Portraits de femmes engagées pour la planète

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(Crédits : DR)
A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, La Tribune publie une série de portraits, parue originellement dans le dossier "Les 100 qui transforment la France". Dans cette première partie, celles qui ont fait de la protection de l'environnement une priorité dans leur activité professionnelle.

ines

INÈS LÉONARDUZZI
Fondatrice Digital For The Planet

Elle fait rimer écologie, numérique et féminisme

Inès Léonarduzzi commence sa carrière dans le luxe chez LVMH à New York puis chez Kering. Mais la titulaire d'un diplôme de lettres et d'une licence de chinois ne s'adapte pas aux contraintes de l'entreprise et devient free lance. Elle met au point un programme de formation en management puis lance « Brunch By Ines », un« brunch clandestin » qui dépasse très vite son cercle d'amis.

De retour à Paris en 2016, dans le cadre d'une mission pour un cabinet de conseil spécialisé en stratégie numérique, elle entame une réflexion autour de l'impact écologique du digital. Elle crée en parallèle WIT (Women Inspiring Talks), un réseau social de femmes entrepreneures qui organise sommets et conférences. La prise de parole en public est d'ailleurs sa « véritable passion ». La trentenaire intervient dans nombre d'événements et dans des grandes écoles comme Télécom Paris Tech ou HEC. Depuis août 2017, elle préside l'ONG Digital For The Planet qui défend le principe du « IT for green » (le numérique pour l'écologie) et a lancé Plana, une IA destinée à la pratique numérique plus responsable et citoyenne.

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Flore Berlingen

FLORE BERLINGEN
Directrice Zéro Waste France

En lutte pour une économie circulaire

Dans un monde où les océans croulent sous le plastique, sa bataille est aussi utopique que d'extrême actualité. Directrice de l'association Zero Waste France, Flore Berlingen est en première ligne de la bataille pour la réduction des déchets en France. Les « trier et recycler, ça ne suffira pas », a-t-elle expliqué dans un entretien avec L'Info durable, en rappelant qu'au-delà de la gestion de la fin de vie des objets, l'exploitation excessive des ressources est un fléau planétaire : chaque Français en consomme environ 15 tonnes par an.

Avec son association, cette diplômée de Sciences Po promeut donc l'ensemble des solutions permettant d'éviter la consommation de produits neufs : l'achat d'occasion, le troc, la réparation, l'économie collaborative et de la fonctionnalité - elle est l'une des cofondatrices de la communauté OuiShare -, mais aussi une plus grande frugalité. Elle interpelle et conseille également les pouvoirs publics afin de faire avancer la réglementation, à l'échelle locale, nationale comme européenne.

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lucie basch

LUCIE BASCH
Fondatrice et DG Too Good To Go

Une application qui lutte contre le gaspillage alimentaire

Diplômée de Centrale Lille, Lucie Basch est titulaire d'un master en logistique de Cranfield University en Angleterre. Elle intègre Nestlé en septembre 2014 où elle travaille sur des projets d'amélioration de la productivité des usines anglaises du groupe suisse. Après avoir entendu un discours de Steve Jobs invitant des étudiants à suivre leur passion, elle démissionne et part en Norvège, où elle découvre l'économie participative et la communauté Ouishare. Elle y rencontre des Danois et une Norvégienne qui réfléchissent à un moyen de mettre un terme au gaspillage alimentaire. De retour en France, elle lance en février 2016 Too Good To Go, une application mobile qui connecte les commerçants qui ont des invendus aux citoyens du quartier qui passent les récupérer à un prix très bas. L'appli a séduit 10.000 commerçants et est présente dans 13 pays. Elle revendique une communauté de 5 millions d'utilisateurs en France qui ont téléchargé l'application.

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Virginie Hils, portrait, H263, César

VIRGINIE HILS
Présidente Comptoir de campagne

Préférer le  « Made in chez moi » au « Made in Chinois »

Il se dit souvent que tout se joue sur les bancs de l'école. Pour elle, sa prise de conscience s'est faite sur ceux de l'EM Lyon en 2014. Lors d'une séance de créativité, Virginie Hils pioche le thème « Un village sur deux n'a plus de commerces et se transforme en cité-dortoir ».

Son executive MBA en poche, elle se rend dans la Drôme, rencontre les maires, les commerçants, mesure la difficulté de ces artisans. Virginie Hils trouve son idée : proposer des surfaces de vente de 100 mètres carrés environ qui concentrent produits locaux en circuit court, petite restauration, services de proximité (pressing, cordonnerie, repassage), services publics, banques. « Les gens privilégient de plus en plus, s'ils ont le choix, le "made in chez moi" par rapport au "made in China" », assure-t-elle. Le maire de Champdieu (Loire) est le premier à croire en elle : « Banco ! C'est le projet qui nous faut. » En cinq ans, le pari est réussi. Avec la promesse de « renforcer le lien social et de revitaliser ces territoires », cinq autres magasins ont déjà ouvert.

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Valérie Masson-Delmotte

VALÉRIE MASSON-DELMOTTE
Climatologue, membre du GIEC, Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) du CEA

Réchauffement climatique, elle tire la sonnette d'alarme

Cette diplômée de l'école Centrale à Paris, passionnée d'archéologie enfant, choisit la physique et le climat et fait ses classes au CEA auprès du célèbre climatologue Jean Jouzel. Elle apprécie autant la recherche fondamentale que l'élaboration d'outils d'aide à la décision, comme elle le fait dans le groupe sur les sciences du climat qu'elle co-préside au sein du GIEC (groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Soucieuse de démocratiser le savoir sur le sujet, elle publie des livres pour enfants et multiplie les rencontres avec des jeunes du primaire au lycée.

Fervente adversaire du climato-scepticisme, elle est à l'origine en 2010 de l'appel des 600 rassemblant des chercheurs en sciences du climat et publie en 2011 Climat, le vrai et le faux (Le Pommier). En octobre 2018, elle présentait à Incheon (Corée du Sud) un rapport spécial sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C, en amont de la COP25 qui s'est tenue à Katowice (Pologne) en décembre 2018.

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Laure Verhaeghe

LAURE VERHAEGHE
Cofondatrice Lendosphere

Un « crowdfunding » pour les énergies renouvelables

C'est lors de sa première vie professionnelle dans le journalisme environnemental que cette diplômée de Sciences Po Lille a eu tout loisir d'observer, lors des six années passées au sein du bimestriel Valeurs vertes, un foisonnement d'initiatives écologiques, notamment dans le secteur des énergies renouvelables, toujours plus compétitives. La possibilité accordée en 2014 aux acteurs du financement participatif de faire des prêts rémunérés aux entreprises, et non plus seulement des dons, incite cette fille d'entrepreneurs lillois à franchir le pas et à cofonder Lendosphere, une plateforme de crowdfunding dédiée aux énergies renouvelables. En ces temps de disette des finances publiques et d'opposition locale face à certains projets, la contribution des particuliers au financement de la transition écologique - mais aussi aux retombées positives pour leur environnement comme pour leur épargne - est plus d'actualité que jamais. Fin 2019, la plateforme a passé la barre des 50 millions d'euros de collecte, prêtés par les 14.000 adhérents de la plateforme, ont permis de financer 186 projets.

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Élodie Grimoin

ÉLODIE GRIMOIN
Cofondatrice et directrice technique Urban Canopée

Elle veut couvrir les villes d'un écran climatique végétal

« Recréer les jardins suspendus de Babylone dans les grandes villes », c'est l'objectif plus qu'ambitieux d'Urban Canopee, entreprise co-fondée en 2016 par Élodie Grimoin, dont elle est aujourd'hui la directrice technique. Sa startup conçoit, fabrique et commercialise des structures montantes végétalisées, destinées aux espaces citadins publics et privés (terrasses, toitures, etc.). Modulables et faciles à installer, elles sont aussi autonomes en énergie et en eau grâce à des panneaux solaires, à des pots « intelligents » et à des capteurs permettant d'irriguer à distance. La fraîcheur générée par l'évapotranspiration des plantes grimpantes permet de faire baisser la température des lieux. Les végétaux limitent aussi les émissions de gaz à effet de serre. Selon les estimations d'Élodie Grimoin, « une corolle de 12 ans d'âge peut stocker l'équivalent CO2 de trois arbres par an ». « Et en plus d'être la solution la plus efficace pour rafraîchir les espaces, la végétalisation ramène de la biodiversité et recrée du lien social », ajoute cette ingénieure diplômée de l'école AgroParisTech. En 2019, les premières versions des canopées ont été déployées à Toulouse.

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Gwénaëlle Huet

GWÉNAËLLE HUET
Vice-présidente exécutive Engie

Une cheffe d'orchestre des énergies vertes

Cette diplômée de l'ENS de Cachan, agrégée de physique-chimie, ingénieure du corps des Ponts-et-Chaussées, a fait ses premières armes dans les cabinets ministériels. Notamment celui du secrétaire d'État aux affaires européennes (Jean-Pierre Jouyet puis Bruno Lemaire), puis du ministre de l'Écologie Jean-Louis Borloo sur les sujets d'énergie et d'environnement en 2009. Elle est en parallèle chef de cabinet de Brice Lalonde, ambassadeur chargé des négociations internationales sur le climat. C'est en 2010 qu'elle rejoint GDF-Suez, en tant que directeur des affaires européennes et sherpa du PDG Gérard Mestrallet. Alors toute jeune maman de jumeaux, elle prend en janvier 2016 la direction de la division France renouvelables du groupe devenu Engie, à la tête de six filiales, 2500 collaborateurs et 6 900 MW « verts ». Cette passionnée de musique, elle-même violoniste, est l'un des chefs d'orchestre du groupe dans le nouveau monde de l'énergie décentralisée, décarbonée et digitalisée. Elle a notamment été nommée « rising star » au Global energy award de S & P Platts et Young global leader du World economic forum. En mai 2019, elle est nommée vice-présidente exécutive en charge notamment de l'unité énergies renouvelables et hydrogène.

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Lire aussi : Ces femmes qui s'attaquent à la question de l'insertion et de l'emploi en France

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