Les multinationales étrangères emploient près de 2 millions de salariés en France

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Les emplois dans le secteur industriel sont surreprésentés dans les entreprises contrôlées par des firmes multinationales étrangères.
Les emplois dans le secteur industriel sont surreprésentés dans les entreprises contrôlées par des firmes multinationales étrangères. (Crédits : BENOIT TESSIER)
Contrairement aux idées reçues, les grandes firmes étrangères n'ont pas mis la main sur un grand nombre d'entreprises françaises . En revanche, le poids économique de ces firmes reste relativement important en termes de chiffre d'affaires et de personnel.

Selon les dernières données de l'Insee publiées ce jeudi premier février, 28.100 entreprises étaient sous le contrôle de firmes multinationales (*) étrangères en France en 2015. Si ces sociétés représentent moins de 1% des entreprises en France (dans les secteurs marchands non agricoles et non financiers), leur part dans le marché du travail est beaucoup plus importante. Elles emploient 1,8 million de personnes (salariés et non-salariés), soit 11% des effectifs des entreprises implantées en France. Dans le même temps, le poids de ces firmes dans l'emploi total (public et privé) en France reste bien minoritaire. En 2015, la population active comptait 28,4 millions de personnes selon des chiffres de l'institut. Les personnes travaillant pour ces firmes ne représentaient donc que 6,4% du total, même s'il faut rappeler que le secteur public reste conséquent dans l'économie française.

> Lire aussi : Emploi : quel est le poids des grandes entreprises ?

Les Etats-Unis emploient 312.000 personnes

Sur l'ensemble de ces personnes employées, la moitié de l'emploi en France des firmes multinationales étrangères se concentre dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI). À titre de comparaison, les deux tiers de l'emploi en France des multinationales françaises se concentrent dans les grandes entreprises.

Sur les 118 pays étrangers qui contrôlent des firmes en France, 16 représentent 95 % de l'emploi en France sous contrôle étranger. Les États-Unis restent le principal employeur avec 320.000 personnes. Les pays européens sont également très bien placés dans le palmarès des emplois sous contrôle étranger. L'Allemagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas font travailler à eux trois 660.834 personnes, ce qui représente près de 40% du total (38,2% précisément). À l'inverse, la Chine, qui est la seconde puissance économique mondiale, n'emploie que 8.137 personnes.

Le commerce et l'industrie en tête

Au niveau des secteurs, les emplois contrôlés par les firmes étrangères sont surreprésentés dans l'industrie. Le secteur manufacturier concentre 37% de l'emploi sous contrôle étranger en France, contre 25% pour les multinationales françaises et 13% pour les autres entreprises françaises. Le commerce arrive en seconde position avec 30% des emplois sous contrôle étranger. À l'inverse, la part des emplois sous contrôle étranger dans le secteur de la construction est très faible (2%).

Des investissements en Recherche et développement

Les firmes étrangères mettent des moyens pour l'innovation. En 2015, les dépenses en recherche et développement des entreprises contrôlées par des firmes multinationales s'élèvent à 5,4 milliards d'euros, soit 22% des dépenses de R&D des entreprises en France. La très grande majorité des investissements (96%)  sont réalisés par des entreprises industrielles. Du point de vue des effectifs, le poids de la recherche est également significatif.

"Dans les entreprises contrôlées par des multinationales étrangères, les fonctions R&D occupent l'équivalent de 41.000 personnes, soit 6 % des effectifs, contre 3 % dans l'ensemble des entreprises de ces secteurs présentes sur le sol français."

Sur ce point, si la France se targue souvent d'être en pointe dans la création de startups ou d'innovation, elle reste encore loin des objectifs européens. La cible fixée par le plan stratégique Europe 2020 est "améliorer les conditions de la recherche et développement (R&D), afin en particulier de porter à 3% du PIB le niveau cumulé des investissements publics et privés dans ce secteur". Mais selon des chiffres de la Commission européenne publiés en décembre dernier, les dépenses ont représenté 2,22% du PIB selon des données pour 2015 encore provisoires. Et ce retard, même à l'échelle européenne (moyenne de 2,03% du PIB dans l'UE), pourrait avoir des conséquences néfastes en termes de compétitivité pour les entreprises à l'heure de la course mondiale à l'innovation.

> Lire aussi : Recherche et développement : l'Europe encore loin de ses objectifs

Moins d'investissements des firmes étrangères

Si les entreprises étrangères sont actives dans la recherche et développement, elles s'impliquent moins que les entreprises françaises dans l'investissement en général.  Leur investissement global de 23 milliards d'euros correspond à 15 % de leur valeur ajoutée en France contre 24 % pour les multinationales françaises.  Les entreprises contrôlées par les multinationales européennes concentrent les trois quarts des investissements étrangers. Mais là encore des disparités subsistent entre les pays :

"Avec un total de 5 milliards d'euros d'investissements en France, les entreprises contrôlées par des multinationales allemandes arrivent en tête, suivies par les États-Unis, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Grande-Bretagne."

 À l'heure où Emmanuel Macron veut renforcer l'attractivité de la France, l'implantation des multinationales étrangères devrait être au coeur des préoccupations du pouvoir exécutif dans les prochaines semaines.

(*) La firme multinationale est définie comme un groupe de sociétés ayant au moins une entreprise en France et une à l'étranger.

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Commentaires
a écrit le 03/02/2018 à 16:48 :
"même s'il faut rappeler que le secteur public, para public et collatéral reste conséquent dans la déséconomie française".
a écrit le 02/02/2018 à 8:30 :
Peut etre les resultats du grand promoteur du atractivite economique francaise par Montembourg?
a écrit le 01/02/2018 à 22:17 :
Intéressant de voir qu'il a 140'000 français qui travaillent pour des sociétés suisses en France ce qui fait la 3ème place derrière les EU et RU.
En plus de cela il y en a env. 200'000 français qui travaillent en Suisse comme frontalier.
La semaine passé M Macron a passé à Davos pour un beau discours et pour passer pendant 30 minutes à la télé suisse romande. Par contre il n'a pas trouvé le temps de rencontrer un membre du gouvernement suisse présent à Davos contrairement aux autres invités européens, américains ou asiatique.
Les Suisses aiment aussi être respecté un minimum, mais visiblement avec la France c'est à sens unique.
a écrit le 01/02/2018 à 20:14 :
C'est plutôt une bonne nouvelle, surtout pour le niveau des investissements allemands et américains. Qui sait, avec encore quelques bonnes nouvelles, peut-être que la grisaille française va réussir à perdre de son attrait lugubre.
a écrit le 01/02/2018 à 19:02 :
Bonne nouvelle, encore un peu et on pourra se passer de nos multinationales aux actionnaires rétrogrades et incompétents.

Par ailleurs c'est Fiorentino qui dit que le cac 40 s'est fait dépouiller hein, et je pense qu'il est loin d'avoir tort, nos milliardaires vendent les bijoux de familles que nos politiciens leur ont cédé pour une bouchée de pain non ?
a écrit le 01/02/2018 à 18:23 :
"Au niveau des secteurs, les emplois contrôlés par les firmes étrangères sont surreprésentés dans l'industrie".

Une boite comme IBM avait en France près de 21.000 salariés dans les années 80 aujourd'hui environ 6000 dont seulement la moitié sont des "historiques", les autres venant d'ex-filiales rachetées par cette compagnie.Rien que l'usine IBM à Corbeil Essonnes à l'époque il y avait 4000 salariés avant d'être vendu à Altis puis X-fab ou il reste environ 800 personnes .

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