Alors que Bruno Le Maire a confirmé en début de semaine la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) à l'horizon 2027, le président du Medef Patrick Martin insiste pour que le gouvernement tienne son engagement. Il craint que ce dernier soit remis en cause à cause du chiffre du déficit public.Le gouvernement cherche des milliards d'euros d'économies, après avoir présenté mardi un déficit public à 5,5% du PIB pour 2023, bien au-delà des 4,9% initialement prévus. Et le patronat espère que ce ne sera pas à ses dépends. « Nous sommes inquiets de ce que nous entendons ici et là », explique ce dimanche le président du Medef Patrick Martin, devant le risque de voir des baisses d'impôts au bénéfice des entreprises remises en cause pour des raisons budgétaires.
« La CVAE [cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, ndlr] devait être supprimée intégralement en 2023. Puis on nous a annoncé que ce serait étalé sur 2023-2024. Puis qu'elle s'éteindrait progressivement d'ici 2027 », rouspète le dirigeant dans un entretien au Journal du dimanche. Pour lui, une potentielle nouvelle remise en cause du calendrier de suppression de cet impôt « entamerait la confiance qu'on peut placer dans la parole de l'Etat ».
Bruno Le Maire affirme ne pas toucher aux impôts
Ce coup de gueule de la tête de file du patronat intervient alors que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est refusé en début de semaine à envisager toute hausse d'impôts. Il a même confirmé mardi la suppression prévue de la CVAE et des baisses d'impôts pour certains ménages. Plutôt qu'augmenter les recettes, le gouvernement s'engage dans une traque aux dépenses, notamment du côté de l'Assurance maladie et de l'assurance chômage.
La CPME, deuxième organisation patronale, a jugé jeudi « positive » la volonté du gouvernement de ne pas augmenter les impôts, et fait de sa volonté que l'engagement de supprimer complètement la CVAE d'ici la fin du quinquennat soit tenu. Contrairement au Medef, qui préfère maintenir la pression. « La remise en cause de la suppression de la CVAE qui pèse massivement sur l'industrie contribuerait à accentuer le risque de décrochage par rapport à nos compétiteurs », insiste Patrick Martin.