Pourquoi Emmanuel Macron ne quitte pas le gouvernement

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Partir, rester ? Emmanuel Macron a fait son choix
Partir, rester ? Emmanuel Macron a fait son choix (Crédits : Reuters)
Sur le plateau de BFMTV, le ministre de l'Economie a mis fin aux rumeurs qui l'annonçaient partant de Bercy. Une stratégie guidée par le bon sens.

C'est clair et net. Interrogé sur le plateau de BFMTV ce mercredi 20 septembre, Emmanuel Macron a été catégorique. Il ne démissionnera pas du gouvernement de Manuel Valls. Il espère ainsi mettre un terme aux rumeurs qui l'annonçaient démissionnaire de son poste de ministre de l'Economie.

Cette stratégie est frappée au coin du bon sens. Pour de nombreuses raisons. Selon les rumeurs, Emmanuel Macron aurait mis sa démission dans la balance car il n'aurait pas supporté que ce soit la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui porte le prochain projet de loi sur la réforme du droit du travail.

Un choix politique

Ce texte, qui devrait intégrer les dernières grandes réformes du quinquennat de François Hollande, pourrait vraisemblablement absorber le projet sur les nouvelles opportunités économiques (Noé) jusqu'ici porté par Emmanuel Macron. Pourquoi ces deux textes seront-ils fusionnés ? Parce que les réformes ne devraient pas plaire à la gauche du PSl, le gouvernement n'est pas alors certain d'obtenir de la majorité des votes. Déjà, pour faire adopter la loi Macron 1, très critiquée par la majorité et que l'opposition n'a pas voté par simple dogmatisme, l'exécutif a dû se résoudre recourir à l'article 49.3. Comme il ne peut utiliser cette arme qu'une seule fois par session, le gouvernement est donc prêt à fusionner ces deux textes pour éviter de subir un camouflet au Parlement.

En démissionnant pour cette unique raison, Emmanuel Macron aurait pris le risque de brouiller une image jusqu'ici très appréciée des Français. Selon une étude récente, publiée le 15 janvier par l'hebdomadaire Marianne, 19% des Français espèrent que le ministre de l'Économie portera les couleurs de la gauche en 2017. Si 15% des personnes interrogées plébiscitent Manuel Valls, 5% seulement soutiennent François Hollande et Martine Aubry.
Publiée le 17 janvier par Le Parisien, un sondage Odoxa témoigne également de la popularité d'Emmanuel Macron. Avec 53% de réponses favorables, il talonne Alain Juppé en tête des opinions, très loin devant François Hollande (25%) et Nicolas Sarkozy (23%). Autre enseignement de cette enquête, Emmanuel Macron emporterait une victoire très nette face à Marine Le Pen, dans le cas d'un deuxième tour à la présidentielle de 2017. Face à la candidate du FN, il recueillerait près de 65% des voix, contre seulement 54% pour François Hollande.

Le risque de se retrouver isolé

En quittant le gouvernement, Emmanuel Macron aurait bien plus à perdre qu'à gagner. N'étant plus encarté au Parti socialiste depuis bien longtemps, il se trouverait isolé, condamné à jouer les donneurs de leçons à l'image d'un Arnaud Montebourg, son prédécesseur à Bercy, qui, aujourd'hui, ne semble plus intéresser grand monde.
En revanche, en restant au gouvernement, il peut continuer à peaufiner son image de réformateur de l'économie, au grand désespoir de Manuel Valls qui aurait tant voulu jouer ce rôle.

Pôle emploi à la rescousse !

Certes, il devra avaler quelques couleuvres, quelques déceptions, fruits de l'imprévisibilité de la stratégie de François Hollande. Mais s'il veut avoir un avenir en politique, il devra s'en accommoder. Le jeu en vaut la chandelle. L'avenir " économique " d'Emmanuel Macron est déjà assuré depuis son passage à la banque Rothschild. Par ailleurs, une fois retourné à la " vie civile ", après son passage à Bercy, on imagine mal Emmanuel Macron ronger son frein à attendre une proposition de poste de la part de Pôle emploi .

Après avoir quitté son poste de secrétaire adjoint de la présidence de la République en juin 2014, il ne met que quelques semaines à obtenir la promesse d'un poste de professeur temporaire de macroéconomie au sein de la prestigieuse université de Princeton (New Jersey).
Comment peut-imaginer que le CV d'un ancien ministre de l'Economie de la sixième économie mondiale n'intéresse pas le secteur privé ou les grande institutions internationales ? Le parcours post-Bercy de ces prédécesseurs à Bercy illustre cette capacité à rebondir vers les hautes sphères.

Des postes prestigieux à disposition

Arnaud Montebourg est vice-président d'Habitat. Pierre Moscovici est commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et à l'Union douanière. Quant à Christine Lagarde, elle dirige depuis maintenant cinq ans le Fonds monétaire international.

Dans ce contexte, s'il veut pimenter son quotidien et s'il veut connaître les joies de l'incertitude qu'il semble décrire avec envie lorsqu'il évoque l'entrepreneuriat, Emmanuel Macron a peu de choix possibles. Rester au gouvernement, malgré les difficiles compromis, est la seule option qui vaille.

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Commentaires
a écrit le 25/01/2016 à 18:27 :
53% des Français feraient confiance à macron ! ! ! ! Ce qui signifierait que la moitié des citoyens marchent en se regardant le bout des godasses, parce que faire confiance à un tel individu, ou du moins à sa politique c'est ne pas être conscient de l'avenir qu'il nous façonne, ou qu'il façonne aux générations futures.
Pauvre France, il serait temps que quelque chose change......... et de façon radicale ! ! !
a écrit le 20/01/2016 à 18:23 :
Pourquoi Emmanuel Macron ne quitte pas le gouvernement? Parce qu'on n'a pas passé l'aspirateur dans son bureau chez Rothschild.
a écrit le 20/01/2016 à 15:17 :
carnet d adresse pour sa futur de carriere de voleur de l argent des honnetes gens
a écrit le 20/01/2016 à 14:45 :
Macron : la vie d'un entrepreneur «est souvent plus dure» que celle d'un salarié

Voila, en une phrase il a été très clair : il rappelle qui est l'ennemi , celui qui a "du gras" et dans quel sens seront ses propositions de lois
a écrit le 20/01/2016 à 14:44 :
Macron : la vie d'un entrepreneur «est souvent plus dure» que celle d'un salarié

Voila, en une phrase il a été très clair : il rappelle qui est l'ennemi , celui qui a "du gras" et dans quel sens seront ses propositions de lois
a écrit le 20/01/2016 à 12:41 :
Le ministre homéopathique va rester, à la grande non-surprise de tous, donc il va continuer ses bruyantes initiatives microscopiques pour bousculer des éléphants, donc il ne dérangera que dans les media, pour rire, et faire jaser, donc "même pas peur". Comme quoi, en France, il suffit de prendre le bruit du vent dans les feuilles des arbres pour le pas de celui qu'on attend.
a écrit le 20/01/2016 à 12:20 :
Est-ce un événement ? une péripétie ? un buzz ?
"Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés" (Georges Clemenceau)

Cordialement
a écrit le 20/01/2016 à 12:13 :
Merci beaucoup pour cet article et c'est bien pour cela que nous pouvons affirmer que le clivage droite/gauche n'existe plus depuis belle lurette puisque comme nous le constatons actuellement nous avons des dirigeants qui se disent de gauche mais qui pourtant valident sans discernement le néolibéralisme, dogme économique réactionnaire et conservateur s'il en est car validant le fait que l'économie doit rester dans les mains de quelques uns qui choisissent leurs successeurs.

D'où l'utilité du front national et de la publicité permanente que les médias lui font depuis trente ans au moins afin d'éliminer la seule et réelle contestation au capitalisme qu'il soit: l'extrême gauche (comme le NPA par exemple puisque le front de gauche est bien trop compromis au sein de ce système inégalitaire pour pouvoir en sortir un jour, le fait que Mélenchon soit copain avec Dassault ne faisant que confirmer mes propos).

Bref le capitalisme guide la contestation vers l'extrême droite car sachant pertinemment que cette dernière ne contrariera jamais sa politique élitiste espérant même certainement, et on la comprend parfaitement, qu'avec des gens aussi prêts à tout ils pourront martyriser encore plus la planète et les salariés au profit des profits.

Les affaires éclaboussant le front national en étant témoins, mais bien entendu les médias ne s'attardant jamais dessus alors que pourtant des militants et représentans de ce parti se sont fait arrêter pour avoir brûlé des bagnoles (afin de faire accuser les immigrés), de faire du trafic d'arme, de voler l'argent de leurs militants et de frauder allégrement le fisc.

Le milieu de l'argent l'a décidé: La dictature plutôt que le partage des richesses.
Réponse de le 20/01/2016 à 12:39 :
"Le capitalisme guide la contestation vers l'extrême droite "...Et l'extrême droite, c'est le nationalisme ...et le nationalisme... C'est la guerre. (François Mitterrand).
La guerre, la guerre civile, la révolution, la dictature, voilà ce qui nous est promis pour les prochaines années. Ceci dit nous y sommes déjà un peu.
Où sont les forces de gauche? Pas au gouvernement, et surtout ps à Bercy.
Réponse de le 20/01/2016 à 12:39 :
"Le capitalisme guide la contestation vers l'extrême droite "...Et l'extrême droite, c'est le nationalisme ...et le nationalisme... C'est la guerre. (François Mitterrand).
La guerre, la guerre civile, la révolution, la dictature, voilà ce qui nous est promis pour les prochaines années. Ceci dit nous y sommes déjà un peu.
Où sont les forces de gauche? Pas au gouvernement, et surtout ps à Bercy.
Réponse de le 20/01/2016 à 17:25 :
Et il "devait savoir" ce qu'il disait car cela lui a permis d'être décoré de la Francisque ! Francisque qu'il n'a d'ailleurs pas refusé ! Pourquoi ?
a écrit le 20/01/2016 à 12:09 :
maintenant que la finance libérale de Wall street a un pied a terre,le gouvernement doit se montrer plus ferme vis a vis des financiers.je propose Taubira comme ministre de l'économie assistée de Duflot aux finances lors du très prochain remaniement
Réponse de le 20/01/2016 à 16:38 :
Nombre de vos posts sur ce forum me laissent à penser que vous êtes un troll. C'est "élu ps" ou "chomeur fn" votre vrai nom?
Réponse de le 20/01/2016 à 17:20 :
S'il était un "chômeur fn" comme vous dites ; il ne proposerait certainement pas Mme Taubira et Mme Duflot. Donc, c'est bien un socialiste. Un FN demanderait des personnes compétentes et qualifiées pour de tels postes !
a écrit le 20/01/2016 à 11:58 :
Les ministres qui ont démissionné de leur plein gré se comptent sur les doigts d'une mains, tout les autres ont été démissionnés, soit individuellement soit collectivement à la faveur d'un remaniement plus ou moins complet.

Macron qui n'a rien d'un chevènement, attendra donc sagement la fin du mandat de Valls, d'autant plus que Hollande est plus que sensible a ses demandes et que les sondages le plébiscitent.

C'est un peu le Christine Lagarde hollandais. Venu du privé il repartira dans le privé, dans une gentille planque dorée et bien chaude, où il mettra en œuvre son carnet d'adresse.

D'autre part, cet individu a un égo qui fait qu'il n'est pas du genre à risquer un camouflet de la part des électeurs et pour cette raison ne se présentera jamais à une élection.
Il est bien trop dandy pour risquer les crachats de la populace, l’incertitude électorale, les contraintes de la vie publique.
Réponse de le 20/01/2016 à 14:08 :
Bien resume. Macron est loin detre un grand reformateur audacieux.

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