Prélèvement à la source : les chefs d'entreprise appréhendent la charge de travail

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Plus de la moitié (56%) des dirigeants interrogés estime que le prélèvement à la source sera une charge de travail supplémentaire pour les services comptables.
Plus de la moitié (56%) des dirigeants interrogés estime que le prélèvement à la source sera une charge de travail supplémentaire pour les services comptables. (Crédits : REUTERS/Regis Duvignau)
Si la majorité des dirigeants adhère au principe du prélèvement à la source, qui entrera en vigueur en 2019, cette mesure suscite des inquiétudes, selon "La grande consultation" réalisée par Opinion Way pour CCI France-La Tribune-Europe 1.

Cette année, les entrepreneurs vont passer les fêtes avec sérénité, sans craindre le retour des vacances. Sur les 610 dirigeants interrogés en décembre dans le cadre de "La grande consultation" par Opinion Way pour CCI France-La Tribune-Europe 1*, plus de 70% ont confiance dans l'avenir de leur entreprise, soit le taux le plus haut jamais enregistré pour cet indicateur. Leur opinion est également positive sur l'économie française (59% se déclarent confiants) et même mondiale (54%) en 2018.

Cet enthousiasme se ressent également dans la perception de la politique menée par l'exécutif. Après avoir sévèrement jugé le premier volet des réformes sociales - estimant que les ordonnances sur le Code du travail étaient trop défavorables à leurs salariés -, les chefs d'entreprise accueillent avec plus d'entrain le second volet visant à "sécuriser les parcours professionnels". Si une majorité de 53% estime toujours que le gouvernement agit plus sur la flexibilité que sur la sécurité, cette perception est en baisse de 12 points. Alors que plus de quatre sur dix jugent équilibrée la politique du gouvernement, soit une progression de 15 points.

Prélèvement à la source : oui sur le principe, mais...

Outre les réformes sociales, d'autres mesures sont en cours, dont certaines visant à simplifier les démarches administratives. L'une d'entre elles a été adoptée sous le quinquennat précédent, il s'agit du prélèvement à la source. Il devait entrer en vigueur dès 2018, mais le nouvel exécutif a décidé de le reporter à 2019.

| Lire aussi : prélèvement à la source au 1er janvier 2019 : mode d'emploi

Cette mesure est plutôt bien accueillie par les chefs d'entreprise, une forte majorité (59%) adhère au principe. En revanche, elle suscite plusieurs craintes. Quelle que soit la taille de l'entreprise, plus de la moitié (56%) des dirigeants interrogés estime que le prélèvement à la source sera une charge de travail supplémentaire pour les services comptables. La crainte est davantage partagée (73%) dans les entreprises de 10 salariés et plus.

Par ailleurs, les entrepreneurs appréhendent leur future collaboration avec l'administration fiscale. Plus d'un tiers estime que c'est une source de complexité, une perception davantage partagée là aussi par les entreprises de plus de 10 salariés (48%).

"Choc de simplification"

Depuis sa nomination, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures de simplification pour les entreprises. Après l'instauration du principe "toute nouvelle norme réglementaire doit être compensée par la suppression d'au moins deux normes existantes", énoncé par le Premier ministre Édouard Philippe, le gouvernement veut mettre en place un "droit à l'erreur".

La promesse d'une relation plus facile et plus apaisée avec l'administration n'est pas nouvelle. En 2013, François Hollande avait promis un "choc de simplification", mais quatre ans plus tard, une écrasante majorité des dirigeants interrogés (90%) juge que cela n'a pas facilité la vie quotidienne de leur entreprise. Malgré les bonnes intentions affichées, l'exécutif sera jugé sur pièce.

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Opinion Way, CCI France, La Tribune, La grande consultation des entrepreneurs,,

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a écrit le 21/12/2017 à 11:14 :
C'est que maintenant que c'est l'employeur qui paye l'impôt sur les revenus des particuliers, il se retrouve de facto coincé entre l’état et son employé.

Et c'est lui qui se retrouvera entre le marteau et l'enclume en cas de soucis de déclaration ou de paiement, éventuellement attaqué en justice par l'un ou l'autre ou les deux.

Le plus frustrant c'est que étant donné que beaucoup de contribuables sont déja trimestrialisés, voire mensualisés et qu'il y aura pour beaucoup des ajustements à effectuer en fin d'année, on ne comprend pas ou se trouve l'avantage du système pour l'état.
a écrit le 20/12/2017 à 17:53 :
OH MANDRIN, si tu savais, tout le mal que l'on nous fait !!
Voilà qu'ils veulent nous prélever tous les mois,
pourquoi pas tous les jours!!
ou même plusieurs fois par jour (c'est ce que l'on fait déjà : ex eau, électricité, gaz, achat, nourriture, ... seul manque l'air que l'on respire mais plus pour longtemps voir COP21).
ILS SONT DEVENUS FOUS

MANDRIN revient pour nous aider à ne pas l'accepter ;;;;
Sinon on va tous en crever de cette PESTE d'impôts !!!
a écrit le 20/12/2017 à 16:29 :
Ras le bol de cette usine à gaz!! PERSONNE ne veut de cette mesure. Pour un retraité c'est du VOL le fisc accède à son compte PRIVE de retraite et va prélever 12 fois par an!! au lieu d'une seule fois aprés 2 acomptes de février et mai.
Avec toutes les erreurs possibles.
Le problème c'est que quand le fisc se trompe et prélève (se sert) trop, il ne rembourse pas eh oui C'EST DU VOL En bande organisé !!! IL FAUT LE SAVOIR
Pour beaucoup de gens LA C O N F I A N C E envers l'Etat est NULLE.

Et ras le bol de toutes ces élites politiques qui nous dirigent ..!! un jour ça va péter!
a écrit le 20/12/2017 à 15:39 :
Ça serait bien que l’Europe et la France arrêtent de voler les actifs travailleurs qui ont cotisés de 1987 à 2013 ...
Notamment en abrogeant l’honteuse Loi de la sécurité sociale en France qui tend à supprimer les pensions de réversion des veufs et veuves
.., ils ( ump et Ps ) et aujourd’hui Rem ( qui ne change rien)ont fait passer la loi initiale de 50 ans à 55 ans comme si on pouvait choisir de pas mourir ou de mourir
Bref arrêtez de VOLER le peuple
Sinon au minimum
Interdisez et supprimer là sécurité sociale pour «  tous »
Car c’est une grosse arnaque ou bien
Ouvrez la concurrence pour la sécurité sociale ...
N’obligez pas les gens à cotiser s’ils ne veulent plus cotiser à la sécurité sociale
Tout ceci est contraire aux droits humains et à la démocratie la plus basique....
Réponse de le 20/12/2017 à 16:48 :
Pour la retraite de base de la CNAV, le survivant doit avoir 55 ans au moins et disposer de ressources annuelles inférieures à 20 300 euros en 2017 (pension de réversion future comprise) pour bénéficier de la réversion pleine, qui représente de 54 % de la retraite du défunt. Si ses ressources sont supérieures à ce seuil, la réversion est abaissée ou purement et simplement supprimée. Dans les régimes complémentaires Arrco et Agirc, la réversion s’élève 60 % de la pension du défunt, sans condition de ressources mais avec des conditions d’âge (55 ans à l’Arrco mais 60 ans à l’Agirc).
Réponse de le 20/12/2017 à 19:05 :
@lachose
Eh bien ce système est injuste car les familles s’investissent pour l’éducation des enfants souvent l’epouse Est conjoint collaboratrice et ne pense pas à sa carrière
Comment voulez vous rebondir avec le facteur du chômage , du deuil et un sytème administrative qui volent les cotisations des populations ??
C’est vraiment très injuste
Car tous savaient l’impact qu’aurait le numérique sur la croissance de l’emploi malgré ça
Sans pitié
Ils ont voté ces lois qui spolient le droit à l’existence de certaines familles «  victimes » du chômage , du deuil et du coup massue administratif

Ce n’est pas juste et c’est anti démocratique .
Le versement devrait être effectif le jour du décès et non x temps après pour amortir les «  caisses publiques » pillés par de nombreuses personnes aux détriments des vrais ayant droits.
a écrit le 20/12/2017 à 15:21 :
Le prélèvement à la source est une mauvaise idée. Ce n'est pas aux entreprises ni aux caisses de retraite à faire le boulot du fisc. Par ailleurs la mensualisation marche très bien.
N'en déplaise aux thuriféraires de ce projet, si vos revenus changent d'une année sur l'autre, avec la mensualisation, un coup de fil et l'administration fiscale modifie vos prélèvements. Ce qui serait intelligent, c'est de rendre la mensualisation obligatoire avec des prélèvements sur 12 mois au lieu de 10.
a écrit le 20/12/2017 à 12:09 :
Le fait est clair, on prélève de plus en plus d’impôts directement au départ des entreprises, IS, Caisses en tous genres, CSG-CRDS, IR maintenant... Si on veut vraiment un choc de simplification, il est grand temps de prélever un impôt unique sur le chiffre d'affaire des entreprises, qui remplacera tous les autres prélèvement obligatoires. Après tout, l'Etat necessite une quote part du PIB, et le CA cumulé des entreprises est a peu près de deux fois le PIB. Une telle mécanique placerait donc cette nouvelle forme de taxe unique a 24% du CA (au lieu de 20% de l'ancienne TVA), restant à peu près dans la fourchette de la TVA, mais présentera l'avantage de tout cumuler, d’être lisible, et de cesser d'inventer des morceaux de taxes en tous genre planquées dans les coins.
a écrit le 20/12/2017 à 11:57 :
C'est le plus gros cadeau fait aux ultra riches bien plus que l'ISF et la flat taxe de 30 %:une année d'impôts ne sera pas payée ,environ 75 milliards pour la plupart par ces ultra riches ou leurs héritiers .
Réponse de le 20/12/2017 à 22:26 :
Ce n'est effectivement un cadeau que lorsqu'un contribuable... cesse de l'être (autrement dit à son décès). Je pense que chacun (ou plutôt ses héritiers) espère récupérer son "cadeau" le plus tard possible.
a écrit le 20/12/2017 à 11:11 :
Je pense qu'il n'aurait fallu ne prélever à la source que la formule de la tranche à 30% appliquée à chaque individu (N=1) et fusionner la partie proportionnelle au revenu avec la CSG et les cotisations non contributives. Pour la tranche à 14% on pourrait faire cadeau de la différence (coût de 10Ge environ pour l'état), et pour les 2 tranches supérieures maintenir en l'état sans prélever à la source mais en différentiel avec la tranche à 30%. Le nombre de foyers concernés est assez faible pour les deux tranches supérieures donc pour la plupart des gens, le job était fait...et ce serait une ENORME simplification.
a écrit le 20/12/2017 à 11:04 :
Le prélèvement a la source fonctionne très bien dans les autres pays, mais on est bien plus bête qu'eux !
Réponse de le 20/12/2017 à 13:10 :
Effectivement, ça fonctionne très bien dans d'autres pays ... ceux qui ont des impôts "simples", comme la Belgique. Par contre, dans les pays où les impôts sont aussi compliqués que les nôtres, comme l'Allemagne, il parait que c'est une vraie galère ... et le paradis des avocats fiscalistes !
Ben oui on est bien bêtes plus qu'eux : au lieu de réformer l'impôt et de le préparer au prélèvement à la source, on fait l'inverse ! Mettre la charrue avant les bœufs n'a jamais été une bonne solution !
Réponse de le 20/12/2017 à 15:25 :
Vous avez raison, mais il y a une différence de taille. Dans les autres pays , l'impôt est individualisé. En France, il est familial. Si vous êtes en couple, qui va payer l'impôt, chacun sa part ou un des conjoints? Ensuite , il y a les enfants, les 577 niches fiscales etc... Notre fiscalité est d'une complexité effarante.
a écrit le 20/12/2017 à 10:46 :
Tout les gens compétents savent que c'est une immense connerie. Contrairement à ce qui est indiqué cela ne va pas simplifier, bien au contraire on va s'apercevoir des immenses complications que cela entraine. Moins on est compétent et plus on a de certitudes.
Réponse de le 20/12/2017 à 22:35 :
Je me demande quel est le pourcentage de français dont l'impôt prélevé sera à peu près égal à l'impôt dû; autrement dit qui échappera à un important reste à payer ou au contraire un important remboursement. Compte tenu de la très forte progressivité de notre IRPP, du nombre considérable de situations particulières (niches, quotient familial...) , il n'y a que ceux dont la composition du foyer fiscal n'a pas évolué, dont les revenus et les réductions d'impôt ont peu évolué qui pourront considérer que leur revenu après prélèvement à a source est à peu près un reste à dépenser.

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