Les créations d'emplois dans le privé ont accéléré au deuxième trimestre soutenues par le tourisme

Le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d'emplois entre fin mars et fin juin 2022. Une « surprise » pour les économistes au regard du contexte économique difficile que traverse la France. Cette performance est, en partie, due au rebond du tourisme qui favorise l'activité du secteur tertiaire marchand.
Selon l'estimation provisoire de l'Insee publiée ce vendredi, le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d'emplois entre fin mars et fin juin 2022.
Selon l'estimation provisoire de l'Insee publiée ce vendredi, le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d'emplois entre fin mars et fin juin 2022. (Crédits : STEPHANE MAHE)

Tous les indicateurs économiques ne sont pas au plus bas. La France compte au deuxième semestre 2022 toujours plus d'emplois salariés créés dans le secteur privé. Leur nombre a poursuivi son augmentation à la « surprise » des économistes compte tenu du contexte économique difficile que connaît le pays. Selon l'estimation provisoire de l'Insee publiée ce vendredi, le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d'emplois entre fin mars et fin juin 2022. Cette augmentation de 0,5% est supérieure à celle du premier trimestre 2022 (+0,3%, soit 69.500 emplois en plus). L'emploi privé dépasse son niveau d'avant-crise, fin 2019, avec 754.200 emplois en plus (+3,8%).

Après la petite hausse du premier trimestre 2022, « on s'attendait plutôt à un léger ralentissement », a commenté à l'AFP Sylvain Larrieu, chef de la division Synthèses et conjonctures du marché du travail de l'Insee. Cette progression peut s'expliquer par le rebond de l'activité touristique en France. Le tertiaire marchand affiche ainsi une hausse de 0,8% du nombre d'emplois supplémentaires (+97.300 emplois), après une hausse de 77.300 emplois au premier trimestre (+0,6%). « Ce dynamisme explique l'essentiel de la hausse totale de l'emploi salarié privé », note l'Insee.

L'intérim poursuit sa baisse

Dans le détail, l'intérim, boussole de l'emploi, poursuit sa baisse amorcée au premier trimestre 2022. Alors qu'il connaissait une forte hausse au sortir du confinement du printemps 2020, il recule de 2,1% au deuxième trimestre 2022 (-17.400) bien qu'il « demeure supérieur à son niveau d'avant-crise », rappelle l'Insee. « Les intérimaires ont été très utilisés fin 2021 pour remplacer les salariés absents », relève Sylvain Larrieu. « D'autre part, dans un contexte difficile de recrutement, il est possible que les salariés demandent et obtiennent plus de CDI ». Les difficultés pour certains secteurs à embaucher étaient, en effet, encore au plus haut au mois de juin durant lequel 58% des dirigeants expliquaient avoir du mal à embaucher, selon la dernière enquête de conjoncture dévoilée le 12 juillet par la Banque de France. Il s'agit d'un sommet depuis que cette question a été mise en place en mai 2021. À l'époque, 37% des entreprises avaient exprimé ce type de difficulté.

Lire aussiLes difficultés de recrutement au sommet, le tassement de la croissance se confirme, selon la Banque de France

Tous les autres secteurs se stabilisent

L'emploi industriel augmente légèrement avec la création de 3.100 emplois (+0,1%). Une hausse insuffisante pour rattraper le niveau d'avant crise sanitaire. Le secteur de la construction est stable, avec un niveau de l'emploi salarié privé identique au début de l'année 2022, et largement supérieur à celui atteint fin 2019 (+6,2%, soit 91.600 emplois en plus). Enfin, l'emploi salarié privé dans le tertiaire non-marchand augmente plus nettement, de 0,7% (+19.500 emplois), confirmant là aussi la hausse constatée lors du premier trimestre (de +7.600 emplois, soit 0,3%). Selon Sylvain Larrieu, les contrats en alternance « continuent à pousser » les bons chiffres de l'emploi. Pour l'alternance, l'emploi a atteint des niveaux « très supérieurs à son niveau d'avant-crise », indique-t-il.

Malgré les difficultés liées à la crise sanitaire et désormais à la guerre en Ukraine qui a provoqué une forte inflation, l'emploi continue donc de se maintenir en France. Parallèlement à l'emploi privé qui grimpe, le taux de chômage poursuit sa baisse. Il a, ainsi, légèrement diminué au deuxième trimestre. Le nombre de chômeurs de catégorie A a enregistré un recul de 0,8% en France (hors Mayotte) au deuxième trimestre, soit 26.900 inscrits en moins, à 3,165 millions, soit une baisse sur un an de 15,1%, selon les chiffres publiés mercredi par la Direction des statistiques du ministère du Travail (Dares). La décrue semble toutefois ralentir, si l'on compare ces derniers chiffres à la forte diminution enregistrée lors de précédents trimestres.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 5
à écrit le 08/08/2022 à 11:34
Signaler
Une hausse saisonnière au pays de l'industrie de la misère...

le 12/08/2022 à 8:49
Signaler
oui, cela associé a une baisse des temps et indemnités chômages, et un suppression systématique des chômeur en leur fesant faire des formations inutiles et comme par miracle le pays a moins de chômeur et on a un pourcentage énorme de pus de 7% donc 2...

à écrit le 07/08/2022 à 15:34
Signaler
La plus forte hausse c'est les livreurs à domicile !!!! Qui sont ces livreurs ceux qui viennent dans notre pays .

à écrit le 05/08/2022 à 16:26
Signaler
l'Urssaf annonçait le 20 juillet dernier que les embauches ont atteint un sommet historique au deuxième trimestre 2022, à 6,97 millions.

le 06/08/2022 à 12:10
Signaler
Il conviendrait de préciser le type d'emplois créés: 1) Dans quels secteurs d'activité? 2) En CDI ou CDD? 2) Des emplois à temps plein ou à temps partiel? Ces précisions permettraient aux lecteurs de mieux apprécier la nature réelle de cette "perfor...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.