel entre les chefs d'entreprises et le locataire de l'Elysée se prolonge donc. On attend avec impatience leur réaction quand l'exécutif mettra enfin les mains dans le cambouis. De ce point de vue, la rentrée sera intéressante. On guettera avec attention l'appréciation des dirigeants du projet de loi de finances 2018.

La majorité absolue est une bonne chose

En attendant, les dirigeants d'entreprise considèrent positivement la majorité absolue obtenue par La république en marche (LREM) à l'Assemblée nationale. Selon eux, c'est une bonne chose à la fois pour permettre au président de la République de mener une politique favorable aux entreprises (77%), pour favoriser la croissance économique en France (74%) et aussi pour appliquer la mise en œuvre de la réforme du droit du travail (73%).

A noter, les dirigeants d'entreprises de 10 salariés ou plus se montrent systématiquement plus optimistes que ceux d'entreprises de taille plus modeste (écarts compris entre 8 et 10 points).

Il reste des interrogations

Bien qu'optimistes, les chefs d'entreprises s'interrogent. C'est le cas sur le sujet du droit à l'erreur pour les entreprises promis par le candidat Macron, permettant aux TPE et aux PME de ne plus être sanctionnées automatiquement dès le premier manquement à leurs obligations sociales. Si dans l'ensemble les entrepreneurs trouvent cette mesure rassurante pour leur propre entreprise (79%, dont 21% " Tout à fait "), plus de la moitié craignent même que certaines entreprises n'abusent de ce droit (54%). Par ailleurs, ils se montrent plus circonspects sur l'impact positif de cette réforme sur la création d'entreprises (44%).

Interrogés sur les réformes annoncées par Emmanuel Macron concernant l'apprentissage et la formation professionnelle, les chefs d'entreprise ont eu une réponse claire : ils souhaitent plus de simplification. Parmi ceux concernés par la réforme de l'apprentissage - 45% des chefs d'entreprise n'y ont pas recours -, le souhait d'une simplification du processus de recrutement de ces contrats arrive en tête (20%, et même 41% parmi les dirigeants d'entreprises de 10 salariés ou plus), suivi par une clarification des aides disponibles (17%).

Concernant la simplification de la formation professionnelle, les dirigeants souhaitent avant tout garantir à leur salariés la possibilité d'être formés tout au long de leurs parcours (51%), " conscients qu'aujourd'hui la complexité du système de formation professionnelle multipliant les comptes (CPF, CEP, CIF, etc.) peut constituer un frein , indique l'étude. Ce souhait vient avant celui de fournir un accompagnement pour aider les salariés à changer de statut ou à effectuer une transition professionnelle.

Pas de reprise des embauches

Dernier enseignement de cette étude, cet optimisme ne semble pas assez fort pour faire progresser les embauches. Ainsi, seuls 6% des chefs d'entreprises - une proportion stable par rapport à mai - entend recruter. Seul point positif, ils ne sont plus que 2%, contre 4% en mai, à anticiper des suppressions de postes. La confiance est là, certes, mais elle pas béate.

* Vous désirez exprimer votre avis, émettre une idée sur les questions économiques ? Rejoignez la Communauté CCI des entrepreneurs en participant à la plateforme d'échanges et de débats : www.grandeconsultation.fr

Opinion Way, CCI France, La Tribune, La grande consultation des entrepreneurs,,

Fabien Piliu

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Commentaires 18
à écrit le 05/07/2017 à 17:34
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Lorsqu'il y a "embauche" de quoi parle-t-on ? Des profils "master 2" avec 4 ans d’expérience payés au SMIC pour des postes où la rotation de personnel est permanente, les horaires sont décalés entre 10 h et 20h avec le travail obligatoire 2 samedi p...

le 06/07/2017 à 8:47
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"on est certifié ISO 01010101 "bien-être au travail", c'est pas du vent". D'ailleurs , les entreprises qui font des réunions sur le stress le font souvent avec le manager qui stress les salariés ! .Ils tentent d'apprennent aux salariés à gérer ce...

le 06/07/2017 à 15:07
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Déclarée pour 3 heures de travail par jour mais " après, vous pouvez continuer à prospecter des clients de votre côté sans limitation de durée. Vous en percevrez les bénéfices avec des primes..."

le 07/07/2017 à 15:39
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"on est certifié ISO 01010101 "bien-être au travail", c'est pas du vent." Dans le style de vendeurs de rêve dans le cadre des formations où tous les charlatants se jettent sur le marché des "risques psycho-sociaux". On a eu des "maitres praticien...

à écrit le 05/07/2017 à 17:01
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"et aussi pour appliquer la mise en œuvre de la réforme du droit du travail (73%)". Tu m'étonnes ,dès qu'il s'agit de supprimer des droits aux salariés ,c'est l'état de grâce.En plus Macron, va permettre aux TPE et aux PME de ne plus être sanction...

à écrit le 05/07/2017 à 14:41
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Dans tous les métiers galère ou il faut gagner sa vie à la sueur de son front, on embauche depuis toujours et encore beaucoup. Oui, dans les métiers pépères, les fesses dans un fauteuil devant un écran ou derrière un beau bureau avec un horaire 9h-16...

le 05/07/2017 à 15:20
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Avec plusieurs millions de chomeurs, je doute qu il y ait tant de metiers qui embauchent. Et s ils ne trouvent personne, ils devraient se poser des questions. Le probleme n est pas tant la "sueur de son front" que le salaire minable qui ne permet pas...

à écrit le 05/07/2017 à 13:37
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pourquoi embaucher quand on va pouvoir faire bosser plus longtemps le personnel qu'on a déjà pour le même salaire? l'objectif d'une entreprise n'est pas de créer de l'emploi mais de gagner de l'argent. il n'a pas compris ça chez les banquiers, le ga...

à écrit le 05/07/2017 à 13:36
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Les promotions de bacheliers sont pléthoriques et incultes à hauteur de 50% . La sélection se fait toute seule et la FAC EST LE PARKING À CHÔMEURS de première urgence . Le gros mot est sélection . Si tous les poulains étaient des cracks il n'y au...

à écrit le 05/07/2017 à 13:11
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J'ai bossé pas de temps à l'étranger où on embauche des salariés .... en France c'est différent il faut "adopter" un salarié ! C'est bien là tout le problème !

le 05/07/2017 à 16:57
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Visiblement vous n'avez pas adopte la langue francaise

à écrit le 05/07/2017 à 12:33
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Pas d'embauche ok ,mais pas d'investissement non plus.Le message est clair pour tous les entrepreneurs et investisseurs français et étrangers il n' y a aucune réforme en profondeur à attendre donc tout continue comme avant et on va s'en accomoder en ...

à écrit le 05/07/2017 à 12:24
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A qui profite la complexité ? Où l'on devrait se rendre compte que l’ennemi de l'emploi n'est pas la finance, - ni la taxation, - ni les "méchants entrepreneurs" avides d'entreprendre - ni les "méchants syndiqués", - ni les employés voulant ré...

le 10/07/2017 à 18:40
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dans un sens vous n'avez pas tord, je connais une entreprise florissante qui a bloqué sa boîte à 50 employés pour ne pas se trouver avec syndicats ce etc sur le dos. C'est le choix des gouvernements d'avoir inventé ces seuils à une époque ou l'embau...

à écrit le 05/07/2017 à 10:58
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des architectes sans batisseurs au pied du mur

à écrit le 05/07/2017 à 9:48
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"On guettera avec attention l'appréciation des dirigeants du projet de loi de finances 2018.". La messe est dite, les chefs d'entreprises sont plus intéressés par les cadeaux que leur fait le gouvernement Macron que par la perspective d'embaucher. Le...

le 05/07/2017 à 10:53
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Je partage votre position. On essaie de nous faire croire que la lutte des classes est désuète alors qu'elle n' a jamais été aussi légitime depuis ces dernières décennies. Les idées néolibérales telle que le ruissellement (plus les riches s'enrichi...

à écrit le 05/07/2017 à 9:16
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Parce que la "confiance" est subjective par définition et n'est certainement pas un élément à prendre en compte de ce fait, on peut tout lui faire dire. C'est comme en météo de nous parler de froid ressenti et de nous proposer des chiffres inférieurs...

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