Les entreprises ont bien résisté à la crise et l'optimisme se confirme, souligne une étude de la CPME

Près de deux entrepreneurs sur trois (62%) considèrent que leur situation financière est identique (40%) ou meilleure (22%) depuis le début de la pandémie de Covid-19. Ces données positives, qui semblent souligner l'efficacité des mesures d'aides du fameux "quoi qu'il en coûte", devraient se poursuivre lors du deuxième semestre, estime la majorité des chefs d'entreprise sondés. Mais le remboursement des échéances sociales et fiscales, ainsi que la pénurie de main d’œuvre et la hausse des prix des matières premières pourraient bousculer la reprise. Sans compter l'épineuse question du télétravail qui pourrait perturber la cohésion des groupes.

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En dépit d'une situation économique plutôt satisfaisante, les difficultés repérées par les chefs d'entreprise pour la fin de l'année 2021 reposent notamment sur leur capacité à rembourser les échéances sociales et fiscales.
En dépit d'une situation économique plutôt satisfaisante, les difficultés repérées par les chefs d'entreprise pour la fin de l'année 2021 reposent notamment sur leur capacité à rembourser les échéances sociales et fiscales. (Crédits : CHARLES PLATIAU)

Les entreprises tricolores semblent avoir plutôt bien résisté à la crise sanitaire et économique. C'est en tout cas ce qu'indique une étude de la CPME publiée ce lundi matin. Basée sur les déclarations de plus de 1.100 chefs d'entreprise, on y a apprend notamment que près de deux entrepreneurs sur trois (62%) considèrent que leur situation financière est identique (40%) ou meilleure (22%) depuis le début de la pandémie de Covid-19. Alors que le gouvernement a mis fin au "quoi qu'il en coûte", ce document tente donc à son tour de mesurer l'impact des filets de protection déployés par l'État depuis le printemps 2020. Et après un premier semestre 2021 moins positif selon les chefs d'entreprise, leurs estimations pour la fin de l'année repartent sous des hospices meilleures.

Pour l'exercice en cours, 61% des patrons interrogés sur la situation de leur entreprise au premier semestre estime qu'elle était soit meilleure, soit identique, par rapport au second semestre 2020. 39% estimaient tout de même qu'elle était moins bonne. Les responsables économiques croient toutefois à une embellie : ils sont 67% à estimer que le bilan de leur entreprise sera soit identique, soit meilleur sur la dernière moitié de l'année, tandis que la part de ceux qui redoutent une dégradation recule de 5 points, à 34%.

Remboursement des échéances fiscales : le point de vigilance

Reste toutefois un certain nombre de difficultés pour les chefs d'entreprise, à commencer par leur capacité à rembourser les échéances sociales et fiscales. Sur le plan financier, 18% des dirigeants interrogés estiment aujourd'hui ne pas avoir la trésorerie suffisante pour rembourser ces créances. Si la majorité s'est organisé pour répondre à ces exigences fiscales, 23% de ces agents économiques n'ont pas de calendrier de remboursement.

C'est un indicateur important à suivre, dans la mesure où c'est un élément qui peut déclencher la cessation de paiement des entreprises, et ouvrir une procédure collective. Si les défaillances d'entreprise ont reflué de façon significative depuis le début de la crise sanitaire, le rapport Altares 2021, estime qu'elles ont augmenté de 14,2%, mais ce chiffre reste en recul de 48% par rapport à la période 2017-2019.

Les entrepreneurs redoutent également plusieurs freins qui pourraient bloquer la reprise. La hausse du prix des matières premières impacte deux entreprises sur trois (64%) dont la moitié (54%) déclare, pour l'instant, ne pas répercuter cette augmentation sur ses prix de vente. Plus préoccupant encore, une entreprise sur trois éprouve des difficultés pour s'approvisionner en matières premières, 21% devant même renoncer à des marchés.

Pénurie de main d'œuvre et augmentation du prix des matières premières

L'autre grande problématique porte sur le recrutement. 44% des dirigeants font face à des difficultés de recrutement, 57% déclarant même avoir dû renoncer à des marchés ou à des projets. Dans les récentes enquêtes de la Banque de France, la part des entreprises confrontées à ce type de difficultés ne cesse de croître depuis la fin du dernier confinement en avril pour passer de 37% en mai à 48% en juillet. Les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration, ainsi que du BTP, sont particulièrement inquiets du manque de main d'œuvre.

Ce baromètre, qui semble donc plutôt souligner l'efficacité des dispositifs dans le cadre de la protection des entreprises, confirme les conclusions de plusieurs études. Dans le rapport final du Comité de suivi et d'évaluation des mesures de soutien financier aux entreprises confrontées à l'épidémie de covid-19, publié par France Stratégie, les auteurs estiment que "les montants des dispositifs ont été globalement suffisants pour préserver la situation financière de la grande majorité des entreprises".

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Les plans de relance ont permis d'éviter les faillites

En Europe, Les plans de soutien publics en Europe permettront d'éviter une cascade de faillites de PME à moyen terme, a mesuré Euler Hermes dans une autre étude. Sur 525.000 petites et moyennes entreprises sondées, 7% d'entre elles risquent de déposer le bilan d'ici 4 ans en Allemagne, 13% en France et 15% au Royaume-Uni.

Sans mesures de soutien public décidées au plus fort de la pandémie de Covid-19, les risques de défaut auraient atteint pour la France 17% et pour le Royaume-Uni 26%, détaille l'étude de l'assureur-crédit, en raison d'un recul important des marges de ces entreprises.

De son côté, la Banque de France, dans une étude de juillet, estime que les mesures de soutien (hors PGE) permettent de ramener la proportion d'entreprises subissant un choc de trésorerie négatif à celle d'une année normale (47% en 2020 contre 50% en 2018). Selon l'institution, 14% des entreprises étudiées ont vu à la fois leur endettement augmenter et leur trésorerie diminuer.

Les différentes études soulignent notamment l'effet d'aubaine de certaines entreprises, ayant profité de la largeur des dispositifs pour récolter des fonds sans suivre forcément les règles imposées. Le "sur-mesure" désormais prôné par le gouvernement vise à corriger ces effets.

Le télétravail, point de crispation

Reste un point à suivre : les conséquences de la pandémie sur les organisations internes des entreprise. Pour 47% des sondés, la crise sanitaire aura des effets importants sur l'organisation de l'activité et de la vie en entreprise à la rentrée 2021. Et les tensions pourraient notamment se matérialiser autour de la question du télétravail. Alors que 81% des chefs d'entreprise interrogés envisagent un retour sur site de l'ensemble des salariés, 29% d'entre eux redoutent des difficultés avec leurs salariés pour les faire revenir au bureau.

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Commentaires 4
à écrit le 07/09/2021 à 18:23
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"Les entreprises ont bien résisté à la crise" Attention quand même ,ah,ah : Si la 4e vague de Covid-19 semble évoluer "favorablement", sera-t-il aussi plus facile d'endiguer la 5e vague ? Pas si sûr d'après l'Institut Pasteur

à écrit le 07/09/2021 à 13:59
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Avec ce qu'elles ont touchées les entreprises avec le "" quoi qu'il en coûte "" c'est sûr qu'elles se relèvent. Dans un village, un hôtel-restaurant tenu par plusieurs générations ferme ses portes. Ha, bon! Je n'ai pas écrit qu'il est à vendre. Mais ...

à écrit le 06/09/2021 à 18:45
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En fait les "entreprises" vont très bien Elles s'inquiètent juste de devoir rembourser les emprunts.

à écrit le 06/09/2021 à 15:27
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Très peu d'entreprises ont résisté à l'appel de l'argent gratuit du contribuable... la force du capitalisme français!

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