Législatives : la macronie dans l'embarras, Emmanuel Macron en difficulté

Marc Endeweld
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Dimanche soir, à 20 heures, sur le plateau de TF1, il n'y avait qu'à voir la tête de Gabriel Attal, tout jeune ministre des Comptes Publics, pour comprendre l'embarras de la macronie suite aux résultats du premier tour des législatives. Sur la première chaîne de France, la coalition de gauche, la NUPES est annoncée comme arrivant en tête au premier tour des législatives. Plusieurs anciens ministres, figures du premier quinquennat, comme Jean-Michel Blanquer ou Emmanuelle Wargon, sont éliminés dès à présent. Dans les heures qui suivent, une polémique s'installe pour savoir qui de la NUPES ou d'Ensemble est finalement arrivé premier en tête. Le ministère de l'Intérieur assure que c'est Ensemble à 22 000 voix près. Le Monde assure pourtant le contraire, mettant la NUPES en tête à 26,1 %, devant Ensemble avec 25,81 %, en expliquant prendre en compte également les candidats de gauche de l'Outre Mer soutenu par la NUPES. Tout un symbole.
Ensemble apparaît défait, en manque certain de dynamique pour le second tour. Les soutiens d'Emmanuel Macron font moins bien que lors des élections législatives de 2017, et son score s'est même tassé sept semaines après sa victoire à la présidentielle. De fait, Ensemble, qui rassemble pourtant le Modem et Horizons en plus de Renaissance, fait moins bien qu'Emmanuel Macron lui-même le soir du second tour à la présidentielle. Jamais au cours de l'histoire de la Vème République, un président n'a eu une assise électorale aussi faible lors du premier tour des élections législatives qui ont suivi la présidentielle. Avec 25,81 % des voix, les candidats de la majorité présidentielle sont soutenus par seulement un électeur sur quatre. Sans parler de l'explosion de l'abstention... notamment chez les jeunes, ce qui aurait dû désavantager Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
Car en plus du beau score de la gauche unie (bien qu'il sera difficile pour elle d'obtenir Matignon comme l'espérait Jean-Luc Mélenchon, à moins d'un sursaut des abstentionnistes d'ici le second tour), l'extrême droite réussit à se maintenir à un haut score (près de 20 %) alors même que sa leader est apparue effacée au cours de cette campagne. Il est également notable que les Républicains semblent avoir réussi à sauver leur groupe à l'Assemblée Nationale. Parmi les opposants à Emmanuel Macron, seul Éric Zemmour n'arrive ni à se faire élire (il est déjà éliminé) ni à inscrire son mouvement dans les territoires. Résultat, sur la carte de France, le nombre de circonscriptions où un candidat Ensemble arrive en tête apparait particulièrement faible. L'avertissement pour Emmanuel Macron est donc sérieux. À cette heure, le président n'est pas du tout assuré d'obtenir une majorité absolue. Un vrai désaveu. Si Mélenchon tente jusqu'au bout de pousser son avantage (« J'appelle les Français à déferler dimanche prochain »), le scénario le plus probable est celui d'une majorité relative pour Ensemble dimanche prochain, rendant le début de quinquennat d'Emmanuel Macron particulièrement difficile. Sans sursaut des soutiens du président, la France est à deux doigts d'être ingouvernable.
Marc Endeweld
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