INFOGRAPHIE. Le Haut-commissariat au Plan et France Stratégie ont chiffré différents scénarios de refonte du service national universel, comme demandé par Emmanuel Macron. Parmi eux, un retour au service militaire obligatoire serait le plus coûteux, et de loin.
Et si le service militaire obligatoire, supprimé en 1997 par le président Jacques Chirac, faisait son grand retour ? Cette idée a été analysée et chiffrée par le Haut-Commissariat au Plan et France Stratégie, dans le cadre de la refonte du service national universel (SNU) souhaitée par Emmanuel Macron, dans une note publiée ce lundi et consultée par Franceinfo.
Il en ressort que la facture serait salée : 14,5 milliards d'euros chaque année s'il est mixte, c'est-à-dire s'il concernait 600 000 jeunes hommes et femmes. S'il n'est obligatoire que pour les hommes, soit 300 000 personnes, son coût total tomberait à 7,2 milliards d'euros par an.
Une option que le chef de l'État ne trouvait en tout cas pas « réaliste » à la mi-mars, dans une interview à plusieurs journaux régionaux. Selon lui, la France « n'a plus la base, plus la logistique » pour remettre en place une conscription. « À partir du moment où on est allé vers la professionnalisation de nos armées, focalisées sur l'opérationnel, les réemployer pour encadrer 800 000 jeunes (...) n'est absolument pas un schéma opérant », avait-il justifié.
D'autres scénarios entre 600 millions et 5 milliards
Le Haut-Commissariat au Plan et France Stratégie se sont penchés sur d'autres scénarios que le retour du service militaire obligatoire. Et tous se révèlent moins onéreux.
Le SNU pourrait ainsi évoluer en une version « vitaminée » qui attirerait cinq fois plus de jeunes de 15 à 17 ans qu'actuellement, soit 200 000 par an. Il s'agirait d'un service civil, à caractère volontaire, avec des missions d'intérêt général dans différents domaines (sécurité civile, solidarité, culture, santé, sport, environnement...). Pour un coût chiffré à près de 600 millions d'euros par an.
Autre option : même schéma mais version obligatoire et élargie. Le SNU pourrait alors viser 75 % d'une classe d'âge (15-17 ans ou 18-25 ans). 600 000 jeunes seraient alors ciblés et le coût oscillerait entre 1,7 et 3,5 milliards d'euros par an.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Les deux organismes avancent également l'idée d'un service militaire volontaire de six mois, pour des jeunes de 18 à 25 ans, avec un effectif de 70 000 jeunes par an. Coût évalué : 1,7 milliard d'euros par an.
Enfin, deux scénarios dits « hybrides » sont présentés. D'une part, un service civil obligatoire pour 600 000 jeunes, avec 12 jours dits de cohésion, suivi de cinq mois de mission de type service civique. 10 % d'entre eux (60 000) prolongeraient ensuite sur un service militaire volontaire de trois mois. Le coût est ici chiffré à 4,95 milliards d'euros par an. Cette formule hybride pourrait autrement prendre la forme d'un service obligatoire de douze jours pour 600 000 jeunes, puis chacun continuerait en choisissant entre un service civil de cinq mois ou un service militaire de trois mois. Le coût de cette idée est évalué à environ 5,2 milliards d'euros.
(Cliquez pour agrandir l'image)
Les Français favorables au service militaire obligatoire
Le débat sur le retour du service militaire a ressurgi ces dernières semaines, quand le président américain Donald Trump a remis en question son aide militaire à l'Ukraine et aux Européens. Une majorité de Français (86 %) se dit ainsi globalement favorable au rétablissement du service militaire, d'après un sondage Ipsos-CESI École d'ingénieurs paru mi-mars. Et même 53 % au service obligatoire.
Ainsi, à la question « êtes-vous favorable ou non au retour du service militaire en France ? », 32 % ont répondu « oui » à un service obligatoire pour les femmes et les hommes, 21 % à un service obligatoire uniquement pour les hommes et 33 % sur la base du volontariat. Ces résultats varient, sans surprise, selon la tranche d'âge. Le service obligatoire recueille l'adhésion de 63 % chez les 60 ans et plus, contre 41 % des moins de 35 ans.