Trois ans et demi après la remise par Jean-Louis Borloo du rapport "Vivre ensemble, vivre en grand la République - pour une réconciliation nationale", le président Macron vient de présenter le plan "Marseille en grand" pour la cité phocéenne. Les idées du chef de l'Etat résonnent comme les propositions de l'ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, que ce soit sur la vidéoprotection, l'innovation pédagogique, l'accompagnement à l'emploi ou l'accès à la culture.Qualité urbaine, mobilité, petite enfance, culture, école, sport, emploi, armée, sécurité, équité... Seraient-ce les thèmes du discours du président Macron à Marseille le 2 septembre ? Raté. Il s'agit des thèmes développés, en avril 2018, par Jean-Louis Borloo dans son rapport Vivre ensemble, vivre en grand la République - Pour une réconciliation nationale, avant d'être enterré par le chef de l'Etat lui-même à l'Elysée un mois plus tard.
Trois ans et demi se sont écoulés depuis cette réception au Château, et le président Macron vient de dévoiler un plan pour la cité phocéenne baptisé Marseille en grand, en réponse à "l'urgence sécuritaire, sociale et sanitaire". Il devrait comporter 1,5 milliard d'euros pour la sécurité, les transports, le logement et la culture, et environ 1,2 milliard d'euros pour la seule rénovation des écoles de la deuxième ville de France.
Achever le déploiement de la vidéoprotection
Au volet sécurité, le chef de l'Etat a lâché les sommes de 150 millions pour un nouvel hôtel de police, 8,5 millions d'euros pour financer le regroupement des commissariats des XIIIème et XIVème arrondissements, ainsi que 8 millions d'euros pour doter les policiers de nouveaux moyens d'enquête. Ou encore le déploiement de 500 caméras de vidéosurveillance. Dans son rapport de 2018, Jean-Louis Borloo insistait, lui, sur l'importance d'achever le déploiement de la vidéoprotection dans les villes pauvres.
Au chapitre logement et insalubrité, la deuxième ville de France, marquée par la mort en novembre 2018 de huit habitants à la suite de l'effondrement de deux immeubles insalubres de la rue d'Aubagne, fait déjà l'objet depuis juillet 2019 d'un grand plan entre l'Etat et les collectivités et d'une stratégie à 15 ans pour 200.000 résidents. Pour accélérer "immédiatement" les chantiers, le chef de l'Etat a promis de qualifier la ville d'"opération d'intérêt national". Autrement dit, permettre à l'administration de copiloter les travaux. De la même façon que le président Macron veut passer de 300 à 600 millions d'euros la participation de l'Etat dans la lutte contre le logement indigne.