« Marine Le Pen veut construire une Europe des nations en bouleversant les institutions »
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Mathilde Ciulla, coordinatrice du bureau de Paris du think tank European Council on Foreign Relations (ECFR).
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Mathilde Ciulla, coordinatrice du bureau de Paris du think tank European Council on Foreign Relations (ECFR).
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... il on Foreign Relations (ECFR*) .
LA TRIBUNE - La guerre menée en Ukraine par la Russie a-t-elle eu une influence sur le scrutin à la lumière du premier tour de l'élection présidentielle?
Mathilde Ciulla - Oui. Au lendemain de l'agression russe en Ukraine, il y a vraiment eu un effet de ralliement derrière le drapeau qui a bénéficié à Emmanuel Macron. Durant les premières semaines de la guerre, il était très haut dans les sondages, ce qui est inédit pour un président sortant depuis les années 1960. Les Françaises et les Français ont jugé Emmanuel Macron comme la seule personne ayant une stature internationale, capable d'être assis à la même table de négociations que les dirigeants des autres grands pays. Il a également bénéficié du positionnement de certains candidats sur cette question. L'extrême droite entretient des liens clairs et étroits avec la Russie de Vladimir Poutine. D'autres ont eu une attitude plus ambiguë à l'exemple de Jean-Luc Mélenchon, ce qui n'a pas aidé à la clarté de son positionnement. Le candidat qui en a le plus pâti a été Eric Zemmour. Parti très haut dans les sondages, il a défendu Vladimir Poutine jusqu'à très récemment, par exemple en s'opposant à l'accueil de réfugiés ukrainiens sur le sol français. Au contraire, Marine Le Pen a eu l'habileté d'éviter tout discours pro-Poutine, malgré ses liens bien connus avec le Kremlin, pour se concentrer sur l'impact des sanctions sur le pouvoir d'achat des Français.
Précisément, les positions de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon même si elles sont très différentes s'opposent à celles d'Emmanuel Macron. Cela peut-il peser sur le second tour?
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Même s'il y a une certaine complaisance de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon à l'égard du régime russe, ce n'est pas pour les mêmes raisons. Dans le cas du candidat de la France insoumise, il s'agit davantage d'une position anti-américaine que pro-russe. Et je ne pense pas que cet argument sera décisif aux yeux des électeurs de Jean-Luc Mélenchon pour s'abstenir ou voter Le Pen. Leur choix se fera davantage en réaction à la politique menée par Emmanuel Macron depuis cinq ans, qu'ils perçoivent comme une attaque contre le modèle social français, avec la montée des inégalités et l'appauvrissement de certaines couches de la population. Je ne pense pas que les positions des deux candidats en matière de politique internationale seront déterminantes en ce qui concerne le report de voix pour le second tour.