Retraites : la Cour des comptes alerte sur les inégalités du système

Fanny Guinochet
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Pas de grandes surprises, mais un diagnostic complet et argumenté. C'est ce qui ressort de ce second rapport présenté par la Cour des comptes sur notre régime des retraites, paru ce jeudi. Alors que les partenaires sociaux se réunissent dans le cadre du conclave lancé par François Bayrou, Pierre Moscovici et ses équipes ont passé au crible la situation et les lacunes de notre régime général.
Revue de détails des principaux enseignements.
Premier constat : les réformes successives des retraites, notamment en décalant l'âge légal de départ, ont favorisé le maintien en emploi des seniors. Ainsi, la réforme des retraites de 2010, passant l'âge de départ de 60 à 62 ans, s'est traduite par une augmentation très nette de l'emploi des plus âgés (55 à 60 ans), et un allongement d'1 an et 7 mois en moyenne en emploi.
Mais derrière, se cachent d'importantes disparités : ainsi les ouvriers n'en ont bénéficié qu'à 66 % contre 85 % pour les professions intermédiaires ou les cadres. Et pour cause, les ouvriers sont plus souvent placés en dehors du marché du travail, en étant soit au chômage ou soit en invalidité. Près de 6 sur 10 qui ont entre 55 et 61 ans, ne sont ni en emploi, ni en retraite pour des raisons de santé ou handicap, contre moins de 3 sur dix pour les cadres. Cette situation a évidemment des effets sur le niveau de pension.
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Et le rapport de noter par ailleurs, que les dispositifs de carrières longues n'ont pas permis de gommer ces inégalités : les retraités dont les pensions sont les plus faibles ne représentent que 13 % des départs pour carrières longues. Sachant qu'en France, l'écart d'espérance de vie à 65 ans entre les cadres et les ouvriers est de 2 ans pour les femmes, et de 3 ans pour les hommes.
Fanny Guinochet