Le ministre Franck Riester va devoir s'attaquer au redressement de la balance commerciale de la France, en déficit depuis vingt ans. L'allègement de la facture énergétique en 2023 a certes permis de réduire le déséquilibre entre les exportations et les importations. Mais cette remontée est très loin de compenser la descente aux enfers du commerce extérieur français.
Les dossiers sensibles s'accumulent sur le bureau de Franck Riester. À peine arrivé en poste dans le gouvernement Attal, le ministre va devoir s'attaquer aux chantiers immenses du redressement de la balance commerciale et du maintien de l'attractivité de l'Hexagone.
L'ancien ministre chargé des relations avec le Parlement de l'exécutif prend la suite d'Olivier Becht, ministre du commerce extérieur sous les deux gouvernements d'Elisabeth Borne. Passé sous les radars pendant le remaniement, ce passage de relai soulève pourtant des enjeux majeurs.
L'ancien président du groupe Agir (centre droit) à l'Assemblée nationale connaît bien ce portefeuille. Entre juillet 2020 et juillet 2022, il avait déjà occupé ce poste particulièrement exposé pendant la période de pandémie. La fermeture des ports de commerce partout sur la planète avait provoqué des difficultés en pagaille dans le commerce mondial.
À l'époque, les exportations avaient plongé à un niveau record. Il avait confié lors d'un entretien à La Tribune ses inquiétudes sur le tourisme et l'aéronautique. L'éclatement de la guerre en Ukraine a une nouvelle fois précipité les acteurs du commerce extérieur dans la tourmente. Deux ans après l'éclatement du conflit, les derniers indicateurs ne montrent pas de retour à la situation d'avant crise sanitaire.
Le redressement de la balance commerciale en trompe l'œil
Les dernières statistiques des douanes dévoilées la semaine dernière soulignent que la balance commerciale s'est redressée pour revenir sous la barre des 100 milliards d'euros en 2023. Après un plongeon abyssal en 2022 à 164 milliards d'euros, le déficit s'est établi à 99 milliards d'euros. Les importations (-7,1%) ont chuté en raison presque exclusivement de la baisse des approvisionnements en énergie. Les importations en biens manufacturés baissent légèrement.
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