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Réforme des retraites : les syndicats annoncent une première journée de grève le 19 janvier

latribune.fr

Publié le 10 janvier 2023 à 18:33 - Mis à jour le 11 janvier 2023 à 09:17

France : la branche energie de la cgt rejoint la mobilisation pour les salaires fin janvier

Les huit syndicats ont appelé à la grève le 19 janvier.

ERIC GAILLARD

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La Première ministre a présenté, ce mardi, les contours de la réforme des retraites qui devrait entrer en vigueur le 1er septembre 2023. C'est sans compter les protestations des syndicats et de l'opposition qui rejettent en particulier tout relèvement de l'âge de départ à la retraite. Or, il doit justement être repoussé à 64 ans par la réforme qui prévoit également la fin des régimes spéciaux. En conséquence, huit syndicats ont annoncé une première journée de mobilisation.

[ Article publié le 10 janvier et mis à jour à 20H45 ]

La grogne sociale n'a pas tardé à monter. À peine l'allocution de la Première ministre terminée, les syndicats se sont fait entendre, promettant une mobilisation contre le projet de réforme des retraites présenté ce mardi par Elisabeth Borne.

Une contestation qui passera par une première journée de grèves et de manifestations prévue pour le 19 janvier, comme l'ont annoncé les huit principaux syndicats français (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU) et que l'ensemble de la gauche, des socialistes à LFI, a appelé à rejoindre. « Nous serons dans la rue. Nous mettrons toutes les forces de gauche au service de cette bataille », a ainsi affirmé la députée de Seine-Saint-Denis (LFI-Nupes), Clémentine Autain.

Les organisations syndicales et de jeunesse réunies

Les huit organisations se retrouveront dès le soir du jeudi 19 « avec les organisations de jeunesse pour prolonger le mouvement de mobilisation et convenir d'autres initiatives », précisent-ils. « Pour contrer cette réforme, qui est injuste pour les travailleurs et les travailleurs, je les appelle avec l'ensemble des organisations syndicales, à se mobiliser le 19 janvier partout en France », a insisté Laurent Berger au micro des journalistes. « Quand on a toutes les organisations syndicales de salariés mais aussi de jeunesse qui sont contre une telle mesure, ça doit faire réfléchir normalement », a renchéri son homologue de la CGT, Philippe Martinez.

Cette première journée doit « donne(r) le départ d'une puissante mobilisation sur les retraites dans la durée », affirment dans un communiqué commun les huit syndicats, dont les secrétaires généraux et présidents se sont réunis à la Bourse du travail, ce mardi soir. « Cette réforme va frapper de plein fouet l'ensemble des travailleurs et travailleuses, et plus particulièrement celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt, les plus précaires, dont l'espérance de vie est inférieure au reste de la population, et celles et ceux dont la pénibilité des métiers n'est pas reconnue », ont-ils à nouveau dénoncé. « Le système de retraites par répartition n'est pas en danger, rien ne justifie une réforme aussi brutale », écrivent-ils.

Un départ à la retraite à 64 ans

Lors de sa conférence de presse, la Première ministre a notamment annoncé le relèvement de l'âge de départ à la retraite à 64 ans contre 62 actuellement. Plus précisément, l'âge légal à partir duquel il sera possible de partir à la retraite sera progressivement relevé à compter du 1er septembre 2023, à raison de trois mois par année de naissance. Il sera ainsi fixé à 63 ans et 3 mois en 2027 à la fin du quinquennat, puis atteindra la cible de 64 ans en 2030. Une mesure qui a satisfait les Républicains (LR).

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Lire aussiRéforme des retraites : les 7 raisons qui ont poussé le gouvernement à opter pour 64 ans

Or, les syndicats avaient prévenu de longue date qu'ils s'opposeraient à tout recul de l'âge de départ, à 64 ou 65 ans. « La mesure d'âge est la plus dure de ces 30 dernières années », avait déjà dénoncé Laurent Berger de la CFDT, résolu à la contester « même avec des mesures positives sur les carrières longues ou la pénibilité ». Opposition et syndicats estiment, en effet, que le relèvement de l'âge légal affectera surtout les plus modestes, qui ont commencé à travailler tôt et ont déjà leurs trimestres à 62 ans. « Si Emmanuel Macron veut en faire sa mère des réformes (...), pour nous ce sera la mère des batailles », a d'ores et déjà prévenu le patron de Force ouvrière, Frédéric Souillot.

Depuis le mois de juin, l'intersyndicale se réunit à intervalles réguliers, soucieuse d'afficher son unité face à la réforme. Une unité syndicale inédite depuis douze ans et la mobilisation contre la réforme portée par Eric Woerth, qui avait relevé l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans.

Les syndicats « doivent peut-être encore regarder précisément le texte », rétorque Borne

Face à la montée de la contestation et alors que les débats débuteront à l'Assemblée nationale le 6 février, Elisabeth Borne a assuré avoir mené « beaucoup de discussions avec les organisations syndicales et patronales » avant la présentation de la réforme ce mardi. « J'ai l'impression que les organisations syndicales doivent peut-être encore regarder précisément le texte. On répond à des demandes qu'ils formulent depuis longtemps », a-t-elle assuré sur le plateau du 20 heures de France 2. « C'est un projet plus global. il y a des avancées de progrès. Les syndicats pourront sans doute le reconnaître ultérieurement », a insisté la cheffe du gouvernement. Interrogée sur le soutien des Républicains qui réclamait le reporte de l'âge de départ à la retraite à 64 et non 65 ans, Elisabeth Borne à indiqué : « je pense qu'on répond à beaucoup de demandes formulées notamment les Républicains, que ce soit le décalage à 64 ans et l'accélération de la durée de cotisation. Je pense qu'ils doivent pouvoir se retrouver sur certains sujets ». « Je souhaite convaincre. Ce projet, nous y travaillons depuis le mois d'octobre et je suis convaincue que nous proposons un projet d'équilibre qui demande de travailler progressivement plus longtemps, mais il y a vraiment des avancées », a-t-elle encore martelé.

Fin des régimes spéciaux

La réforme des retraites prévoit également la fin des régimes spéciaux, notamment ceux de certains travailleurs à la RATP. Le gouvernement souhaite, en effet, que « le même métier donne droit à la même retraite et nous fermerons la plupart des régimes spéciaux ». De manière générale, « les nouveaux embauchés à la RATP, dans la branche industrie électrique et gazière (EDF, etc), à la Banque de France, les clercs de notaires et les membres du CESE (Conseil économique, social et environnemental) seront affiliés au système général pour la retraite », précise le gouvernement. De quoi fournir les éléments supplémentaires à la mobilisation.

Le Medef satisfait, mais s'oppose au principe d'index seniors

De son côté, le Medef a salué mardi « les décisions pragmatiques et responsables » prises par le gouvernement pour réformer le système de retraites, « Assurer l'avenir de ce pilier du modèle social du pays, tout en maintenant le pouvoir d'achat des actifs et des retraités, conduit nécessairement à travailler plus longtemps », a  réagi la première organisation patronale française dans un communiqué. « A cet égard, le relèvement de l'âge de départ à 64 ans complété d'une accélération de l'allongement, déjà prévu, de la durée de cotisation, est indispensable », a-t-elle ajouté.

Le Medef a toutefois manifesté ses réticences quant à la mise en place d'un « index » sur l'emploi des seniors. Une sanction est prévue en l'absence de publication de cet indicateur. « Les entreprises joueront leur rôle et sont prêtes à se mobiliser pour l'emploi des seniors », a affirmé l'organisation qui « reste en revanche opposée » à ce dispositif. Pour le Medef, il faudrait qu'il soit « construit à partir d'indicateurs maîtrisables par les entreprises (taux d'accès à la formation, nombre de visites médicales de mi-carrière, etc.) dont les modalités seraient négociées par branche ou par entreprise ».

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Sur l'usure professionnelle, l'organisation patronale juge le projet de réforme « équilibré » tandis que le relèvement du minimum de pension est pour le Medef « une mesure juste qui récompense le travail », mais qui « devra être calibrée afin de maintenir l'écart entre revenus du travail et prestations retraite ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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