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Semaine décisive pour la réforme des retraites

latribune.fr

Publié le 06 mars 2023 à 06:05 - Mis à jour le 06 mars 2023 à 13:00

Retraites Grèves

Les opposant veulent faire mieux que le 31 janvier, où la police avait recensé 1,27 million de participants et l'intersyndicale plus de 2,5 millions dans les rues de France.

Reuters

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05 juin 2026

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Semaine cruciale pour la réforme des retraites. Pendant que les débats sur le texte controversé doivent se poursuivre lundi au Sénat, les opposants veulent mettre la « mettre la France à l'arrêt » mardi, voire au-delà pour une partie d'entre eux.

Cette semaine sera marquée au fer rouge par la réforme des retraites. D'un côté, ses opposants veulent « mettre la France à l'arrêt » mardi 7 mars, voire au-delà pour une partie d'entre eux. De l'autre, il ne reste que sept jours aux sénateurs pour l'adopter.

Pour mettre la France à l'arrêt, l'intersyndicale compte sur des mouvements de grèves massives et mêmes reconductibles dans tous les secteurs. Les syndicats veulent faire mieux que le 31 janvier, où la police avait recensé 1,27 million de participants et l'intersyndicale plus de 2,5 millions dans les rues de France. La CGT a recensé 265 rassemblements. Un record.

«Début janvier, les gens se mobilisaient de façon résignée. Mais aujourd'hui, vu l'ampleur du mouvement, ils sont de plus en plus nombreux à croire possible un recul du gouvernement,» a analysé le leader de la CGT Philippe Martinez dans le Journal du Dimanche.

De très fortes perturbations sont prévues dans les transports urbains et ferroviaires, l'ensemble des syndicats ayant appelé à la grève reconductible à la RATP et à la SNCF, à partir de mardi. Pour le ministre des Transports, Clément Beaune, « il s'agira d'une des journées les plus difficiles qu'on ait connues. »

Un train sur cinq en moyenne pour les TGV Inoui et Ouigo

A la SNCF, le préavis de grève commence lundi à 19 heures avec un train sur cinq en moyenne pour les TGV Inoui et Ouigo ainsi que pour les TER. Le trafic des trains Intercités sera quasi-inexistant. Du côté du métro parisien, la plupart des lignes verront leur circulation restreinte principalement aux heures de pointe, à l'exception des lignes 1, 4 et 14.

Lire aussiGrèves : un mardi 7 mars de « vraie galère » dans les trains et les métros

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Dans l'énergie, les syndicats ont ouvert le bal des mobilisations dès vendredi avec des baisses de production dans plusieurs centrales nucléaires. Dimanche peu après 16h, les réductions de production atteignaient plus de 5.000 mégawatts sur les centrales nucléaires, hydroélectriques et thermiques, soit l'équivalent de cinq réacteurs nucléaires. Des piquets de grève ont également commencé à être installés.

La CGT promet « une semaine noire dans l'énergie »

Le mouvement « a vocation à s'étendre », « a minima jusqu'au 7 et a maxima jusqu'à la gagne  », a averti samedi Sébastien Ménesplier, secrétaire général de la CGT Énergie. Il a promis « une semaine noire dans l'énergie », avec coupures ciblées, blocages, occupations, et toujours « des opérations Robin des Bois » à destination de la population (comme la coupure des radars routiers). Dans les raffineries, la CGT a également appelé à la grève reconductible, avec pour objectif de « bloquer l'ensemble de l'économie », au niveau de la production, de la distribution et de l'importation de carburant, selon la CGT-Chimie. Autre maillon, les avitailleurs ou « pompistes du ciel », chargés d'approvisionner les avions, sont également appelés à la grève dans les aéroports de la France entière. La CGT, premier syndicat du secteur, table sur un impact « immédiat ». Toute la branche pétrole et chimie est appelée à faire grève, y compris dans le secteur pharmaceutique.

Nouveauté dans l'industrie, l'appel à la grève dans l'ensemble de la métallurgie et notamment chez les géants du secteur : aéronautique, automobile et sidérurgie sont toutes concernées par une grève que le syndicat de branche espère voir reconduite. Les syndicats CGT de Thales, Valeo, Stellantis, ArcelorMittal, Forvia, Airbus, Safran et Renault ont notamment appelé à se mobiliser. Les différentes industries de la métallurgie emploient quelque 1,5 million de salariés.

Dans le secteur de l'agroalimentaire, la CGT appelle les grands sucriers français à se mettre à l'arrêt à partir de mardi.

Les routiers comptent aussi se joindre au mouvement, certains syndicats comme Force Ouvrière-UNCP appelant à se mobiliser dès dimanche soir, avec des blocages de plateformes logistiques, de zones industrielles et des opérations-escargots autour des grandes métropoles dès lundi matin.

Les enseignants seront aussi à nouveau en grève, avec des syndicats qui ont appelé à « fermer totalement les écoles, collèges, lycées. » Des blocages lycéens sont également attendus même si la mobilisation peine à prendre dans la jeunesse. Organisations étudiantes et lycéennes ont donné rendez-vous le 9 pour « durcir le mouvement. »

Au Sénat, les débats progressent à pas comptés

Au Sénat, l'examen du texte doit se poursuivre lundi. Les débats ont progressé à pas comptés pendant tout le week-end avec la la création d'un « index seniors » dans les entreprises, mais uniquement pour celles comptant plus de 300 salariés. L'article 2 est adopté.

L'index sera obligatoire dès novembre 2023 pour les entreprises de plus de 1.000 salariés et pour celles de plus de 300 salariés à partir de juillet 2024. Les employeurs seront passibles de sanctions financières en cas de non-publication de cet index, mais aucune obligation de résultat n'a été fixée en matière d'emploi des seniors. Dans les plus grandes entreprises, « on peut bâtir une véritable politique ambitieuse d'employabilité des seniors », a soutenu le rapporteur de la branche vieillesse, René-Paul Savary (LR). Il a souligné que le seuil de 300 salariés était aussi celui pour l'obligation de négocier sur la gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences. Les plus petites entreprises n'ont pas les services de ressources humaines suffisants, ont aussi justifié des élus LR et centristes.

A l'Assemblée nationale, la droite avait voté contre l'article 2, après l'extension de l'index aux entreprises de plus de 50 salariés à partir de juillet 2025. Cela avait provoqué le rejet de l'article, un sérieux revers pour gouvernement et majorité présidentielle.

Les sénateurs avaient voté précédemment l'extinction pour les futurs embauchés de plusieurs régimes spéciaux, dont ceux de la RATP et des énergéticiens. Les parlementaires se pencheront lundi matin sur la proposition des rapporteurs de créer un CDI nouvelle formule pour inciter à l'embauche de seniors au chômage.

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« Nous ferons tout pour que la réforme puisse être adoptée », a dit dimanche le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, dont le soutien à la réforme est capital pour le gouvernement. L'examen du texte doit se terminer le 12 mars. L'élu a aussi vertement critiqué ceux qui « veulent mettre la France à genoux » en visant les opposants les plus durs de la réforme qui ont annoncé des grèves reconductibles dans l'énergie, les raffineries ou les transports.

(Avec AFP)

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