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ÉconomieFrance

Présidentielle 2017 : quatre points de friction entre Macron et Le Pen

Photo de Anaïs Cherif

Anaïs Cherif

Publié le 24 avril 2017 à 16:48 - Mis à jour le 24 avril 2017 à 22:50

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Europe, immigration, 35 heures... Les différences entre les programmes d'Emmanuel Macron (En Marche!) et Marine le Pen (Front National) sont nombreuses.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont été les favoris des urnes lors du premier tour de l'élection présidentielle, en obtenant respectivement 24,01% et 21,30% des suffrages. Les candidats d'En Marche ! et du Front National s'affronteront au deuxième tour le dimanche 7 mai. Tour d'horizon des principaux points d'opposition entre leurs programmes.

■ L'Europe

Premier choc frontal. Des onze candidats à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron est le seul à s'être affiché ouvertement pro-européen. Le candidat d'En Marche ! prône une Europe plus fédérale. Parmi ses mesures phares, il propose l'élaboration d'un budget de la zone euro, la création d'un Parlement de la zone euro et d'un poste de ministre des Finances de la zone euro. L'ancien banquier propose aussi l'instauration d'un "socle de droits sociaux européens, en définissant des standards minimums en matière de droits à la formation, de couverture santé, d'assurance chômage ou de salaire minimum (à des niveaux tenant compte de l'inégal développement des Etats membres)". Il se dit également favorable aux traités de libre-échange comme le CETA, qui libéralise les transactions entre le Canada et l'Europe.

| LIRE AUSSI : Europe : la stratégie d'Emmanuel Macron est-elle la bonne ?

Souverainiste, Marine Le Pen a fait de la sortie de l'Union Européenne un des piliers de sa campagne. Si la candidate du Front National est élue, elle souhaite suspendre les accords de Schengen et organiser un référendum sur la sortie de l'UE - après des négociations. La député européenne souhaite également un retour au franc. Objectif : "Instaurer un vrai patriotisme économique en se libérant des contraintes européennes et en réservant la commande publique aux entreprises françaises si l'écart de prix est raisonnable."

■ L'immigration

Sans surprise, les deux favoris s'opposent sur la question de l'immigration. Thème clé chez Marine Le Pen, la candidate frontiste multiplie les propositions. Marine Le Pen s'est fixée pour objectif de réduire drastiquement l'immigration légale - de 200.000 à seulement 10.000 par an ! Elle dit vouloir "mettre fin à l'automaticité du regroupement et du rapprochement familial" dans l'Hexagone. Le droit du sol serait également supprimé en cas de victoire du Front National et les conditions de naturalisation seront durcies. Enfin, la candidate veut appliquer une politique de préférence nationale, en instaurant une taxe sur les embauches de salariés étrangers.

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| LIRE AUSSI : Présidentielle : pourquoi la préférence nationale voulue par le FN est un non-sens économique

De son côté, Emmanuel Macron défend une "France ouverte". Le candidat d'En Marche ! souhaite notamment faciliter l'accès au travail pour les étudiants étrangers titulaires d'un master. Il propose également de simplifier l'obtention de visas pour les professionnels afin d'améliorer "l'attractivité de la France dans la compétition internationale pour attirer les talents étrangers". Enfin, l'ancien ministre souhaite développer des "accords globaux avec les principaux pays de départ et de transit de migrants", pour instaurer des aides au développement et lutter contre les passeurs.

■ Le travail et la retraite

Le candidat d'En Marche ! recycle une proposition formulée lorsqu'il était ministre de l'Economie sous Hollande : Emmanuel Macron souhaite assouplir la durée légale de travail, en supprimant notamment les 35 heures pour les jeunes. Au contraire, les seniors pourraient voir leurs horaires aménagés entre 30 à 32 heures. L'ancien ministre accordera la "primauté aux accords d'entreprise sur les accords de branche" afin de pouvoir négocier "les conditions de travail et les salaires au plus près du terrain", selon le programme du candidat. Plus largement, Emmanuel Macron souhaite maintenir la Loi travail. Concernant la retraite, il dit vouloir conserver l'âge de départ à 62 ans, en instaurant un régime universel par points.

| LIRE AUSSI : Macron relance le vieux débat de la retraite universelle par points

La candidate frontiste souhaite quant à elle abroger la loi travail et maintenir les 35 heures. Elle préconise "d'autoriser la négociation sur l'allongement du temps de travail exclusivement au niveau des branches professionnelles et à la condition d'une compensation salariale intégrale (37 heures payées 37 ou 39 heures payées 39)". Marine Le Pen souhaite avancer l'âge de la retraite à 60 ans avec 40 années de cotisation.

■ Le numérique

L'innovation, un thème récurrent lors de la campagne de l'ancien ministre. Emmanuel Macron prévoit d'investir 10 milliards d'euros (issus de son plan d'investissements de 50 milliards d'euros) afin de "redéfinir l'action publique". Objectif : réaliser 100% des démarches administratives en ligne d'ici 2022. Tous les droits seraient consultables depuis une même plateforme, avec la création d'un "compte-citoyen". Le candidat instaurerait un "droit à l'expérimentation en matière numérique" afin de permettre aux entreprises de "déroger aux dispositions en vigueur afin de tester de nouvelles solutions".

| LIRE AUSSI : Présidentielle 2017: Macron veut faire basculer l'Etat dans l'ère numérique

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Marine Le Pen présente quant à elle un programme extrêmement pauvre en matière de numérique. La candidate frontiste propose d'établir une "charte à valeur constitutionnelle", incluant la protection des données personnelles. Comme la Chine ou la Russie, elle souhaiterait obliger les entreprises à stocker les données de leurs clients dans des serveurs localisés en France. Marine Le Pen désire aussi "fixer" l'innovation dans l'Hexagone, en interdisant à une entreprise qui reçoit des aides publiques de se vendre à une société étrangère pendant 10 ans. Elle dit vouloir augmenter de 30% le budget public de la recherche.

Anaïs Cherif

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