Ponction sur les excédents de l'Unedic : le bras de fer se durcit entre le gouvernement et les partenaires sociaux
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CHARLES PLATIAU
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Patronat et syndicats ont estimé vendredi que la trajectoire financière projetée par le gouvernement pour l'Unédic était irréaliste et envisagent de s'en affranchir pour négocier une nouvelle convention d'assurance chômage.
Suite à une première réunion de calendrier entre partenaires sociaux le 12 septembre, l'Unédic a présenté lors de cette deuxième séance de négociations ses propres prévisions, projetant un taux de chômage de 7,4% en moyenne pour 2024 et 2025, contre 7,0% et 6,4% pour le gouvernement.
Le gouvernement entend prélever sur les excédents de l'Unédic, qui dépendent du taux de chômage, entre 2 et 4 milliards d'euros par an pour financer les politiques publiques de l'emploi et de la formation ainsi que France Travail à compter du 1er janvier prochain.
Ce nouvel organisme aura en effet besoin de moyens supplémentaires pour l'accompagnement de près de deux millions d'allocataires du RSA dont il aura la charge, en plus des chômeurs.
Mais la ponction sur les recettes de l'Unédic, qui est lourdement endetté, va l'obliger à emprunter à court terme sur les marchés pour honorer ses échéances de remboursement, ce qui lui coûtera 800 millions sur quatre ans.
"Au moment où il est demandé à chaque entreprise de rembourser son PGE (prêt garanti par l'Etat contracté pendant la crise sanitaire), où il est demandé aux salariés et aux ménages de rembourser leurs emprunts immobiliers, on ne comprendrait pas que l'Etat s'arroge le droit de réemprunter pour ne pas honorer une dette", a commenté à l'issue de la réunion le négociateur du Medef Hubert Mongon.
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"La dette de l'Unédic, c'est la dette de l'Etat" car elle entre dans le calcul de la dette publique au sens du traité de Maastricht, a relevé de son côté le négociateur de la CFDT Olivier Guivarch.
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Face à cette situation, les partenaires sociaux ont indiqué qu'ils pourraient, lors de la prochaine séance de négociation jeudi prochain, déclarer qu'ils s'affranchissent de la lettre de cadrage du gouvernement, qui pourrait en retour refuser de conventionner l'accord trouvé entre partenaires sociaux.
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