Les faillites d'entreprises, une bombe à fragmentation pour 2021

 |  | 787 mots
Lecture 4 min.
La proportion d'entreprises connaissant des difficultés de liquidité a été multipliée par 2,5 en 2020 passant de 3,8% à 10%.
La proportion d'entreprises connaissant des difficultés de liquidité a été multipliée par 2,5 en 2020 passant de 3,8% à 10%. (Crédits : Reuters)
Les économistes d'Asterès dans une note dévoilée ce mercredi redoutent un effet de rattrapage au moment du débranchement des aides. Les faillites d'entreprises pourraient se multiplier dans les secteurs les plus meurtris par la crise. Les procédures dans les tribunaux de commerce pourraient s'envoler (+25% en 2021) par rapport à 2019.

Les vagues d'épidémie pourraient faire des ravages dans les semaines à venir. Selon une note du cabinet Asterès commandée par les administrateurs et mandataires judiciaires, le nombre de faillites d'entreprises devrait fortement augmenter dans les mois à venir. La mise en place de nombreuses aides en 2020 et leur prolongement cette année ont largement contribué à amortir le choc de la crise sanitaire. Les liquidations judiciaires ont diminué de 37% en 2020.

Avec le chômage partiel, le fonds de solidarité et les prêts garantis, les annulations de charges et reports de cotisations, l'Etat s'est en quelque sorte substitué aux entreprises pour assurer les salaires des entreprises fermées administrativement et les charges fixes (loyers, factures...).

« Les aides ont eu des effets très importants. Même si les prévisions de croissance sont révisées à la hausse, le rattrapage économique devrait être partiel. Des entreprises devraient sortir du marché. Beaucoup sont endettées et se retrouvent avec des problèmes de liquidité ou en situation d'insolvabilité. Les procédures pourraient augmenter dans une proportion située entre 2,3% et 12,1% » a déclaré l'économiste Pierre Bentata lors d'un point presse ce mercredi 7 avril. La levée de toutes ces mesures au moment de la reprise devrait être particulièrement délicate. Beaucoup d'économistes redoutent un débranchement trop rapide de ces perfusions.

« Les faillites sont là pour sanctionner une mauvaise gestion en temps normal. Là, le manque de chiffre d'affaires n'est pas la conséquence d'une mauvaise gestion mais à l'impossibilité de travailler. Il faut donc soutenir les entreprises en difficulté [...] La levée des restrictions pourraient commencer à partir du 15 mai et l'économie pourrait être libérée en quasi totalité dès cet été. Le rebond sera d'autant plus important que les entreprises seront sauvées » a ajouté l'économiste Nicolas Bouzou.

Un effet « rattrapage » inévitable sur les entreprises zombies

La mise sous cloche de l'économie au cours de l'année 2020 a mis en difficulté un grand nombre de secteurs. Si certains comme l'industrie ou le bâtiment ont pu sortir rapidement du marasme, d'autres, dans les services marchands notamment, restent profondément meurtris. Beaucoup d'établissements dans la restauration, l'hôtellerie ou la culture pourraient tirer le rideau dans les mois à venir. Les économistes tablent sur un effet « rattrapage » au cours des mois à venir. Parmi les sociétés les plus menacées, figurent en premier lieu « les entreprises zombies ». Ces firmes qui avaient déjà des difficultés de liquidité avant la crise devraient rapidement mettre la clé sous la porte au moment de la levée de mesures de prophylaxie et de la fin des aides.

« Bien que ce rattrapage concerne l'ensemble des secteurs, il devrait être plus fort dans les domaines qui ont subi les restrictions les plus fortes, car dans ces derniers, les aides publiques ont eu un rôle prépondérant. Ainsi, dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, les procédures ouvertes devant les tribunaux de commerce pourraient augmenter de 25% par rapport à l'année 2019 » expliquent les économistes. « Le défi du débranchement des aides publiques sera très important. Il faut vraiment une expertise et un connaissance très fine de l'entreprise pour pouvoir traiter au cas par cas » a précisé Pierre Bentata. A cela s'ajoutent « l'insuffisance de la reprise » et la multiplication des problèmes de liquidité. La proportion d'entreprises connaissant des difficultés de liquidité a été multipliée par 2,5 en 2020 passant de 3,8% à 10%.

Un effet « domino » redoutable

L'ensemble des conséquences macroéconomiques des défaillances d'entreprises est à ce stade encore difficile à appréhender. Plusieurs économistes craignent des effets « domino » dans des régions où certaines filières sont très implantées comme l'aéronautique dans le Sud Ouest par exemple. En effet, les difficultés enregistrées par Airbus ont déjà mis à terre de nombreux fournisseurs et sous-traitants. A l'échelle des métropoles de Toulouse et Bordeaux, beaucoup de PME et TPE sont asphyxiées par ces pertes.

Les répercussions sur le marché du travail pourraient être immenses. D'après des travaux menés par l'observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), près de 175.000 emplois pourraient disparaître en raison des faillites d'entreprises. « Plusieurs études ont observé qu'en période de crise, davantage d'emplois sont détruits si celle-ci s'accompagne de faillites plutôt que d'une baisse généralisée et homogène de l'activité » ajoutent les auteurs de la note. La grande hétérogénéité des entreprises et des secteurs va accroître les difficultés d'accompagnement pour les pouvoirs publics lors de la période de transition vers la reprise.

> Lire aussi : Défaillances d'entreprises : 175.000 emplois menacés en 2021

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/04/2021 à 17:52 :
Si les propositions du député Romain GRAU sont adoptées, les surprises seront positives.
a écrit le 08/04/2021 à 10:15 :
Du coup ils nous sortent Edouard Philippe parce que Macron s'est grillé une fois de plus en exécutant les ordres idiots de l'UE. Bref les présidents pro-UE sont condamnés à ne faire qu'un seul mandat mais visiblement ça ne les gène pas, on se doute qu'ils auront de bonnes petites places au chaud dans le privé après. Le néolibéralisme n'est qu'un nihilisme économique.
a écrit le 08/04/2021 à 3:51 :
Resultat evidemment previsible. Les ordres de bruxelles ont ete suivi a la virgule pres. La resultante sociale va etre une belle explosion. Avant 22 ? La question est posee.
a écrit le 08/04/2021 à 1:19 :
Normale les faillites après les aides
Ils aurons que 10 % a rembourser
Du total des aides
Jolie coup une belle escroquerie.
Quel pays ......
Réponse de le 08/04/2021 à 9:23 :
Non juste le modèle économique de macron !

Cela lui permet de faire oublier la vastitude du vide de préparation et des risques juridiques !!! (pas pour lui, mais comme le conseil de défense) l'irresponsabilité juridique permet tout !
a écrit le 07/04/2021 à 16:29 :
ca couple a quoi qu'il en coute, he ben ca va effectivement couter!
a écrit le 07/04/2021 à 16:28 :
Tout ce que souhaite la connivence du néolibéralisme c'est de racheter tout cela a l'euro symbolique!
a écrit le 07/04/2021 à 16:05 :
Pourquoi, quelqu'un pouvait en douter? avec le chômage partiel par exemple et les habitudes prisent pendant le confinement et le couvre feu, vous imaginez que les gens vont se remettre a consommer?

Tout employé qui aurait perdu de 15 a 20% de son salaire pendant plus d'un an vont consommer?

Et sachant que les plus protégé du covid était déjà les plus protégés dans la société, vous imaginez un instant !!!

les entrepreneurs (j'entends ceux qui ont pris le risque) et qui vont devoir solder tout leurs produits trouverons t'ils des acheteurs?

je pense que le cercle vicieux des mauvaises décisions prises et l'incapacité de l'état pendant le covid permet de savoir ce qui va se passer. Cela ne fait aucun doute !

Et sachant que les us ont donné de l'argent a ses citoyens et non a ces entreprises a permit par exemple aux universitaires de ne pas connaître ce qui s'est passé ici.
Et je vous passe du plan de relance qu'ils ont fait, disons qu'ici c'est a l'image des vaccins, ils feront ce plan lorsque tout le monde sera dead.....

Et comme les inégalités ont explosé par le fait d'avoir protégé ceux qui l'étaient déjà, donc il faut s'attendre a un tas de choses.....

Et comme l'état a vendu tout ces bijoux de familles, je pense que la crise de la dette aura lieu une fois que le constat sera fait par chacun de qui a été gagnant pendant le covid.

Nombreuses aides, a qui? la est la question, car il semble évident que la stagnation du pays et l'appropriation des capitaux de celui ci par ceux qui étaient déjà protégé, portera sans doute effet.

Et comme la vaccination est a mon avis a corréler avec la question économique, aucun doute que plus que des faillites, c'est surtout l'endettement des ménages et d'ici a trois ans, l'état comme les ménages sera extrêmement endetté (j'entends les ménages par la classe moyenne) car les milliardaires millionnaires et gros salaires français ne se sont jamais aussi bien porté !

Nous allons constater que de social le pays depuis macron a transféré les droits sur les entreprises au détriment des citoyens.

L'analyse économique et le constat va permettre de le montrer !

2022 sera sans aucun doute un moment de vérité qui va voir exploser la mine !
a écrit le 07/04/2021 à 16:04 :
Assez cyniquement ça permettra a d'autres de s'équiper à moindre coût dans les liquidations judiciaires. Quand on voit le prix des matos "pros", sérieux, ça fait peur, on se demande comment des choses peuvent être rentables un jour. L'investissement est assez vite le pire ennemi de la rentabilité.
Le discours sur le frénétique investissement est assez catastrophique chez les "petits"
Réponse de le 07/04/2021 à 20:31 :
C'est précisément le drame français : le sous investissement des entreprises. L'immense majorité des créations d'entreprises sont des micro entreprises créées par des personnes qui ne trouvent pas de boulot et n'ont que peu de capitaux pour démarrer leur activité (parce que oui, démarrer une vraie entreprise réclame beaucoup d'argent, ce qui est à la portée de peu de gens). Bilan, la plupart se spécialisent dans des activités qui réclament très peu d'investissement ou de matériel... mais qui rapportent également très peu. D'où le succès des petits jobs d'auto entrepreneurs type livreur à vélo (un smartphone à 80€, un vieux vélo à 150€, du jus de mollet et zou ça roule: très peu de capital à investir, mais très peu de revenus aussi).
Réponse de le 08/04/2021 à 9:31 :
Ils vont pouvoir faire des émissions comme aux us, ou les gens se battrons sur la dépouille des autres.... avec la tnt, l'état peut même se faire de l'oseille !
mais je pense plus a ceux qui ont amassé des capitaux, qui tiennent les médias, y a du fric a se faire pour eux....

Comme le monopoly, y a ceux qui ont des billets et d'autres qui n'en n'aurons pas. Si l'on part du principe ou ce sont dabord des équipements des "entrepreneurs", nous aurons donc un système dont le capitalisme fait payer a ceux qui prennent des risques.

Le summum, serait que l'un de ceux dont le matos serait exposer et qui pourrait le voir dans sont téléviseur, voir faire une émission pour décrire ces sentiments!

Outils qui seront possiblement l'origine d'une dette de celui ci.

Je propose comme les histoires sordides de meurtres de scénariser la chose, les mêmes qui pourrons piloter seront ceux a la tête de l'état ....

Il faut imaginer la chose puisqu'elle sera possible, non ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :