Mine de lithium dans l'Allier : les associations montent au créneau
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La production de batteries au lithium pour voitures électriques est un élément clé de la transition énergétique.
© LTD / Imerys
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La production de batteries au lithium pour voitures électriques est un élément clé de la transition énergétique.
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Deux associations ont saisi le Conseil d'Etat pour demander l'annulation d'un décret inscrivant l'un des plus gros projets européens de mine de lithium porté par le groupe Imerys dans l'Allier sur la liste des « projets d'intérêt national majeur », a-t-on appris ce mardi. Dans les faits, les associations « Préservons la Forêt des Colettes » et « StopMines03 » ont annoncé dans un communiqué avoir déposé ce recours « en vue de solliciter l'annulation du décret » publié au Journal officiel le 7 juillet dernier.
Ce décret « va également permettre à l'Etat de modifier des documents d'urbanisme dont la compétence relève habituellement des communes et des intercommunalités, sans aucune concertation ». En effet, le statut de « projet d'intérêt national majeur », créé par la loi industrie verte d'octobre 2023, permet aux projets industriels d'importance pour la transition écologique ou la souveraineté nationale de bénéficier de mesures d'accélération ou de dérogation administratives.
Quarante-six requérants particuliers habitant les communes concernées ou limitrophes se sont joints au recours, déposé le 5 septembre. Enfin, ces associations regrettent que le décret ait été publié alors que le débat public sur le projet, clos le 31 juillet, n'était pas terminé.
Décrié par des associations en raison de son impact sur l'environnement, ce projet de mine de lithium s'inscrit dans la stratégie de la France pour se défaire de sa dépendance aux importations du précieux métal, notamment en provenance de Chine. La production de batteries au lithium pour voitures électriques est un élément clé de la transition énergétique, alors que les véhicules thermiques seront interdits à la vente dans l'Union européenne à partir de 2035.
Selon Imerys, le projet dénommé Emili vise à produire à partir de 2028 le lithium nécessaire à la fabrication des batteries de plus de 700.000 véhicules par an pendant 25 ans. L'entreprise estime également que son projet, décrit comme « le plus important projet minier en métropole depuis plus d'un demi-siècle », générerait 500 emplois directs et 1.000 emplois indirects.
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Dans le monde, en 2022, le lithium minier venait à 47% d'Australie - vendu en majorité à des sociétés de traitement chinoises - 30% du Chili et 15% de Chine. En Europe, seul le Portugal produit un peu de lithium, à hauteur de 0,5% de la production minière mondiale en 2022, selon les données de l'institut d'études géologiques américain USGS. En mai, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a dit craindre des « tensions » sur l'approvisionnement mondial en minerais et métaux indispensables à la transition énergétique et encouragé une hausse des investissements miniers pour que la planète parvienne à limiter son réchauffement à 1,5 degré d'ici la fin du siècle.
Ailleurs en France, les projets autour du lithium se poursuivent. La première usine française de lithium s'installera à Lauterbourg, à l'extrémité nord de l'Alsace, a confirmé fin juillet le porteur du projet, qui a signé une promesse de bail avec les Ports de Strasbourg. Dans le détail, le projet, annoncé en juin 2022, vise à installer une raffinerie de lithium, avec une production de 28.500 tonnes par an à partir de 2027, a précisé la société alsacienne Viridian Lithium dans un communiqué.
L'entreprise ambitionne de pouvoir répondre à terme à une demande de production pour 2 millions de véhicules électriques par an.
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L'Alsace est en pointe dans les projets liés au lithium. Une unité pilote d'extraction de lithium a été inaugurée fin 2023 à la centrale géothermique de Rittershoffen, à une vingtaine de kilomètres de Lauterbourg. L'eau, prélevée à 170 degrés dans les entrailles de la terre, contient 0,2% de lithium. Le groupe minier français Eramet et Électricité de Strasbourg (ÉS, filiale d'EdF), associés sur ce projet, travaillent également sur un autre site géothermal à Soultz-sous-Forêts, à moins d'une dizaine de kilomètres.
(Avec AFP)
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