Il ne s'agit pas de travailler jusqu'à 64, 65, ou même 67 ans... mais 70 ans ! C'est la nouvelle borne d'âge proposée par Nicolas Dufourcq, le patron de la banque publique d'investissement (BPI).
« D'une manière ou d'une autre, il faut que les cadres restent connectés jusqu'à 70 ans », écrivait, le banquier, la semaine dernière dans une tribune publiée dans Les Échos. Et d'ajouter qu'« avec l'allongement de l'espérance de vie, la retraite devient une forme de rente d'inactivité pour des personnes en bonne santé. Nos finances et notre économie ne peuvent plus se le permettre ». Sans compter aussi, selon lui, un manque à gagner considérable pour le pays en termes de compétences : car ces seniors sont aussi des experts. En aparté, Nicolas Dufourcq explique que, loin de vouloir susciter des polémiques, il trouve important que, dans la période, les entrepreneurs participent au débat, et soient forces de propositions.
Le numéro un de la BPI n'est pas le seul à avoir cette idée. Patrick Martin, le président du Medef, a lui aussi, début mars, abordé, en creux, le maintien en activité des salariés jusqu'à 70 ans. Une déclaration faite à l'occasion du débat sur les ressources pour se réarmer face au risque de conflits géopolitiques. Le patron des patrons a ainsi cité l'exemple du Danemark : « Un pays a décidé de reporter à 70 ans l'âge légal de départ à la retraite pour que l'économie finance un effort de guerre ». À ceci près que les Danois n'ont pas encore officiellement voté ce décalage, prévu par une réforme de 2006, sans lien direct avec les questions de défense.