Réforme des retraites : l'abrogation selon les modalités du RN rejetée en commission
latribune.fr
Le député communiste André Chassaigne a dit être prêt à voter le texte d'abrogation de la réforme des retraites présenté par le Rassemblement national.
La proposition de loi du Rassemblement national pour ramener l'âge de la retraite à 62 ans a été rejetée ce mercredi en Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale.
[Article publié vendredi 23 octobre 2024 à 10h23, mis à jour à 15h56] La proposition de loi du Rassemblement national pour ramener l'âge de la retraite à 62 ans a été rejetée ce mercredi en Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale. Les deux principaux articles du texte, porté par le député du groupe RN Thomas Ménagé, pour ramener l'âge légal de départ à 62 ans et la durée de cotisation à 42 ans, ont ainsi été repoussés par les voix de la droite et des macronistes, ainsi que d'une partie de la gauche.
Le texte du RN doit désormais passer à l'examen en séance plénière lors de la journée réservée aux textes du groupe RN le 31 octobre. Il entend rétablir l'âge légal de départ à 62 ans, ainsi que la durée de cotisation à 42 ans pour une pension à taux plein, le tout financé par une hausse des prix du tabac.
A noter : pour éviter un rejet total qui aurait conduit à repartir du texte initial dans l'hémicycle, gauche, droite et macronistes ont ensuite approuvé plusieurs demandes de rapports - sur le financement des retraites et l'évaluation des précédentes réforme. Une manœuvre qui obligera le RN à déposer des amendements pour rétablir sa proposition d'abrogation, avec un très fort risque que la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet les juge irrecevables sur le plan financier. A moins que le groupe de Marine Le Pen ne se résigne à retirer ce texte phare de l'ordre du jour de sa « niche » parlementaire du 31 octobre.
Division au sein de la gauche
L'écologiste Sandrine Rousseau et le socialiste Jerôme Guedj notamment ont choisi de s'opposer au texte, quand la plupart de leurs camarades présents ont choisi de ne pas prendre part au vote, de même que tous les membres LFI de la commission. Seul le communiste Yannick Monnet a voté pour, tout en reconnaissant que son groupe était divisé sur le sujet.
Une diversité de positions révélatrice du dilemme posé aux quatre composantes du Nouveau Front populaire, qui ont fait campagne en juin sur l'abrogation de la réforme des retraites, mais répugnent à donner le point au RN. Pas question en effet de « participer à cette escroquerie » pour la socialiste Sandrine Runel, qui a rappelé l'absence du parti à la flamme dans les manifestations début 2023.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
« Votez notre texte, ça ne vous rendra pas radioactifs », a néanmoins tenté l'élu d'extrême droite Christophe Bentz. « Tartuffes! », a répliqué l'écologiste Benjamin Lucas, dénonçant « l'esbroufe » du « coup d'un soir législatif » proposé par le RN, dépourvu de groupe au Sénat pour reprendre sa proposition de loi.
La France insoumise espère imposer son propre calendrier d'abrogation de la réforme. Un texte en ce sens est programmé le 28 novembre à l'Assemblée. En cas de succès, il pourrait être repris par les communistes au Sénat fin janvier, puis de nouveau à l'Assemblée par les écologistes début février, a affirmé lundi la cheffe des députés LFI Mathilde Panot.
Une suppression de la réforme inacceptable à droite
Mais pour la droite et les macronistes, la suppression de la réforme des retraites est tout simplement inacceptable. L'an dernier, ils avaient défendu le passage progressif à 64 ans d'ici 2030 comme âge légal de départ à la retraite. Une mesure jugée essentielle pour assurer la pérennité du régime. Et ils ne sont pas les seuls cet automne à s'inquiéter d'une possible mise au rebut de la réforme.
Interrogé mardi sur BFM TV, le patron du Medef, Patrick Martin, a mis en garde : « Il faut que dans ce pays, on travaille plus ! Si on revient sur cette réforme, ce sera terrible pour la performance économique du pays, pour le taux d'emploi dans le pays. Mais ce sera terrible également pour les marchés financiers. (...) Si on abroge cette réforme des retraites, on part carrément en vrille. »