Sécurité : le coût des mesures post-attentats passe de 600 à 815 millions d'euros

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8.500 postes vont être créés d'ici 2017 dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité, dont 5.000 dans la police et dans la gendarmerie.
8.500 postes vont être créés d'ici 2017 dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité, dont 5.000 dans la police et dans la gendarmerie. (Crédits : Robert Pratta/Reuters)
Dans ce plan qui intéresse l'Intérieur, la Justice, la Défense, les Douanes et la DGSE, Michel Sapin avait notamment oublié de compter la rallonge de 100 millions pour les Opex en Syrie, mais aussi les retraites des 8.500 nouvelles embauches (police, justice, douanes)...

Avec 600 millions d'euros de mesures annoncées, le renforcement des moyens alloués à la sécurité post-attentats était déjà "d'une ampleur exceptionnelle", selon les mots du ministre des Finances Michel Sapin. Que dire alors du nouveau montant réévalué à 815 millions d'euros annoncé ce lundi ?

Une "avance" pour les Opex

Ce nouveau montant correspond au total des amendements finalement déposés par le gouvernement dans le projet de budget 2016, actuellement en débat au Sénat, a confirmé à l'AFP le ministère.

Dans sa première estimation portant à 600 millions d'euros le coût des mesures de sécurité, le gouvernement avait omis 100 millions d'euros de dépenses supplémentaires pour la Défense, destinés notamment à financer les opérations militaires en Syrie.

     | Lire: Terrorisme : la France a-t-elle les moyens de faire la guerre contre Daech ?

Les "opérations extérieures", ou "opex", sont souvent financées par des prélèvements sur la réserve de précaution, intégrée au budget de l'Etat. Mais dans ce cas, et au vu de la situation, il a finalement "été décidé de faire une avance", a indiqué Bercy.

Un nouveau "pacte de sécurité"

Le calcul initial n'avait pas tenu compte non plus de la contribution aux futures dépenses de retraite liées aux nouvelles embauches de fonctionnaires. "Cela représente approximativement 70 millions d'euros", selon Bercy. Près de 55 millions d'euros supplémentaires ont enfin été rajoutés au projet de budget après un examen plus poussé des mesures annoncées par l'exécutif, a précisé le ministère.

Le gouvernement a annoncé après les attentats un "pacte de sécurité" incluant la création de 8.500 postes en deux ans, dont 5.000 dans la police et la gendarmerie (3.150 en 2016), 2.500 à la Justice (1.300 en 2016) et 1.000 dans les Douanes.

Quid du pacte de stabilité?

Ce pacte prévoit dans le détail 325 millions d'euros supplémentaires pour le ministère de l'Intérieur, 250 millions pour la Justice, 100 millions pour la Défense, 36 millions pour les douanes et 24 millions pour la DGSE.

     | Lire: La sécurité des Français ne doit pas être financée par la dette

Selon Michel Sapin, qui avait dans un premier temps fait état d'une possible "dégradation du déficit public", ces dépenses nouvelles ne remettront pas en cause les engagements budgétaires pris par la France vis-à-vis de Bruxelles. Paris s'est engagé à ramener le déficit public de 3,8% en 2015 à 3,3% du PIB en 2016, puis sous la barre des 3%, fixée par le "pacte de stabilité" européen, en 2017.

     | Lire: Europe : feu le pacte budgétaire ?

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 01/12/2015 à 10:29 :
L'état d'urgence a toujours été un état permanent en Syrie, en Lybie, en Tunisie, en Irak, et ... en Espagne sous Franco etc ...

et ces états d'urgence n'ont jamais empêché le développement des extrémismes, la preuve est irréfutable ;

L'état d'urgence du gouvernement Valls est donc bien dérisoire, et inutile, très contreproductif.
a écrit le 30/11/2015 à 20:57 :
Peut-être faudra-t'il enfin présenter la facture aux responsables de la situation au Moyen-Orient. Soit, l'otan.
a écrit le 30/11/2015 à 16:51 :
Pour conclure il faut être au minimum 2 personnes/entités, quand le président "sauveur du monde" avec la COP21, parle de "pactede sécurité",je ne me souviens pas qles rançais aient été consultés sous une forme ou une autre, quant à l'oubli de quelques 250 millions par le ministre des finances, cela ne fait que confirmer l'enfumage permanent et les tours de magie fiscale et autres qu'ils nous prodiguent depuis 2012, aujourd'hui, même si l'écologie est un élément important pour l'avenir de la planète, point n'est besoin de tout ce cirque pour parvenir à un accord à minima, ou qui ne sera pas suivi d'effets dans l'avenir. Pendant ce temps on ne parle pas des vrais problèmes, des réformes nécesaires (régimes spéciaux, fonctionnaires) les retratites complémentaires du privé viennent une fois de plus de faire l'objet de révisions drastiques, et les fonctionnaires et les régimes spéciaux, à quand leur tour ?
Regardeons de près les bilans sociaux de nos régions, communes, départements....pour constater que nos agents sont largement plus absents que leurs homologues du privé....et que les titulaires le sont plus que les contractuels.
Quand on constate dans le rapport de la Cour des Comptes, que les agents des collectivités sont globalement à moins de 35 Heures par semaine,
Quand les agents du secteur public bénéficient de 38 jours de congés par an en moyenne contre 31 pour le privé
et la liste est encore longue.......
a écrit le 30/11/2015 à 15:11 :
en parlant d'oubli du cout des retraites, quand est-ce que l'on réforme les retraites des fonctionnaires? Parce que dans le privé, on réforme mais dans le public les retraites ne bougent pas. en voila une piste d'économie pour financer les embauches....
Réponse de le 30/11/2015 à 15:58 :
Non. Il faut continuer de réformer les retraites dans le privé. Elles ont plus avantageuses que celles du public.
Réponse de le 30/11/2015 à 16:16 :
Fafa,vous voulez sans doute diminuer les retraites des fonctionnaires de la police et de l'armée qui vous protègent?Soyons sérieux,plus que jamais le pays a besoin d'un service public fort!
Réponse de le 30/11/2015 à 17:53 :
Réponse aux deux interlocuteurs ci dessous. Il faut un état fort, et les retraites dans le privé sont plus avantageuses !!! Donc vous ne verrez aucun inconvénients à vous aligner sur le privé.
Réponse de le 01/12/2015 à 10:40 :
Von Chubb, Excellent +1
a écrit le 30/11/2015 à 14:46 :
800 millions d'euro, c'est 0.1% de deficit public. Si ca n'est que cela qui fait déraper les financies personne ne dira rtien. Moi j'ai surtout l'impression que ca va etre une excuse prise pour faire déraper bien plus alrgement sur des tas d'autres aspects...

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