Les présidents du Parlement au chevet de la Nouvelle-Calédonie
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Alors que les votes sur le budget marquent une pause jusqu'à mardi, les présidents de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et du Sénat Gérard Larcher s'envolent ce samedi pour une mission de « concertation » périlleuse en Nouvelle-Calédonie. Les deux premiers représentants du Parlement ont été chargés par le Premier ministre Michel Barnier de renouer le dialogue institutionnel entre les camps loyaliste et indépendantiste sur le statut de l'île, toujours au point mort six mois après le début des violences qui ont fait 13 morts et des milliards d'euros de dégâts.
Au programme de leur déplacement, trois jours de rencontres avec les forces politiques, économiques, les syndicats et d'autres acteurs calédoniens. Ils se rendront notamment dès lundi matin - heure de Nouméa, dimanche soir en métropole - au Sénat coutumier, avant une séance solennelle au Congrès de Nouvelle-Calédonie, mardi, durant laquelle ils s'exprimeront face aux élus.
Dans un entretien au Monde publié samedi, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher appellent à ne pas se concentrer uniquement sur la question politique, mais aussi à avancer sur la crise du nickel calédonien, poumon économique de l'archipel.
« Tout est lié », il y a « une chance de parvenir à un règlement global », estime la titulaire du perchoir. La question de l'élargissement du corps électoral aux élections provinciales ne doit être « qu'un élément de l'accord d'ensemble » qui doit être trouvé, abonde le président du Sénat.
La question de la reconstruction est aussi majeure. La facture des émeutes est évaluée à au moins 2,2 milliards d'euros par le gouvernement calédonien, soit 25% du PIB du territoire. Le gouvernement a annoncé cette semaine de nouvelles aides dans le cadre du budget 2025, à hauteur de 80 millions d'euros pour financer la reconstruction des bâtiments publics détruits durant les émeutes. Même si ce montant s'ajoute à des sommes déjà conséquentes, cela reste encore loin du compte. Mi-octobre, lors d'un déplacement dans l'archipel français du Pacifique sud, le ministre des Outre-mer, François-Noël Buffet, avait assuré que l'État financerait « à 100% la reconstruction des établissements scolaires et à 70% celle des autres bâtiments publics ».
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Les émeutes historiques qui ont débuté en mai ont été déclenchées par la volonté de l'ancien gouvernement de faire adopter une réforme constitutionnelle ultrasensible sur l'élargissement du corps électoral, gelé depuis 2007, pour les élections provinciales. Depuis, la nouvelle coalition Barnier a abandonné la réforme et ces élections ont été reportées jusqu'en novembre 2025 au plus tard.
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Une volonté assumée d'apaisement, alors que l'élargissement du corps électoral est vécu comme un coup de force par le camp indépendantiste, qui craint de voir le peuple autochtone kanak marginalisé. Mais les interrogations demeurent sur l'avenir institutionnel de l'archipel alors que trois référendums d'autodétermination prévus par les accords de Nouméa en 1998 se sont tenus depuis 2021, avec la victoire du « non » à l'indépendance.
(Avec AFP)
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